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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 11:02


Interview de Bernard Dussol sur le Probo Koala par rue89

Le Probo Koala dans un port en Estonie, en septembre 2006 (Ints Kalnins/Reuters).

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Après avoir été interdit au Bangladesh, le Probo Koala, un pétrolier qui avait fait la une des médias il y a cinq ans après la mort de 17 personnes à Abidjan, pourrait désormais mettre le cap sur l'Inde, devenue terre d'accueil pour les épaves toxiques.

Après ses déboires en Côte d'Ivoire en 2005, le Probo Koala a pointé le bout de sa coque dans le golfe du Bengale mercredi, tentant sans succès de finir sa course sur les rivages du Bangladesh afin d'y être démantelé. Le pétrolier a été interdit d'entrer dans les eaux bangladaises après que plusieurs organisations de défense de l'environnement ont alerté les autorités du pays.

Renvoyé vers le large par les autorités locales, ce cargo, dont la structure contient plusieurs produits toxiques, se dirigerait désormais vers les côtes indiennes, plus précisément vers le port d'Alang au Gujarat (ouest), selon Shipbreaking Platform, un conglomérat d'ONG de défense de l'environnement et des droits de l'homme en rapport avec le démantèlement de cargos.

L'ombre d'Abidjan : 17 personnes mortes et 30 000 autres contaminées

« Il est fort probable que le Probo Koala se dirige vers Alang », confirme Ravi Aggarwal, directeur de l'ONG Toxics Link à New Delhi :

« Certains cargos obtiennent l'autorisation d'être démantelés en Inde, d'autres non, c'est difficile à prédire, mais l'industrie est très puissante. »

Pétrolier enregistré au Panama et appartenant à la société suisse Tragifgura, le Probo Koala avait été au cœur d'une sombre affaire en 2006 qui lui avait valu le surnom de « bateau poubelle ». Après avoir tenté de déversé sa cargaison toxique à Amsterdam où l'opération avait été empêchée in extremis, le navire avait cherché terre plus accueillante, s'arrêtant dans plusieurs ports avant de trouver un acheteur à Abidjan en Côte d'Ivoire.

Le déversement de plus de 500 tonnes de déchets toxiques dans le port africain, ensuite stockés dans différents endroits de la ville, avait causé la mort de 17 personnes et en avait contaminé 30 000 autres.

En février 2007, Trafigura avait accepté de payer 198 millions de dollars au gouvernement ivoirien pour « nettoyer » les déchets, en échange de l'arrêt des poursuites judiciaires. Le groupe a toujours nié sa responsabilité mais a été condamné à payer une amende d'1 million d'euros par la justice hollandaise en juillet dernier.

Amiante, peinture à base de plomb… à bord du Probo Koala ?

Aujourd'hui, les écologistes soupçonnent le Probo Koala, rebaptisé Gulf Jash, de contenir de nombreux produits toxiques, comme de l'amiante, de la peinture à base de plomb, du PCB et des résidus chimiques dans sa coque.

Théoriquement, les cargos doivent être nettoyés avant d'être démantelés. Mais les compagnies de transport maritime contournent régulièrement cette obligation coûteuse en profitant de chantiers peu regardants et offrant une main d'œuvre bon marché, souvent situés dans des pays du tiers-monde. Ravi Agarwal, de l'ONG Toxics Links, affirme :

« L'Inde fait partie des principaux pays où ont lieu de telles opérations, avec la Chine, la Turquie, le Pakistan et le Bangladesh. »

Le port d'Alang est un des sites les plus importants au monde pour le démantèlement de navire. En 2005, l'ancien porte-avion de la marine française Le Clémenceau avait fait route vers Alang pour y être démantelé et désamianté, provoquant une levée de bouclier des écologistes. Le démantèlement a finalement eu lieu en Grande-Bretagne.

Alang, port d'accueil des épaves toxiques

En 2007, le Blue Lady, un autre navire contenant des matériaux toxiques, avait été autorisé à échouer sur les plages du Gujarat, malgré une longue campagne menée par des groupes de défense de l'environnement. Deux ans plus tard, le navire américain Platinum II avait dû rebrousser chemin alors qu'il se dirigeait vers Alang, après une intervention du ministre indien de l'Environnement Jairam Ramesh. Depuis, des centaines de navires y ont été démantelés.

Ravi Aggarwal explique :

« Alang est un site naturel idéal pour le démantèlement. Il y a eu des améliorations des conditions de travail depuis quelques années, mais quasiment tout est fait manuellement. »

D'après lui, Alang compte entre 20 000 et 40 000 travailleurs, selon le nombre de chantiers en cours. Outre la création d'emploi, argument souvent mis en avant par l'industrie des transports maritimes, les épaves sont également une source précieuse de métaux recyclés, dont l'Inde est friande.

Mais la donne a changé depuis quelques années. « Alang fournit seulement 1 million de tonnes d'acier sur les 40 millions de tonnes produites chaque année en Inde », assure le directeur de Toxics Link :

« Bizarrement, le Bangladesh dépend plus du démantèlement de navires que l'Inde pour sa production d'acier mais adopte une politique plus stricte. »

Jairam Ramesh a d'ores et déjà demandé un rapport sur le Probo Koala au gouvernement régional du Gujarat.

Rappel : il y a un an sortait un livre consacré à l'affaire du Probo Koala, écrit par Charlotte Nithart est experte à l'association Robin des Bois, et par Bernard Dussol, grand reporter à Thalassa. Rendant compte de cet ouvrage, Planète89 écrivait alors :

« Le drame du Probo Koala illustre parfaitement l'impossible contrôle du transport maritime. Les tenants de ce commerce utilisent toutes les failles des législations nationales pour faire des affaires et maximiser leur profit. »

Comme l'explique Bernard Dussol, cela « préfigure ce qu'est un monde dérégulé », et ses conséquences. (Voir la vidéo)


Photo : le Probo Koala dans un port en Estonie, en septembre 2006 (Ints Kalnins/Reuters).


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