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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 12:42

frankenfish

Avis de gros temps dans les fjords norvégiens.

La diffusion, début novembre, sur France 2, d'un reportage de l'émission « Envoyé spécial », mettant crûment en cause le saumon norvégien, a causé quelques remous du côté du cercle polaire. Même si l'attaque n'est pas nouvelle, le moment choisi, à quelques encablures de Noël, suscite le malaise chez les acteurs de ce marché.

Qualifié de « monde secret, opaque », le secteur de l'aquaculture n'était guère à son avantage dans le reportage de la chaîne publique. De même le saumon, considéré « comme la nourriture la plus toxique au monde ». Le journaliste avait, il est vrai, choisi comme guide, pour naviguer sur les eaux froides des fjords, un militant écologiste, Kurt Oddekalv, de l'association Green Warriors of Norway, en lutte contre l'aquaculture intensive. Des images prises à distance depuis son bateau montrent des employés pulvérisant à grands jets des pesticides sur les bassins regorgeant de poissons. Puis des vues sous-marines dévoilent les fonds des fjords détruits par l'accumulation des excréments de poisson et les produits de traitement. Enfin, des chercheurs expliquent le cocktail de PCB, de dioxines ou autres substances toxiques, que le saumon, poisson gras, stocke. Et ce d'autant plus s'il est nourri avec des farines de petits poissons pêchés dans la Baltique, polluée.

 


SÉRIEUX DOUTES SUR LE POISSON D'ÉLEVAGE NORVÉGIEN


Ce voyage glaçant au pays du saumon n'a pas manqué de rallumer les craintes alimentaires des consommateurs français. Et de faire planer de sérieux doutes sur le poisson d'élevage norvégien. Ramon Mac Crohon, directeur général de Caviar Kaspia, célèbre maison de produits gourmets de la mer de la place de la Madeleine à Paris, le reconnaît aisément : « Depuis, nos clients nous posent de nombreuses questions sur le saumon norvégien. »

Pour répondre aux interrogations des clients, les vendeurs se sont vu remettre une feuille d'argumentaire élaborée par Norge, le centre des produits de la mer de Norvège. Cet organisme de promotion et de lobby financé par les industriels de l'aquaculture et de la pêche a, en effet, immédiatement mis en place des contre-feux. Campagnes de publicité pour vanter le savoir-faire des professionnels norvégiens. Communiqué publié sur son site Internet pour apporter des réponses aux différentes mises en cause. Mais aussi organisation d'un voyage de presse « transparence », auquel a justement participé une équipe de France 2, pour donner un autre son de cloche. Son reportage a été diffusé lors du journal de 20 heures, lundi 16 décembre.


Il est vrai que les enjeux sont d'importance pour la Norvège. L'aquaculture et la pêche représentent la deuxième source de revenus du pays après le pétrole. Elles pesaient, en 2012, 6,6 milliards d'euros. L'exportation de saumon représente, à elle seule, 3,8 milliards d'euros. En l'espace d'une trentaine d'années, la Norvège a participé à l'explosion de ce marché très lucratif. Quasi inexistant au début des années 1980, il a dépassé la barre de 2 million de tonnes de saumons produits dans des fermes aquacoles de par le monde. La Norvège en détient toujours près de 60 %.


Ce développement accéléré a donné naissance à des acteurs de taille industrielle. Le premier d'entre eux n'est autre que le leader mondial du saumon, Marine Harvest, qui se qualifie de « fournisseur de protéines ». Cette entreprise, peu connue du grand public, a pourtant contribué, même si elle s'en serait bien passée, à un événement, lui, très médiatisé : la récente révolte des « bonnets rouges ».


L'annonce de la fermeture de deux de ses sites de production en Bretagne, dont l'un près de Carhaix, a déclenché la colère de ses salariés, mais aussi de l'un des meneurs du mouvement, Christian Troadec, maire de la commune finistérienne. La fin programmée des deux usines, au printemps 2014, jugées moins productives que leurs homologues polonaises, devrait se traduire par 400 suppressions d'emplois.


Avec ses fermes en Norvège, en Ecosse, dans les îles Féroé, au Chili ou au Canada, Marine Harvest a affiché en 2012 un chiffre d'affaires de 15,569 milliards de couronnes norvégiennes (1,85 milliard d'euros). Il entraîne dans son sillage de nombreux concurrents norvégiens. A l'instar de son principal challenger, Leroy Seafood, mais aussi de Grieg Seafood, Norway Royal Salmon ou SalMar. L'aiguillon vient aussi des îles Féroé, avec Bakkafrost. Toutes ces sociétés sont cotées à la Bourse d'Oslo.


 CE POISSON PLAÎT À TOUS


Tout en industrialisant la production de saumon, de l'écloserie à la découpe, les entreprises ont démocratisé sa consommation en nouant des liens forts avec la grande distribution. Il semble loin, le temps où le saumon fumé était un mets privilégié, réservé aux tables de fêtes.En France, en particulier, cet aliment s'est totalement banalisé, grâce au rayon frais. Au point que l'Hexagone est désormais le premier client des fermes d'aquaculture norvégiennes. « Le saumon est devenu le produit aquatique le plus consommé par les Français », constate Dominique Defrance, délégué filière pêche et aquaculture à FranceAgriMer, qui explique : « C'est un produit qui a été très bien conditionné. Il est coupé, standardisé, facile à cuisiner et il n'a pas d'arêtes. »

 


Il est aussi facilement accessible, car présent dans la plupart des enseignes alimentaires, qu'il soit sous forme de darnes, de filets, de pavés, entier. Le saumon fumé n'échappe pas au mouvement. « Les ventes de saumon fumé sont passées de 6 000 à 20 000 tonnes en vingt ans et sont moins concentrées sur la période de Noël », affirme Jacques Trottier, directeur général de Labeyrie. Dans son étude consommateurs, FranceAgriMer le démontre. Ce poisson plaît à tous, au-delà des clivages, aux enfants comme aux adultes, aux ouvriers comme aux cadres, aux citadins comme aux campagnards. Difficile de trouver un tel consensus. « Dans nos études, quand nous demandons aux sondés par quoi ils pourraient le remplacer, ils évoquent un peu le cabillaud, mais surtout la volaille ou le porc », souligne M. Defrance.

 


PRODUCTION À L'ÉCHELLE INDUSTRIELLE


Et finalement, entre le poulet, le porc et le saumon, les similitudes ne manquent pas. Même si le saumon l'a fait avec un temps de retard, ces productions animales sont passées du stade artisanal à l'échelle industrielle. L'objectif : offrir une alimentation abondante à faible coût au plus grand nombre. Revers de la médaille : les problèmes sanitaires ou de pollution, causés par la concentration très forte des animaux dans un espace restreint, pèsent sur les élevages les plus intensifs.

Les principaux producteurs en milliers de tonnes de saumon, en 2013, dans le monde.

Le Chili en a fait l'amère expérience. L'« autre pays du saumon », grand pourvoyeur du marché américain, même s'il pèse deux fois moins que son grand concurrent de l'hémisphère Nord, a traversé une crise sans précédent. Les premiers symptômes sont apparus en 2007. Dans les fjords chiliens, les poissons ont commencé à être touchés par des épidémies du virus AIS (anémie infectieuse du saumon). Ce virus, fatal et contagieux, qui avait déjà infecté d'autres zones d'élevage dans le monde, a progressivement décimé les cheptels. Au point que la production, divisée par trois, a touché le fond en 2010.


Depuis, les nasses se remplissent à nouveau. Et la production devrait même dépasser, en 2013, son niveau d'avant-crise. Il n'empêche, les stigmates n'ont pas encore disparu dans les comptes des entreprises chiliennes. Trois des principaux acteurs de ce marché, Australis, AquaChile et Camanchaca, sont toujours dans le rouge. A l'inverse, Multiexport Foods et Invermar commencent à sortir la tête de l'eau.


« Même si c'est un marché industriel, c'est un marché très difficile. Ce sont des produits biologiques, sujets aux maladies et aux aléas météorologiques. Si les eaux sont trop froides, la croissance des poissons ralentit. A l'inverse, en période estivale, la croissance est forte et les élevages arrivent dans les limites de densité autorisée. Il faut abattre sous peine d'amende », raconte François Perrone, directeur de marché chez Fish Pool, un marché à terme spécialisé, filiale de la Bourse d'Oslo, installé à Bergen.


