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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 12:28


7 octobre 2010 - Le Télégramme


Sur l'estran, un espace libre comme l'air, se côtoient pêcheurs à pied professionnels et plaisanciers. Gildas Madec est un pro. La pêche est son gagne-pain. Et il voit d'un bon oeil une nouvelle réglementation.


 

Aux premiers coups d'oeil, impossible de débusquer le professionnel de l'amateur. Ce matin, sur l'estran découvert par un beau coefficient de 97, les pêcheurs sont à pied d'oeuvre sur la Petite mer de Gâvres. Ça grattouille sec sur la vasière. À la lisière de l'eau, Gildas Madec traque la coque. C'est son gagne-pain depuis dix ans. Le jeune homme est pêcheur à pied professionnel. Ils sont près de 200 dans le bassin lorientais. «Quand il fait ce temps, c'est le plus beau bureau du monde». Regard clair et barbe naissante, Gildas fait la grimace. Lapêche est au rendez-vous, mais un «foutu mal de dos» lui en fait voir de toutes les couleurs. Cet après-midi, il livrera son corps au kiné. «C'est un travail physique», reconnaît le pêcheur. Quatre à cinq heures par jour sur l'estran. Et par tous les temps. Forcément, ça vous abîme un bonhomme.

«Il faut réglementer»

Gildas a d'abord commencé par la palourde dans le golfe du Morbihan. «Le sésame dans le métier», dit-il. C'était en 2000. Et ses débuts dans la profession. Jusqu'alors, il avait monté son entreprise ostréicole à Baden. Un métier qui lui garantissait un complément de revenus durant les rudes mois d'hiver. «Mais avec la crise des naissains, je vais arrêter. D'autres s'accrochent, pas moi». La pêche à pied sera son unique source de revenu dès 2011. Un choix assumé. Et qu'entend bien défendre le comité local de pêche de Lorient qui vient de mettre sur la table le dossier de la réglementation de l'activité.

 

«C'est un des paradoxes de notre métier. L'activité existe depuis la nuit des temps, mais on commence juste à définir des règles». Ce qui n'est pas un luxe. «C'est une profession rock'n'roll», dit-il, faisant ainsi allusion à ces anciens braconniers dans l'impossibilité, jadis, d'être reconnus comme marins, et aujourd'hui «légalisés» avec l'avènement de la filière. «Et pourtant, le boulot est le même». Le contexte économique, lui, a changé. Comme toute filière professionnelle, il y a désormais des règles. Et l'une d'elles est la préservation de la ressource. C'est ce qui conduit chaque année la profession a fixé des quotas: 150kg-jour en 2010.


Un seuil calculé sur la base d'indications des services d'Ifremer. «Ils ont vu juste. La profession ne mettra jamais un gisement à blanc. Il faut savoir laisser reposer un terrain». D'où la nécessité d'appliquer une politique de surveillance sans laquelle des «abus seront toujours la règle chez les plaisanciers comme chez les professionnels». Il y voit aussi un intérêt sanitaire pour faire respecter des interdictions régulièrement bravées.

Particulièrement sur la Petite mer de Gâvres - un «no man's land juridique», à ses yeux. «Avec moi, un acheteur a un bon de livraison précis. En cas de problème, un client peut porter plainte pendant 5 ans. Cette pratique n'est pas respectée ici». La profession a pris le problème à bras-le-corps. Un garde-juré, financé par une hausse substantielle de leurs cotisations (60à 260 €), aura cette charge dès le premier trimestre 2011. «Sur le bassin d'Auray-Quiberon, sa présence a assaini les pratiques». Des panneaux d'information compléteront le dispositif. «Personne ne pourra plus dire qu'on ne savait pas».

2.500 € de licence en 2010

Gildas espère bien continuer à arpenter l'estran. «J'ai le droit de pêcher dans le Morbihan, en Vendée et sur La Baule». Pour cela, il a déboursé 2.500 € de licence. «J'aimerais bien pêcher ailleurs. Mais je suis sur liste d'attente». Dans la baie de Somme, il faut parfois attendre huit ans. Sa pêche, il la vend à un mareyeur de Carnac. 80% prennent la direction de la Galice, en Espagne. Le reste est destiné au marché régional. Il revendique 50.000 à 60.000 € de chiffre d'affaires. «Il y a de la place pour tout le monde, mais il faut respecter la nature. Ce serait un énorme gâchis de l'oublier».

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