Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 10:06

arton3820

Dix ans après le naufrage du Bugaled Breizh, les juges d'instruction nantais ont conclu l'enquête pour "homicides involontaires" par un non-lieu.

Les magistrats ont estimé qu'ils n'avaient aucun élément pour connaître l'origine de l'accident du 15 janvier 2004, dans lequel cinq marins étaient morts noyés. Me Dominique Tricaud a indiqué qu'il ferait appel mardi ou mercredi de cette décision devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes. « Alors qu'il était acquis il y a encore six ans qu'un sous-marin était impliqué, mais sans que l'on sache duquel il s'agissait, affirmer aujourd'hui que l'accident pourrait être dû à une erreur de pêche est une insulte aux victimes », a dit Dominique Tricaud, avocat du fils d'un des marins noyés. Les familles de victimes sont convaincues que le Bugaled Breizh a été coulé par un sous-marin lors d'un exercice militaire international. 

 

Si les parties civiles n'obtenaient pas gain de cause en appel, la procédure pourrait être relancée en Grande-Bretagne, où toute enquête était gelée du fait de l'instruction française, a souligné Dominique Tricaud. En janvier 2013, le parquet de Nantes avait fait savoir que les traces de titane retrouvées sur les câbles du Bugaled Breizh n'étaient « pas significatives de l'implication d'un sous-marin. En dehors de deux sous-marins russes conçus dans les années soixante, le revêtement extérieur des sous-marins () est exempt de toute forme de titane, lequel n'entre qu'en très faible proportion dans les sous-couches de peinture », avait-il indiqué. Un expert avait également écarté en 2012 l'implication d'un sous-marin britannique, le Turbulent, alors que les familles de victimes réclamaient la mise en examen de son commandant pour « homicide involontaire » sur la foi d'indices « graves et concordants. »

Rappel des faits

Le 15 janvier 2004, le Bugaled-Breizh, chalutier de Loctudy (Finistère) coule dans les eaux internationales au large du cap Lizard, avec cinq hommes à son bord. Le naufrage avait fait cinq victimes. Le lendemain, la préfecture maritime de Brest révèle qu'un exercice militaire international se déroulait dans la zone. Le procureur de Quimper exclut une collision avec un sous-marin et évoque un choc avec un porte-conteneurs philippin, le Seattle Trader. Les analyses de peinture innocenteront le navire. Nantes - 27 Mai 

 

http://www.ouest-france.fr/bugaled-breizh-la-justice-prononce-un-non-lieu-2574790

Repost 0
Published by lautregrenelledelamer.over-blog.com - dans sécurité maritime
commenter cet article
24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 09:55

EoliennesBORLOO-m1.jpg

*

 

Le champ éolien offshore briochin sera déployé sur 77 km², quels que soient la taille et le nombre de machines.


Ailes Marines, consortium choisi par l'État pour construire et exploiter le champ éolien offshore de la baie de Saint-Brieuc, étudie la possibilité de changer le type de fondation qui soutiendra les mâts des éoliennes. La nouvelle a fait l'effet d'une bombe dans le monde de la pêche, qui est aussitôt monté au créneau.


Le consortium Ailes Marines ne s'est pas fait que des amis cette semaine. Mardi, le porteur du projet de champ éolien offshore de Saint-Brieuc a en effet annoncé qu'à la suite des études géotechniques menées sur le sous-sol de la baie, il étudiait la possibilité de changer le type de fondation qui soutiendra les mâts des éoliennes. Jusque-là privilégiée, la solution « jacket » (un treillis métallique fixé au sol par des pieux) est désormais en concurrence avec le « gravitaire », d'énormes blocs de béton flottants, semi-flottants ou posés au fond de l'eau. Cette nouvelle a tôt fait de mettre le monde de la pêche vent debout.

« On se sent trahis »

« Que les choses soient bien claires : nous ne voulons pas de gravitaire ; c'est hors de question », a martelé Alain Coudray, président du comité départemental des pêches des Côtes-d'Armor, hier après-midi. À ses côtés, Pascal Lecler, son homologue brétillien, était tout aussi ferme. « On se sent trahis. On a travaillé pour rien pendant cinq ans. Depuis le début, on dit que c'est le jacket ou rien. Et on nous annonce, à un mois de la date butoir, que l'accord de départ ne tient plus. Ce n'est pas sérieux ».


Pour les deux hommes, remontés comme des pendules, la solution gravitaire serait catastrophique en termes d'écologie. « La surface à préparer serait de 330.000 m² pour les 100 éoliennes prévues, soit la superficie de 66 terrains de foot ! Ce serait la mort de notre métier. Avec le jacket, l'impact sur la faune et la destruction des habitats serait 25 fois moins important. C'est pourquoi nous avons toujours milité pour cette solution et soutenu le projet Ailes Marines ».

Risque de recours

Alain Coudray, qui menace déjà de cesser toute collaboration avec Ailes Marines, précise par ailleurs, à toutes fins utiles, que la modification de son projet exposerait le consortium à des recours judiciaires. « Pourquoi ? Parce que si le jacket est abandonné, il ne répondra tout simplement plus au cahier des charges du dossier qui lui a permis de remporter l'appel d'offres ». Bien décidés à faire valoir leur point de vue, les représentants du monde de la pêche exigent une réunion de crise rapide avec le président d'Ailes Marines, Jonathan Cole. Et ont également demandé à être reçus par les préfets des départements bretons, le préfet de Région, ainsi que Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, qui décidera in fine.

Vers moins de machines ?

De son côté, Emmanuel Rollin, directeur d'Ailes Marines, se veut rassurant. Même si, il en convient, il y a un point de désaccord important avec les pêcheurs en ce moment. « Le succès d'un tel projet repose sur un équilibre entre les solutions techniques, le planning et la rentabilité. Or, la nature des sols ne nous permet pas de respecter le planning prévu avec des fondations jacket. Nous étudions donc toutes les possibilités pour régler le problème et retrouver cet équilibre. Dont la solution gravitaire. Ceci dit, le choix n'est pas encore arrêté. Et nous voulons continuer à travailler sereinement avec le monde de la pêche ».


Jacket ? Gravitaire ? Le verdict tombera début juillet. « Si la seconde solution était choisie, cela nécessiterait bien sûr l'aval du ministère de l'Écologie car ce serait une déviation par rapport au projet initial, éclaire Emmanuel Rollin. Ce sera la même chose si nous décidons, comme nous y songeons, d'implanter des éoliennes de 8 MW au lieu de machines de 5 MW. » Ce qui aurait le mérite de faire baisser le nombre d'éoliennes de 100 à 62 pour atteindre la puissance totale recherchée de 500 MW. La solution jacket reprendrait alors la corde. De quoi calmer, peut-être, alors, les esprits. 24 mai 2014 à 08h10 / Gwendal Hameury

 

http://www.letelegramme.fr/cotesarmor/eolien-en-mer-la-tension-monte-chez-les-pecheurs-24-05-2014-10180329.php

Repost 0
Published by lautregrenelledelamer.over-blog.com - dans énergies
commenter cet article
21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 10:21

 

  1282242 9572217-clappage-r145g  

Vendredi, au tribunal administratif de Rennes, le rapporteur public a invité les juges à annuler l’arrêté préfectoral autorisant le dragage à Loctudy et Lesconil.

Le tribunal administratif de Rennes a examiné, hier, deux recours déposés en juillet 2011 contre l'arrêté préfectoral du 16 juin 2011 autorisant les opérations de dragage aux ports de Loctudy et de Lesconil. Le rapporteur public a conclu à une insuffisance des évaluations d'incidence environnementale concernant une zone classée Natura 2000. Il invite les juges à annuler l'arrêté du préfet de juin 2011.

Réponse le 13 juin

Toute opération de rejet en mer des vases issues du dragage pourrait être interdite si le tribunal suit l'avis du rapporteur public le 13 juin prochain, date du délibéré. À noter que les opérations de dragage devraient être terminées d'ici la fin du mois au port de Lesconil. Loctudy - 17 Mai

 

http://www.ouest-france.fr/clapage-des-ports-vers-une-interdiction-loctudy-et-lesconil-2546876?obref=obinsource

Repost 0
Published by lautregrenelledelamer.over-blog.com - dans marées noires - pollutions
commenter cet article
16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 11:47

1209141773

 

Plants arrachés par les tempêtes de l'hiver. Fonds transformés. Du jamais vu selon les goémoniers. La saison de récolte débute très mal en Finistère.

« La situation est très très grave », lâche Yvon Troadec. Le président de la commission algues au comité départemental des pêches estime que c'est du « jamais vu ».

 

La succession des tempêtes cet hiver a ratiboisé le champ d'algues breton.

 

La récolte est ouverte depuis le 28 avril. Et les quelques bateaux qui se sont lancés peinent à faire le plein en une journée. « Les tempêtes ont arraché les algues sur le fond », explique Solenn Le Guennec, secrétaire départementale du comité des pêches. « Les fonds sont totalement remodelés ». Des dunes de sable ont recouvert les plateaux rocheux où poussaient les algues. Des blocs de roche de plusieurs tonnes ont été déplacés.


Lundi 19 mai, d'autres bateaux doivent se lancer dans cette récolte saisonnière.

 

35 bateaux ont une licence, pour la plupart en Finistère et dans l'archipel de Molène. Ils pêchent en moyenne 20 000 t de Laminaria hyperborea et 50 000 t de Laminaria digitata par an. Les pêcheurs doivent se réunir pour décider s'il est plus prudent de réduire l'effort de pêche ou non. Brest - 15 Mai

 

http://www.ouest-france.fr/tempetes-un-impact-grave-pour-les-goemoniers-2544180

Repost 0
Published by lautregrenelledelamer.over-blog.com - dans ressource
commenter cet article
12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 12:27

3Vadot

 

Ils sont neuf et partent pour trois semaines à l’assaut d’une décharge flottant en plein cœur de l’Atlantique nord.

 

Le 5 mai, les membres de l’expédition Septième Continent ont quitté la Martinique et le port du Marin à Fort-de-France pour prendre la direction de la mer des Sargasses. Navigateurs et scientifiques devraient faire route une semaine avant de rejoindre leur destination : le vortex de déchets flottants qui occupe cette zone, également appelé septième continent, gyre ou continent de plastique.


Comprendre le fonctionnement de ce phénomène et en mesurer l’impact sur les eaux environnantes sont les objectifs que se sont fixés les membres de l’expédition. Grâce à des bouées-détecteurs capables de différencier le plastique du plancton, des satellites ou simplement une collecte manuelle, ils devraient relever de précieuses données. Taux de concentration des matières plastiques et leurs formes, analyse des polluants présents dans l’eau, mouvements des courants… et surtout la taille de la gyre. Autant d’éléments pour le moment méconnus des scientifiques dans cette zone du globe.

« Cette catastrophe écologique fait froid dans le dos »

A l’initiative de ce projet, le navigateur Patrick Deixonne, membre de la société des explorateurs français. Différentes courses et traversées l’avaient directement confronté à l’impact de l’activité humaine sur les océans. Depuis, il travaille à leur préservation tout en cherchant à alerter le grand public. « Cette catastrophe écologique qui passe inaperçue, fait froid dans le dos quand on se retrouve nez à nez avec elle. » Son programme a trouvé l’appuie de différents organismes et laboratoires, notamment celui de l’IMRCP de Toulouse, une unité mixte CNRS/Université Paul Sabatier spécialisée dans la réactivité chimique et l’interaction des molécules. Un de leurs chercheurs participe à l’expédition et sera en charge des analyses de l’eau et des poissons récoltés.


Le CNES, l’agence spatiale française, collabore également au programme en fournissant des bouées qui permettront de déterminer les zones de concentration du plastique à l’aide de satellites et des relevées de salinité, températures, luminosité, présence de phytoplancton. Il avait déjà participé à la précédente expédition de Patrick Deixonne vers le vortex du Pacifique nord en mai 2013. A terme, l’explorateur souhaite se rendre dans cinq secteurs où se concentrent des ordures dans différents océans du globe pour y mener des études similaires.

Pour 1 kg de plancton, 5 kg de plastique

Découverte à la fin des années 90, le phénomène des vortex de déchets a d’abord été remarqué dans le nord du Pacifique. Sous l’effet des courants marins qui agissent comme le siphon d’un évier, des détritus, à 80% d’origine continentale, se regroupent dans certaines zones géographiques des océans. Ils flottent sous forme de gros ou minuscules morceaux, juste sous la surface de l’eau. Indétectables sur les images satellites, cette « soupe plastique » n’est visible que du pont des bateaux.