Les aléas de production, alors que tous les voyants de consommation sont au vert, ont tendance à faire monter les prix. Ce fut le cas pendant la crise chilienne, puis les cours se sont détendus. Mais depuis la fin 2012, la tension est très forte. Les cours du marché à terme, Fish Pool, flambent. Le saumon de 3 kg à 6 kg, qui se négociait à près de 25 couronnes norvégiennes à l'automne 2012, frôle en décembre 2013 les 50 couronnes. Cette poussée de fièvre est liée à une moins grande disponibilité de poissons au premier semestre 2013. En particulier en Norvège, où les eaux froides et la présence de poux de mer ont ralenti les croissances. « Il y a également une augmentation de la demande en Russie et dans les pays de l'Est, avec le développement des chaînes de supermarché », ajoute M. Perrone.

 


LES AUTORITÉS SANITAIRES CONSEILLENT LA MODÉRATION


Cette augmentation des cours satisfait les producteurs de saumon. Le bénéfice net de Marine Harvest, en forte hausse, atteint 146 millions d'euros sur les neuf premiers mois de 2013. Mais les industriels qui ne font que transformer le poisson, comme les fabricants de saumon fumé, en pâtissent. Un certain nombre de PME françaises se sont ainsi retrouvées étranglées. La société Delpeyrat, filiale de la coopérative Maïsadour, connue pour ses foies gras, a profité de l'occasion pour se diversifier sur le marché du saumon. Elle a d'abord repris, fin 2012, la saumonerie Saint-Ferréol à Brioude (Haute-Loire), en liquidation. Puis elle s'est emparée, en septembre 2013, de Ledun Pêcheurs d'Islande à Cany-Barville (Seine-Maritime), également en liquidation. Delpeyrat a aussi souhaité se placer sur le marché du poisson frais, dont le saumon, la truite et la crevette, en mettant la main sur deux entités du norvégien Norway Seafoods, situées à Castets (Landes) et à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).

 


Delpeyrat se place ainsi en concurrence frontale avec son grand rival, Labeyrie, propriété de la coopérative Lur Berri. Ce dernier revendique la place de leader du marché français du saumon fumé, dont la valeur est estimée à 540 millions d'euros en 2012. Il en détient 25 %. « Nous nous attendons à ce que le saumon soit encore plus cher en 2014 », pronostique Frédéric Oriol, directeur général de Delpeyrat, qui dit avoir réussi à faire passer une augmentation de prix de 15 % à 20 % sur ces produits cette année, grâce à la marque Delpeyrat.

 


Est-ce l'effet prix ? La mise en cause du saumon ? Ou une combinaison des deux ? En tout cas, les ventes de saumon flanchent en France depuis quelques mois. En novembre, selon les chiffres Kantar Worldpanel, elles ont chuté de 25 % en volume par rapport au même mois de 2012 pour le frais et de 10,8 % pour le fumé. Sur les onze premiers mois de 2013, les baisses respectives sont de 19 % et 6 %. Car les autorités sanitaires conseillent désormais la modération. En France, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) a publié son avis en juillet. « Nous recommandons de consommer du poisson deux fois par semaine et non plus “au moins” deux fois comme nous l'indiquions auparavant, dont une fois, pas plus, du poisson gras. Au-delà, les bénéfices nutritionnels, comme la prévention des risques cardiovasculaires, ne compensent pas les incertitudes sur les risques toxicologiques », affirme Jean-Luc Volatier, de la direction de l'évaluation des risques de l'Anses. « Ce n'est pas l'aquaculture en général qui est en cause. C'est grâce à elle si le saumon sauvage existe encore. Mais le consommateur doit exiger des produits de qualité, moins gras, demander des comptes sur la manière dont les saumons sont élevés et nourris et être prêt à payer », conclut Patrick Martin, directeur du Conservatoire du saumon sauvage.


