« Cette expertise va nous fournir des arguments pour démontrer que les choix faits par la direction ne sont pas les bons », assure Jean-Paul Corbel de la CFDT.

 

Depuis l’annonce du plan de retour à la compétitivité élaboré par la direction en juin, les relations sociales se sont tendues pendant l’été. Plusieurs ferries ont vu leur départ retardé en signe de protestation. La saison estivale terminée, les syndicats pourraient durcir le mouvement si un accord n’est pas trouvé.

Déficit de 70 millions d'euros

« Nous sommes d’accord pour faire des efforts, mais cette fois la direction va trop loin », dénoncent la CGT et la CFDT. « Si Brittany Ferries s’obstine dans sa stratégie, nous allons dans le mur et la pérennité de l’entreprise est menacée », commente Jean-Paul Corbel. Il redoute « un nouveau schéma Doux ».

 

Réduction des salaires et augmentation du temps de travail de 25 % ne passent pas auprès du personnel. « Quand bien même nous accepterions cet effort de 6 millions d’euros sur la masse salariale, cette mesure n’assure en rien l’avenir », estime Jean-Paul Corbel.


Pour les syndicats, « l’important, c’est de recapitaliser l’entreprise ». Une proposition qui n’a pas l’oreille des actionnaires. Crédit Agricole et Sica de Saint-Pol-de-Léon n’ont pas vraiment envie de remettre au pot. « Si les actionnaires n’ont pas confiance, pourquoi les salariés devraient-ils se sacrifier ? »

 

En désaccord sur le fond avec la direction, les syndicalistes le sont aussi sur la forme.  

 

« Avant même l’ouverture des négociations, la direction a décidé, sans concertation, la suppression de deux primes avec application dès le 1 octobre. Pas le meilleur moyen de détendre les relations », souligne Jean-Paul Corbel.


Confronté à la chute du trafic transmanche due à la crise économique, l’armement breton doit aussi composer avec une livre anglaise (près de 90 % de ses revenus) faible face à l’euro. S’ajoute la flambée des cours du carburant qui plombe les comptes d’exploitation.

 

Conséquence, un déficit cumulé estimé à 70 millions d’euros que la compagnie a déjà tenté de combler en réduisant, cet été, le nombre de saisonniers. En intégrant aussi le personnel hôtelier au personnel navigant. Contactée hier, la direction de Brittany Ferries n’a pas souhaité s’exprimer.

 


Lire aussi: