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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 11:15

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Sciences et avenir a interrogé des scientifiques afin d'évaluer les conséquences environnementales de l'accident survenu en 2011 à Fukushima. Verdict : l’océan aurait le dos large 

Une centrale accidentée en bord de mer, rejetant massivement de l’eau fortement radioactive : c’est un scénario sans précédent qui se déroule à Fukushima. Pourtant, ses répercussions sur l’océan inquiètent peu les scientifiques.

Masse mouvante couvrant 70% de la surface de la terre, l’océan absorbe en effet la radioactivité créée par l'homme (radioactivité anthropique) depuis une soixantaine d’années « sans détriment évident à l’environnement, ce qui est contraire à la perception du public », selon le radioécologiste Terry Hamilton, du laboratoire national Lawrence de Livermore (USA).


Il a essuyé les essais atmosphériques des armes nucléaires, entre 1945 et 1980, probablement la source la plus forte de contamination, et les rejets atmosphériques de Tchernobyl. On observe encore un pic de césium 137 consécutif à cette catastrophe dans les sédiments déposés à l’époque. Il absorbe les rejets liquides des usines de Sellafield (Grande Bretagne) et de la Hague (France) et a aussi englouti des futs radiotoxiques (légalement jusqu’en 1980), des sous marins nucléaires …


Or, sa radioactivité anthropique serait faible à l’échelle globale, cent fois inférieure à sa radioactivité naturelle, en terme de dose. A Fukushima, la catastrophe en cours ne devrait pas bouleverser l’équilibre global de l’environnement marin, mais aura des répercussions sur le littoral proche où toute pêche (lire alimentation) pourrait être longtemps interdite.

La radioactivité se disperse sur de grandes distances

S’il n’existe pas de réseau mondial dédié, de nombreux observatoires (France, Allemagne, Etats-Unis, Japon…) suivent depuis des décennies le devenir en mer des particules radioactives, y compris à des taux très faibles. « Certains radionucléides solubles (tritium- 3H, technétium – 99Tc, antimoine 125 Sb) sont transportés par les courants marins et se dispersent dans les masses océaniques sur des distances très importantes.

D’autres (cobalt – 60Co, ruthénium - 106Ru, plutonium) ont tendance à se fixer sur les particules solides en suspension dans l’eau, et contaminent les sédiments après dépôts sur les fonds océaniques » explique Dominique Boust, chef du Laboratoire de radioécologie de Cherbourg-Octeville (IRSN).

Un risque spécifique à Fukushima

A Fukushima, la pollution a plusieurs origines : les rejets radioactifs liquides en provenance du site accidenté, les retombées atmosphériques sur la surface de la mer et le transport de pollution par lessivage des terrains contaminés. Elle pourrait durer des mois - à des niveaux décroissants au fil du temps-, et s’aggraver si le corium, ce mélange d’acier de la cuve et de combustibles en fusion, venait à traverser le socle de béton des réacteurs 2 et 3.

Mais il est exclu qu’il coule comme de la lave vers la mer. « Il serait vraisemblablement stoppé par la roche terrestre et refroidirait en piégeant de nombreux éléments radioactifs, explique Thierry Charles, de l’IRSN. Toutefois, il pourrait alors être balayé par les eaux de ruissellements qui entraineraient ensuite des radioélements, dont du plutonium, vers l’océan ».

La radioactivité mettra 15 ans pour atteindre l'équateur, 40 pour l'atlantique

Pour le moment, les Japonais n’ont pas vérifié s’il y avait du plutonium-peu soluble, mais radiotoxique- plus difficile à mesurer, extraire, purifier etc dans l’eau de mer. Mais ils ont trouvé de l’iode 131, du ruthénium 106, du césium 134 et surtout 137 (persistant 30 ans dans l’environnement), en forte quantité.

Un membre de l’équipe monégasque de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a rejoint le navire de recherche océanographique Hakuho-maru pour participer aux mesures. Selon les modèles de l’équipe Sirocco (CNRS et Université de Toulouse), une grande partie des radionucléides est entrainée vers le sud et l’est par le courant Kuroshio. A hauteur de Tokyo, ils sont emportés vers le centre du Pacifique.

Pas d'infos sur les effets à long terme sur la biosphère marine

Ils mettraient 15 ans pour atteindre la zone équatoriale et 40 ans pour gagner le sud de l’océan Atlantique. Leur comportement au nord suscite encore des questions. Takuya Kobayashi, de l’Agence japonaise de l’énergie atomique (JAEA), a étudié la région de l’usine de Rokkasyo-Mura, tout au nord du pays, et a travaillé à un modèle couplant océan et atmosphère pour prédire la dispersion des contaminants. Il vérifie « si ce modèle peut-être utile pour suivre la dispersion des contaminants de Fukushima ».

Quid des effets à long terme sur les écosystèmes ? Il est trop tôt pour le dire, selon Dominique Boust. L’effet de faibles doses de radioactivité sur le cycle de vie des organismes marins (croissance, nutrition, reproduction etc) commence en effet à peine à être étudié. De premiers résultats, obtenus à Cherbourg, suggèrent qu’elles pourraient perturber la croissance des larves d’huitres. A suivre.

 

Rachel Mulot, Sciences et Avenir, 6/08/2013

Créé le 06-08-2013 à 18h38 - Mis à jour à 20h52

 

À LIRE AUSSI : Fukushima. Tepco débordé par les eaux radioactives 

 

http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/crise-nucleaire-au-japon/20130806.OBS2432/deversement-d-eau-radioactive-a-fukushima-quelles-consequences.html

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