Laurence Girard Journaliste au Monde

 

LE MONDE | 22.12.2013 à 21h41• Mis à jour le 24.12.2013 à 09h17

 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/12/22/alerte-rouge-sur-le-saumon_4338805_3234.html#xtor=AL-32280530

 

Lire aussi : Pesticines, dioxines... les élevages norvégiens sur la sellette


Lire aussi : Les Suédois contraints de se tourner vers la Norvège

 

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 10:59

Poisson especes eaux profondes mostelle beryx lingue bleue

 

C’est à l’issue d’un vote serré (342 voix contre 326) que les eurodéputés se sont prononcés le 10 décembre contre l’interdiction du chalutage en eaux profondes, tout en prônant une réglementation accrue. Mais les opposants à ce type de pêche ne s’avouent pas vaincus. L’association Bloom conteste le scrutin en expliquant que plusieurs députés se seraient trompés dans leur vote. « L’interdiction du chalutage profond aurait dû gagner de 13 voix d’avance » assure Claire Nouvian, directrice de Bloom.


Ce que confirme le député vert français Jean-Paul Besset : « Plusieurs députés ont informé le bureau du Parlement européen qu’ils s’étaient trompés dans leur vote et qu’ils le modifiaient en faveur de l’interdiction ». Mais, déplore-t-il, « juridiquement, ce nouveau résultat n’a aucune valeur ». Il n’existe en effet pas de recours pour faire prendre en compte un nouveau résultat du vote. Bloom a cependant appelé les Etats membres, qui doivent désormais discuter de ce dossier au Conseil européen des ministres de la pêche, à tenir compte de « ce résultat réel ».


Voir le détail des votes sur le site Votewatch.eu :

 

Compromis

Malgré sa déception, l’ONG Deep Sea Conservation Coalition note que certaines mesures permettront de « limiter les dégâts sur les écosystèmes vulnérables ». La Commission devra établir une liste de ces zones « vulnérables » dans l’Atlantique Nord-Est, qui seront « fermées à tous les navires européens si elles sont en haute mer et à tous les navires en général si elles sont situées dans les eaux européennes » [1]. Après quatre ans, l’impact des techniques de pêche en eau profonde sera évalué. Certaines techniques pourront être interdites « si cette évaluation montre que ces écosystèmes ou les stocks en eau profonde ne sont pas suffisamment protégés ».


« La position qui a été adoptée au Parlement européen est juste », souligne Alain Le Sann, du collectif Pêche et Développement [2], contacté par Basta !. « Après avoir été fortement destructrice et sans encadrement, c’est désormais la pêche la plus contrôlée depuis une dizaine d’années et pratiquée sur une zone extrêmement limitée. Le chalutage en eaux profondes ne menace en rien la pêche artisanale, il est complémentaire. C’est son interdiction qui pourrait renforcer la pression sur les stocks du plateau continental avec le risque d’une compétition avec les pêcheries artisanales ». Les chaluts visés par le texte pêchent actuellement sur une zone située, en gros, entre l’Écosse et l’Islande. Les prises d’espèces profondes représentent environ 1,5 % des espèces débarquées au sein de l’Union européenne. « [Une pratique] insignifiante, donc, au niveau de ce qu’elle fournit en poissons, mais catastrophique pour l’environnement » affirme, pour sa part, Greenpeace.


Greenwashing en grandes surfaces

En attendant la décision finale du Conseil des ministres des pêches, une pétition exhorte les PDG de Système U, Auchan, Intermarché et Leclerc à « aligner leurs politiques de production sur leurs promesses en termes de protection de l’environnement et de développement durable ». Plus de 177 000 signatures ont déjà été recueillies. Deux enseignes, Casino puis Carrefour, viennent de s’engager à ne plus commercialiser trois espèces de poissons issues de la pêche profonde. « C’est une réponse aux pressions des ONG mais les enseignes continuent de faire de la pub pour la pêche industrielle du Colin d’Alaska en mettant des petits bateaux dans leur campagne d’affichage », nuance Alain Le Sann.