Les scientifiques ont, ainsi, eu la mauvaise surprise de découvrir ce « petit frère » de l’Atlantique nord il y a quatre ans seulement, situé dans la mer des Sargasses. La mer y est particulièrement calme, les courants propices à l’inertie des objets. Pour le moment, son impact sur son environnement est encore méconnu des scientifiques, mais les connaissances sur l’empreinte écologique du septième continent du Pacifique n’est en rien encourageante. Sur un secteur grand comme six fois la France, les fragments de plastique descendent jusqu’à trente mètres de profondeur et sont parfois plus petits que le plancton. D’ailleurs, pour 1 kg de plancton, on y compte 5 kg de plastique.

 

Par Morgane Thimel 12 mai 2014

 


Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

Repost 0
Published by lautregrenelledelamer.over-blog.com - dans marées noires - pollutions
commenter cet article
3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 09:49

1209141773

 

Le projet de la société : produire l’algue Saccharina latissima. Le hic : associations écologiques et de plaisanciers sont vent debout.

La société Algolesko porte un projet d’algoculture sur cinq concessions, totalisant 300 ha à Moëlan-sur-Mer, dont une partie couplée avec un élevage ostréicole et mytilicole (société Bameyjot). Un projet proche des bases de Jo Thaëron, ostréiculteur implanté sur les rives du Belon.


La commission culture marine de la Direction départementale des territoires (DDTM) du Finistère a validé leur demande à l’été 2013. L’enquête publique s’est achevée fin janvier. C’est là que les choses se sont gâtées.


Des élus de l’opposition municipale moëlanaise et des associations locales sont montés au créneau, dénonçant l’absence de concertation sur le projet. Les plaisanciers ont fustigé les contraintes que présente, pour eux, une zone de 300 ha interdite à la pêche et à la navigation. Les associations environnementales sont vent debout contre ce projet qui présenterait un « risque écologique et des contraintes liées au débarquement des algues ».

Attaques virulentes

Le 22 avril, une réunion présidée par le délégué à la mer de la DDTM a été le lieu d’attaques virulentes, venues de responsables associatifs, et l’occasion, pour le maire, Marcel Le Pennec, de dire son opposition au projet. Un courrier vient de lui être adressé par Algolesko, l’informant que d’« autres implantations » pourraient être étudiées, à l’invitation de « plusieurs acteurs du territoire breton ».

D’après nos informations, l’avis de la commission cultures marines devrait intervenir vers la mi-juin. À Moëlan-sur-Mer, le conseil municipal devrait se positionner définitivement, lors de sa prochaine séance, le 21 mai.

Moëlan-sur-Mer - 09h02

 

http://www.ouest-france.fr/production-dalgues-algolesko-veut-cultiver-devant-moelan-2518512

 

Commentaire: La mer est un bien commun, ce n'est pas à "l'initiative privée" de décider de sa gestion!

Repost 0
Published by lautregrenelledelamer.over-blog.com - dans aquaculture
commenter cet article
2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 12:53

oiseau mazoute

Quatre ans après la catastrophe Deepwater Horizon, le golfe du Mexique semble avoir retrouvé son état d’origine.
Une bonne nouvelle, mais pas pour tout le monde.

 

"Nous avons détruit le golfe du Mexique.”

 

Même quand la plateforme pétrolière Deepwater Horizon a explosé, le 20 avril 2010, provoquant une marée noire, ce commentaire du banquier Matthew Simmons [décédé en 2010], expert des questions énergétiques, semblait exagéré.

Quatre ans plus tard, avec le boom touristique que connaît la région et des prises de pêche sportive plus nombreuses qu’avant l’accident, cette vision apocalyptique semble encore plus éloignée de la réalité. Bien que des boulettes de goudron continuent régulièrement à souiller les plages du golfe – plus d’un millier d’entre elles ont été polluées au cours des six derniers mois –, la majeure partie du pétrole qui s’est écoulé du puits Macondo [le puits de pétrole responsable de la marée noire, scellé en septembre 2010] pendant près de trois mois a disparu. Pourtant, les effets de la marée continuent à alimenter un vif débat.

Le gouvernement américain mène aujourd’hui l’enquête la plus importante jamais réalisée aux Etats-Unis sur une catastrophe écologique, une enquête qui englobe un large éventail de questions, de la modélisation des flux de pétrole sous-marins au diagnostic des problèmes de santé des dauphins. La majeure partie des études est financée par BP, qui exploitait la plateforme et qui a versé 1 milliard de dollars pour ces recherches. Le programme de recherche, connu sous le nom de Natural Resource Damage Assessment [NRDA, Evaluation des dommages subis par les ressources naturelles], devrait se poursuivre jusqu’à l’an prochain, et peut-être au-delà.

