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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 11:26

 

 

 

Le Télégramme  6 octobre 2010

 

 

 

Quatre cents tonnes de coquilles Saint- Jacques ont été pêchées lors de la dernière campagne, en rade de Brest (*). Le stock se maintient en grande partie grâce aux semis effectués par l'écloserie du Tinduff, à Plougastel.


Le travail est titanesque! Chaque année, les employés de l'écloserie du Tinduff relâchent, en rade de Brest, des millions de jeunes coquilles de quelques mois (3 cm). Ces juvéniles sont issus de coquilles adultes sélectionnées en rade de Brest. De leur semence et de leurs oeufs, naissent des larves puis de minuscules coquilles qui partent grandir en mer, en rade de Brest, à Sainte-Anne du Portzic ou dans la baie de Morlaix.

Au jet d'eau!

À 3 cm de diamètre, les coquilles sont disséminées sur les gisements naturels au début de l'automne. Entre 30 et 50% d'entre elles survivront dans leur nouvel environnement. Ces jeunes coquilles ne seront récoltées que deux ou trois ans plus tard, à 10,50 cm de diamètre. Vent de nord faible, ciel bas et encombré. La barge (Iroise-Mer) effectue des traits réguliers à l'entrée de l'anse de Lauberlac'h, à Plougastel. Sur le pont, Florian Breton dispose les coquilles en tas (432.000 ce matin), pendant que Marie-Louise Muzellec les dissémine au jet d'eau. À une époque, ils les jetaient à la main, comme on sème du gazon. Mais ils se sont rendu compte qu'il fallait les manipuler le moins possible.

Échapper aux prédateurs

À cet âge-là (six mois), les coquilles sont encore vulnérables, elles peuvent se blesser en se refermant les unes contre les autres. La densité de dissémination est importante, puisqu'il faut assurer suffisamment de proximité en évitant une trop forte concentration. Six mois, c'est également l'âge auquel la coquille est capable de s'enfouir et de se camoufler dans le sable afin d'échapper à ses prédateurs naturels (étoiles de mer, daurades, crabes, etc.). Les coquilles semées au printemps ont un an. Elles sont un peu plus grandes, bien que la croissance se soit arrêtée durant l'hiver. L'ensemencement est réalisé sur les gisements fréquentés par la cinquantaine (60 cette année) de dragueurs licenciés. Les zones fraîchement ensemencées sont laissées au repos une année. Les plus petites coquilles passeront à travers la drague de l'année d'après. Les autres feront le bonheur des fins gourmets.


(*) Quinze mille tonnes de coquilles sont généralement pêchées en baie de Seine, entre 5.000 et 7.000 en baie de Saint-Brieuc. La France importe par ailleurs, chaque année, 120.000tonnes de pectinidés (coquilles et pétoncles divers).

La campagne au large s'est ouverte lundi sur les gisements de Sein. En rade de Brest, la pêche commencera le lundi 18 octobre.

  • Stéphane Jézéquel

Des coquilles jusqu'à La Rochelle ou Granville

Que de tâtonnements depuis la fin des années 70! Aujourd'hui, l'écloserie du Tinduff maîtrise parfaitement sonsujet.


L'écloserie du Tinduff n'assure pas seulement le repeuplement de la rade de Brest, puisque d'autres gisements récupèrent régulièrement leurs bébés Saint-Jacques jusqu'à Paimpol, Granville, Quiberon ou La Rochelle. Des essais sont actuellement réalisés autour du pétoncle noir qui a connu une sérieuse valorisation de son prix depuis quelques années. L'écloserie du Tinduff est devenue une véritable référence, en Europe, sur le sujet. Au vu des incertitudes autour de l'huître (la mortalité chez les jeunes), bon nombre de professionnels et de sociétés observent les différentes possibilités de diversification qui s'offrent à eux.

Dix millions de coquilles

Cette année, l'écloserie du Tinduff va battre son record de production, avec les 3 millions de coquilles relâchées en rade de Brest, pour un total 10 millions de jeunes coquilles produites dans l'année. À noter qu'en rade de Brest, jusqu'à 70% des coquilles pêchées chaque saison sont issues de l'écloserie du Tinduff, le reste provenant de la reproduction sur le gisement in situ. La preuve que cette opération de repeuplement participe directement à la stabilisation de la ressource en rade de Brest. Mais comment reconnaît-on une coquille issue de l'écloserie? Celles que l'on replonge en rade subissent un stress visible sur leur coquille (un deuxième anneau d'arrêt de croissance hivernal) que les spécialistes identifient sans difficulté.

Meilleure croissance dans les petits fonds

Les semis de coquilles s'effectuent de préférence dans moins de 10 m d'eau, donc relativement près du trait de côte. Marie-Louise Muzellec et les membres de son équipe se sont rendu compte que la croissance des coquilles était plus lente dans des fonds plus importants (moins de lumière, moins de nourriture). Une coquille qui atteint la taille commercialisable en un an dans 6 à 10 m de fond mettra pratiquement une année supplémentaire à plus de 15 m. Mais immerger des coquilles dans des petits fonds n'est pas sans poser quelques difficultés. Les bateaux, qui évoluent parfois à plusieurs dizaines sur les gisements, doivent travailler dans des zones réduites, près de la côte. Les pêcheurs sous-marins évoluent également plus facilement dans ces petites profondeurs qui font également la part belle aux quelques braconniers qui écument, une bonne partie de l'année, les meilleurs gisements de la rade.

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