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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 10:55

poisson

18 juin 2013 


Alors que la flotte cornouaillaise de la pêche au large diminue d'année en année, un phénomène nouveau vient d'apparaître : en trois mois, plusieurs chalutiers ont été achetés par des Espagnols.

En 2008, la pêche au large en Cornouaille, essentiellement des chalutiers, représentait 112 unités, 107 en 2009, 89 en 2010, 83 en 2011. L'an dernier le nombre est tombé à 77, dont 68 pour le seul quartier du Guilvinec.

Sorties de flotte : 42 navires dont 19 chalutiers

Durant la période 2009-2010, cette baisse s'est surtout expliquée par des plans de sorties de flotte. Sur les 42 navires concernés, 19 étaient des chalutiers. Dix-sept étaient immatriculés au Guilvinec (*). « Les plans de casse s'étaient traduits pas une baisse du tonnage débarqué mais, depuis, il n'y avait pas eu une grosse érosion de la flotte », commente Philippe Le Carre de la CCI. « Maintenant, quand un bateau monte sur l'élévateur, ce n'est pas forcément pour un carénage », ajoute-t-il. « À cause des crises, nous avons été obligés de nous adapter, de mutualiser les équipements et les personnels des criées. Nous avons aussi dû nous mettre aux normes sanitaires et environnementales, nous avons continué à investir. Nous craignons un départ massif de bateaux », reconnaît Jean-François Garrec alors que les hauturiers représentent 70 % des tonnages débarqués. « Nous avons mis 3 M€ dans des machines à glace à Douarnenez et Concarneau, plus aucun privé n'investit là-dedans. En 2012, nous avons mis 5,4 M€ d'investissements, cette année nous prévoyons 6,8 M€ mais nous n'avons aucune visibilité. Il ne faudrait pas qu'il y ait trop d'érosion, nous aurions un manque de produits pour nos 200 acheteurs agréés et des mesures à prendre si le tonnage venait à baisser encore », dit le président de la CCI.

Quatre chalutiers vendus à des Espagnols

Particularité depuis trois mois : la cession de navires à des pêcheurs ou des armements espagnols. Trois chalutiers sont ainsi partis du Guilvinec, un de Saint-Guénolé. « Trois bateaux sont actuellement en vente au Guil », précise la CCI, « les Espagnols sont vraiment positionnés à l'achat, il y a clairement un mouvement de vente de navires qui nous interpelle ». Comment expliquer cet intérêt espagnol pour l'achat de bateaux cornouaillais ?

« Manque structurel de quotas... »

« Ils ont besoin de quotas (lire ci-dessous) pour se mettre en conformité. Ils ont une pression très forte au niveau des contrôles. L'Europe impose une pesée au débarquement pour les bateaux étrangers et il n'y a pas d'accord entre la France et l'Espagne, les deux pays sont en froid », précise Christophe Hamel de la CCI. « Les bateaux, qui disposent d'une antériorité de quotas, sont immatriculés en France avec un patron français et un équipage espagnol », retrace la CCI. Pêcheurs de Bretagne confirme ce mouvement franco-espagnol mais relativise. « Les Espagnols sont structurellement en déficit de quotas par rapport à leur flotte comme sur le merlu, la baudroie, la lotte, la cardine. À force de dénoncer les fraudes, les mailles du filet sont en train de se resserrer. Ils sont amenés à rechercher des solutions pour leurs bateaux existants, ils clarifient leur situation », analyse Thierry Guigue de l'organisation professionnelle. Ce qui explique aussi la vente en Irlande de coques de bateaux (sans les droits de pêche). Pour lui, deux tendances risquent d'accentuer cette orientation, « il y a un effet générationnel, nous avons une grosse classe d'âge de patrons de 50 à 60 ans. Il est difficile de recruter et ce sont des navires qui demandent un équipage de cinq à six personnes et impactés par le prix du gazole ».

« Pas une invasion... »

« Ce n'est pas non plus un envahissement de la France par des Espagnols. Qu'un bateau aille à Noirmoutier ou à Saint-Jean-de-Luz revient au même, la part de quotas apportée par le bateau quitte le territoire. Un de nos adhérents des Côtes d'Armor a aussi acheté un chalutier du Guilvinec pour consolider la flottille qu'il a déjà ». L'organisation professionnelle s'interroge par contre sur le financement et le modèle économique espagnol. « Le problème n'est pas l'évasion des antériorités, c'est qu'il n'y a pas de repreneurs locaux pour continuer l'activité », estime Thierry Guigue. « Pourquoi a-t-il été possible de constituer un armement à Loctudy avec des mareyeurs et pas ailleurs ? ».

(*) Données fournies par la Direction départementale des territoires et de la mer.

  • Jacky Hamard

Quotas : une question d'antériorité

L'antériorité, le terme est apparu en 2004 lorsque l'État a mis en place les quotas de pêche par organisations professionnelles (OP). Elle a été conçue pour pouvoir modifier les clés de répartition des quotas lorsqu'un bateau quitte une OP pour une autre. Elle permet de gérer la mobilité d'un navire au sein d'une flotte. « L'activité de chaque navire a été photographiée durant les années 2001, 2002, 2003 et leurs parts de quotas ont été en quelque sorte figées », explique Thierry Guigue, de Pêcheurs de Bretagne, 800 navires. Il ne s'agit donc pas d'un quota individuel transférable pour lequel la France est contre. Le bateau ne dispose pas des quotas en propriété, il ne peut les louer ni les vendre sans la coque. « Une fois sur deux, on trouve un acheteur au sein de l'OP, c'est la stabilité même si le bateau ne reste pas dans le même port ». L'OP peut d'ailleurs s'opposer à un transfert d'antériorité. « S'il était question de quotas de soles en pêche côtière, on réfléchirait à deux fois et on ferait jouer l'opposition », donne-t-il en exemple. Le transfert d'antériorité relève aussi de la « part subtile de l'intérêt individuel du vendeur et de l'intérêt collectif des adhérents de l'OP », reconnaît-il. Chaque protocole doit aussi être validé par l'administration.

  • J.H

http://quimper.letelegramme.fr/local/finistere-sud/quimper/ville/chalutiers-la-flotte-interesse-les-espagnols-18-06-2013-2140978.php

 

 

 

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