Les résultats n’ont pas qu’un intérêt théorique : des milliards de dollars sont en jeu. Le procès intenté au géant britannique du pétrole par l’Etat américain aux termes du Clean Water Act [loi sur la protection de l’eau] devrait entrer dans sa phase finale le 20 janvier 2015. Le juge Carl Barbier entendra les parties sur le montant de l’amende à infliger à BP, laquelle pourrait s’élever à 18 milliards de dollars. L’un des facteurs que la compagnie pétrolière souhaite voir prendre en compte par les juges est l’amélioration de l’état du golfe du Mexique.

Un autre procès doit déterminer l’amende qu’elle va devoir payer pour réparer les dégâts mis en lumière par le NRDA, une somme qui pourrait elle aussi se chiffrer en milliards. Pour les actionnaires de BP, qui se demandent ce qu’ils peuvent attendre de ces recherches, les résultats disponibles semblent bien maigres. Des études ont été publiées – notamment deux rapports de l’université Stanford et de la National Oceanic and Atmospheric Administration [NOAA, Administration nationale des océans et de l’atmosphère] qui montrent comment le pétrole peut endommager le cœur du thon –, mais elles ne donnent qu’une vision fragmentaire des effets de la marée noire. Personne n’a encore dressé un tableau complet de la situation. En avril, la National Wildlife Federation [NWF, Fédération nationale de la faune et de la flore sauvages] a compilé une partie des études publiées, notamment sur les maladies causées chez les dauphins, pour démontrer que “la catastrophe continue à avoir un impact”.

Ryan Fikes, un scientifique de la NWF, admet que les informations disponibles sont encore peu nombreuses, et cela pour deux raisons.

 

La première est qu’il faut du temps aux scientifiques pour accomplir leur travail et aux effets de la marée noire pour se manifester. “On ne connaît pas encore tous les effets que va avoir la marée noire, dit-il. Et il nous faudra pas mal de temps avant de pouvoir les constater.” Certaines questions risquent de n’être jamais résolues : les conséquences de la marée noire de l’Exxon Valdez, en Alaska, en 1989, offrent toujours matière à débat.

La deuxième raison est que le gouvernement américain, qui contrôle la procédure du NRDA, garde sous scellés la plupart des résultats. Au plus fort de la marée noire, le golfe était souvent décrit comme une “scène de crime” et les Etats-Unis continuent à recueillir des preuves des dommages pour les utiliser contre BP au tribunal. Les autorités souhaitent donc préserver la confidentialité de ces informations le plus longtemps possible. Les études qui n’ont pas encore été publiées tendent à étayer la théorie gouvernementale selon laquelle la marée noire a causé de graves dommages. Les deux rapports de l’université Stanford ont été coécrits par des scientifiques qui travaillent pour le gouvernement, financés en partie par ce dernier et publiés avec son accord.

Selon Randy Kochevar, lui-même chercheur à Stanford, l’université possède d’autres études sur les effets de la marée noire. Mais elle ne peut en parler en raison d’accords de confidentialité avec le gouvernement. Si l’on en croit Melanie Driscoll, de la National Audubon Society, une organisation œuvrant à la protection des oiseaux, le gouvernement a tendance à ne soutenir que les recherches faisant apparaître des dommages. “Lorsqu’une étude semble démontrer que BP n’a pas causé beaucoup de dégâts, il leur arrive d’y mettre fin”, explique-t-elle. Selon elle, c’est une erreur, car les chercheurs peuvent laisser passer des problèmes qui ne sont pas immédiatement perceptibles.

Cette politique peut également priver BP d’éléments d’information qu’il pourrait utiliser à sa décharge. Certaines preuves de dommages, y compris parmi celles qui semblent les plus solides, sont litigieuses. Ainsi, depuis 2010, on a relevé une nette augmentation du nombre de dauphins trouvés morts dans le golfe, et des scientifiques de la NOAA ont conclu que leur mort ne semblait pas avoir été causée par le virus qui avait provoqué une augmentation similaire sur la côte Ouest.

Une étude effectuée en 2011 dans la baie de Barataria, au sud de La Nouvelle-Orléans, a montré que beaucoup de dauphins étaient malades, amaigris et atteints de lésions pulmonaires. Mais comme ce phénomène a commencé à se manifester en février 2010, avant la marée noire, on peut penser que d’autres facteurs sont en cause. C’est ce qui a conduit BP à contester les conclusions de la NOAA. Il semble également admis que d’autres problèmes du golfe ne sont pas liés à la marée noire causée par BP. Ainsi, l’effondrement des réserves d’huîtres de la Louisiane constaté après la marée noire semble être principalement dû à la décision du gouverneur de l’Etat d’ouvrir des écluses d’eau douce pour tenter d’endiguer le pétrole… Car les huîtres ont besoin d’eau salée pour rester en vie.

Résilience. D’autres indicateurs de la santé du golfe sont ambigus. Ainsi, les prises de la pêche commerciale sont en baisse depuis 2009, mais celles de la pêche sportive de certaines espèces, comme le rouget, ont fortement augmenté. Les tests effectués par des agences gouvernementales depuis novembre 2010 montrent par ailleurs que les fruits de mer pêchés dans le golfe sont propres à la consommation depuis cette date. Le constat de BP est que, “pour beaucoup d’espèces et d’habitats, l’impact environnemental de la marée noire a été moins grave que ce l’on craignait au départ” et que, “grâce à des initiatives et à des efforts de nettoyage sans précédent, on relève des signes clairs d’un retour à la situation initiale [d’avant la marée noire]”.


Martin Preston, spécialiste des marées noires à l’université de Liverpool, convient que l’impact environnemental a été très exagéré. Selon lui, la marée noire causée par BP est loin d’être “la pire catastrophe écologique de l’histoire des Etats-Unis”, ainsi que le président Barack Obama l’avait présentée. Elle s’est finalement révélée moins grave que celle de l’Exxon Valdez. Certes, la quantité de pétrole qui s’est écoulée a été beaucoup plus importante – au moins dix fois plus –, mais les conditions environnementales du golfe du Mexique se prêtent mieux à la réhabilitation. La température de l’eau est plus chaude et une partie du pétrole qui, selon une estimation, s’écoule naturellement au fond de l’eau au rythme de 1 million de barils par an est consommée par des bactéries.

“Ça fait une énorme différence, commente M. Preston. L’évaporation et la dégradation bactérienne du pétrole sont beaucoup plus importantes.” Après l’accident de l’Exxon Valdez, quelque 30 000 carcasses d’oiseaux avaient été découvertes, alors que, dans le golfe du Mexique, on n’a retrouvé que 2 300 cadavres couverts de goudron, même si le nombre de morts est peut-être plus important. On ne pourra évaluer correctement les effets de la marée noire avant d’avoir mené à terme les études en cours et publié leurs résultats.

Selon Mme Driscoll, les écosystèmes sont des systèmes complexes qui compliquent les prévisions. Il est possible cependant que la catastrophe de 2010 s’avère bénéfique pour le golfe. En vertu du Restore Act, une loi de 2012 sur la réhabilitation, 80 % des amendes payées par BP aux termes du Clean Water Act, c’est-à-dire plusieurs milliards de dollars, doivent être consacrés à la réhabilitation du golfe. Selon Sara Gonzalez-Rothi, de la NWF, la loi stipule que la côte, rongée par l’érosion depuis des décennies, doit être “laissée dans un état aussi sain, si ce n’est plus, qu’auparavant”. Au lieu de détruire le golfe, il se peut que BP contribue finalement à lui redonner vie.

Ed Crooks Publié le 21 avril 2014 dans Financial Times Londres

 

http://www.courrierinternational.com/article/2014/04/30/le-reflux-de-la-maree-noire?page=all

 

Carte de marrées noires dans le Golfe du Mexique

Repost 0
Published by lautregrenelledelamer.over-blog.com - dans marées noires - pollutions
commenter cet article
1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 09:11

algues

 

Le gaz dégagé par les algues vertes a-t-il causé la mort de Thierry Morfoisse ? Des juges d'instruction du pôle santé ont décidé de poursuivre l’enquête.


Vendredi dernier après-midi, les parents de Thierry Morfoisse et Maître Larzul ont été reçus par les juges d'instruction du pôle santé du tribunal de grande instance de Paris.


Approfondir les investigations

La famille a échangé sur le rapport du Dr Lesné qui affirme la responsabilité, dans la mort de Thierry Morfoisse, de l'hydrogène sulfuré dégagé par les algues vertes en putréfaction.

Ayant estimé ce rapport « intéressant », les juges du pôle santé ont décidé d'approfondir les investigations et de s'entourer d'experts parisiens pour conduire de nouvelles auditions.


LIRE AUSSI : Décès de Thierry Morfoisse, le rapport qui accuse


Vous pouvez apporter votre soutien

  • en achetant le livre "Les marées vertes tuent aussi ! Le scandale sanitaire" Le livre qui sert au financement du collectif de soutien de la famille de Thierry Morfoisse est en vente en ligne http://www.cyberacteurs.org/boutique/mv.php
Repost 0
Published by lautregrenelledelamer.over-blog.com - dans algues vertes
commenter cet article
27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 09:03

110214201606330 18 000 apx 470

L'instruction de l'affaire Thierry Morfoisse redémarre.

 

Les parents du chauffeur décédé en juillet 2009 à Binic, après avoir déversé des bennes d'algues vertes en putréfaction, ont été reçus, hier, à Paris par la juge chargée du dossier. De nouvelles investigations vont être menées dans les semaines à venir.


Claude et Jeanne Morfoisse sont soulagés. La crainte d'un non-lieu qui semblait devenir inexorable s'est éloignée. L'espoir de voir aboutir leur plainte contre X pour homicide involontaire, déposée en avril 2010, subsiste. Hier après-midi, pendant une heure et quart, les parents de Thierry, ce chauffeur de 48 ans mort d'un infarctus, au pied de son camion, le 22 juillet 2009, à Binic, ont été auditionnés par Aurélie Reymond. La cinquième juge d'instruction chargée du dossier depuis le début de l'affaire.

« Des lumières nouvelles se sont allumées »

Au cours de cet entretien, la magistrate du pôle santé publique de Paris leur a annoncé que de nouvelles investigations allaient être menées dans les semaines à venir. Une excellente nouvelle pour la famille. « Des lumières nouvelles se sont allumées aujourd'hui. Nous pouvons dire merci au Dr Lesné, dont le travail semble avoir donné des éléments nouveaux à l'instruction », se félicite l'écologiste André Ollivro, membre du comité de soutien des Morfoisse. « Nous avons effectivement communiqué à la juge le rapport du Dr Lesné qui va être étudié de près », ajoute Claude Larzul, l'avocat des parents de Thierry Morfoisse. Il y a quinze jours (Le Télégramme du 11 avril), l'ancien chercheur du CNRS a, en effet, rendu publiques ses recherches. Un travail dont la conclusion est claire : l'hydrogène sulfuré (gaz hautement toxique produit par les algues vertes en putréfaction) est de façon quasi certaine à l'origine de la mort de Thierry Morfoisse. « L'infarctus du myocarde est une complication classique des intoxications à l'H2S. Tout le monde sait ça », affirmait, le 10 avril dernier, le chercheur rennais.

« L'enquête avance lentement mais dans le bon sens »

Son dossier, déposé hier sur le bureau de la juge, contredit un autre rapport de trois experts, commandé par le précédent juge d'instruction en charge du dossier. Selon eux, « la preuve toxicologique d'une intoxication par l'H2S » ne pouvait être apportée. « De nouveaux experts, vraisemblablement parisiens, vont se pencher sur le dossier. Nous avons l'impression que la nouvelle juge souhaite que l'affaire débouche rapidement. Et pas forcément dans le mauvais sens pour nous », espère André Ollivro. Un sentiment partagé par Claude et Jeanne Morfoisse. « Nous ne sommes pas ressortis démoralisés », souffle la mère de Thierry. « On peut estimer que l'enquête avance lentement mais elle avance dans le bon sens. Celui de la caractérisation du lien entre le décès et l'empoisonnement par l'hydrogène sulfuré », estime, pour sa part, Me Larzul.

 

26 avril 2014 à 06h31  Julien Vaillant

 

http://www.letelegramme.fr/bretagne/algues-l-affaire-morfoisse-relancee-26-04-2014-10141243.php

 

Lire aussi:


http://bretagne.france3.fr/2014/04/25/algues-vertes-les-parents-de-thierry-morfoisse-recus-par-les-juges-466229.html

Repost 0
Published by lautregrenelledelamer.over-blog.com - dans algues vertes
commenter cet article
22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 11:12

peuple

 

mardi 22 avril à 20h50 (74 min)

  Rediffusion samedi 26.04 à 12h05

De Bombay à la Bretagne en passant par Dubaï, Tanger ou les Maldives, cette passionnante enquête en forme de thriller dévoile une urgence planétaire : la menace qui pèse sur le sable, ressource vitale dont le pillage s'accélère.

 

 

On le trouve dans le béton, qui alimente, au rythme de deux tonnes par an et par être humain, un boom immobilier ininterrompu. Mais aussi dans les puces électroniques, le papier, le plastique, les peintures, les détergents, les cosmétiques… Ce sable que nous aimons fouler du pied ou laisser filer entre nos doigts s’est glissé à notre insu dans tous les interstices de notre quotidien. L’industrie le consomme en quantités croissantes, plus encore que le pétrole. Peut-être parce que, contrairement à l’or noir, cette matière première perçue comme inépuisable est restée à ce jour pratiquement gratuite. Alors que le sable des déserts est impropre à la construction, les groupes du bâtiment ont longtemps exploité les rivières et les carrières. Puis ils se sont tournés vers la mer, provoquant ce qui est en train de devenir une véritable bombe écologique.


Car le sable joue un rôle essentiel dans la protection des côtes et l’équilibre des écosystèmes marins. Les consé- quences de cette surexploitation apparaissent peu à peu au grand jour. Petit à petit, les appétits économiques ont grignoté au moins 75 % des plages du monde, et englouti des îles entières, en Indonésie et aux Maldives, tandis que Singapour ou Dubaï ne cessaient d’étendre leur territoire en important, parfois frauduleusement, du sable. Disparition des poissons, impact aggravé de l’érosion et des tempêtes, bords de mer devenus lunaires … : face aux timides régulations adoptées pour tenter de limiter le pillage, la « ruée vers le sable » s’est en réalité accélérée, sous l’égide de grandes entreprises multinationales et de mafias locales.


Marchands de sable Par le biais d’une investigation méticuleuse, Denis Delestrac parvient à montrer une réalité connue jusqu’ici des seuls spécialistes scientifiques et défenseurs de l’environnement, mais aussi des profes- sionnels des travaux publics – dont les explications accompagnent de saisissantes séquences tournées dans le monde entier. Ici, ce sont les "petites mains" des trafiquants de sable, qui prélèvent leur butin, au vu et au su de tous, sur les plages de Tanger ou en plongeant dans l’eau transparente des Maldives, tandis que des marchands de sable réunis en congrès spéculent sur les juteux profits qu’ils vont engranger, grâce à une ressource qui appartient à tous.

 

Là, c’est l’État de Floride, qui, à grand renfort de dragueuses offshore et de bulldozers, renfloue ses plages en voie de disparition, contribuant ainsi à déséquilibrer davantage l’écosystème maritime qui a fait sa renommée touristique.

 

De leur côté, les élus et la population des Côtes d’Armor, en Bretagne, se mobilisent contre un nouveau projet de dragage. Une exception. S’il n’est pas trop tard pour agir, plaident les chercheurs et les militants écologistes, l’opinion publique, dont le soutien est indispensable pour infléchir la tendance, reste largement inconsciente du phénomène.

 

http://www.arte.tv/guide/fr/046598-000/le-sable

Repost 0
Published by lautregrenelledelamer.over-blog.com - dans littoral parcs îles
commenter cet article

 

 

Blog

du NPA 29

Lien

consacré

aux questions maritimes

et sur Facebook

 

 

Brest

02 98 49 27 76

 

  Quimper

06 59 71 42 21


Retour page
poisson_crise.JPG

d'accueil

*

  douarn-copie-1.jpg

 

Lien

 

 

 

AntiK212 la Une.preview

 

 

941226_532359860143182_121203937_n.jpg

affiche_cochonne-w.jpg

*

 

mer-copie-1.jpg

 

Prestige: crime impuni

Recherche

3303355033293chxsoutien02c138a.jpg

 

ports.jpg

crozon_02-53c59-99adf.jpg 

 

u3359340149922

426585830_ML.jpg

 

breve-generale-copie-1.jpg

 

 

AL-FARABI-INDEX-copie-1.jpg

 

arton3820.jpg