Ce dernier milite pour renforcer l’auto-organisation des communautés de pêcheurs. « C’est la meilleure solution pour gérer des ressources dans un environnement complexe et incertain. Si les espèces sont victimes de surpêche, elles ne sont pas menacées biologiquement », assure t-il (lire sa tribune faisant suite à notre enquête intitulée « Les poissons pourraient disparaître en 2035 »). Une durabilité des stocks vivement démentie par l’association Bloom dans une réponse étayée à l’attention des marins-pêcheurs de la Scapêche, la flotte d’Intermarché. Le débat se poursuit à Bruxelles. Prochaine étape, la réunion du Conseil des ministres des pêches des États membres. Les eurodéputés essaieront ensuite de conclure un accord qui devra être approuvé par le Parlement en seconde lecture en 2014.

par Sophie Chapelle 19 décembre 2013

 

Notes:

[1Voir le communiqué de presse du Parlement

[2Le Collectif Pêche & Développement est une association composée uniquement de bénévoles qui vise à promouvoir un développement solidaire et durable du secteur de la pêche et de l’aquaculture, notamment en favorisant les relations entre les pêcheurs du Nord et du Sud et en soutenant la participation des professionnels dans la définition et l’application des accords de pêche et de la Politique Commune de la Pêche.


Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

http://www.bastamag.net/Chalutage-profond-la-bataille-se

 

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 10:35

imunidade

Le 19 novembre 2002, le pétrolier le Prestige sombrait, déversant 63 000 tonnes de fuel et souillant 2 900 km de côtes espagnoles, portugaises et françaises.


Comme le naufrage de l'Erika en 2000, les ingrédients étaient pourtant réunis pour qu'on puisse prévoir une catastrophe. Ce bateau construit en 1976 avait été immobilisé trois mois plus tôt parce qu'on avait relevé huit déficiences. Il avait malgré tout repris la mer. Rien de très surprenant puisque les compagnies pétrolières s'ingénient à casser le coût du transport en affrétant des bateaux sous pavillon de complaisance. Ainsi le Prestige battait pavillon bahaméen, son propriétaire était libérien, son affréteur une compagnie suisse, Crown Resources, qui s'est dissoute avant l'ouverture de l'enquête, afin de protéger son commanditaire russe. Ce bateau-poubelle pouvait ainsi naviguer en toute irresponsabilité en s'abritant derrière de multiples sociétés écran.


Cela a finalement réussi puisqu'aucun des coupables réels n'a été traduit en justice, ni le propriétaire, ni l'affréteur, ni même la société américaine de classification ABS qui avait autorisé le pétrolier à naviguer et contre laquelle le gouvernement espagnol a porté plainte, sans succès.


Seuls les lampistes ont eu droit à un procès en Espagne. On trouvait donc sur le banc des accusés le commandant grec du bateau, le chef des machines et l'ancien responsable de la marine marchande espagnole. Finalement, seul le commandant a été condamné, à neuf mois de prison avec sursis, parce qu'il avait refusé pendant trois heures d'être remorqué, certainement sur l'ordre de son armateur qui, sinon, aurait dû reverser un fort pourcentage de la cargaison de son navire.


L'ancien responsable de la marine marchande espagnole était traduit en justice parce qu'il avait ordonné au bateau, qui avait lancé un SOS six jours auparavant, de s'éloigner des côtes préférant le voir sombrer loin de l'Espagne. Comme l'a déclaré le commandant : « C'était la pire option. Ils nous transformaient en un cercueil flottant et ils nous envoyaient à la noyade. » Cependant le responsable de cette décision n'a pas été condamné, ce qui montre le peu de cas qui est fait des équipages de ces navires.


Pour les associations écologiques, les habitants des villages souillés, l'acquittement des principaux prévenus apparaît comme un déni de justice et un véritable permis de polluer ! Aline URBAIN


Aux pays des aveugles....

 

Le gouvernement espagnol n'avait pas besoin de la publicité du procès du Prestige : la presse s'est chargée de rappeler que l'actuel chef du gouvernement Mariano Rajoy, numéro deux du gouvernement, à l'époque du naufrage, n'avait eu de cesse de minimiser la catastrophe. Il avait déclaré qu'il ne s'agissait pas d'une marée noire mais « de filaments comme de la pâte à modeler ». Les bénévoles qui se sont « amusés » à nettoyer les plages ont dû apprécier cette sortie. Il est vrai qu'elle vaut bien celle de Dominique Voynet, alors ministre, qui avait déclaré devant l'Erika qu'il « ne s'agissait pas de la catastrophe écologique du siècle ».

A. U.

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2368&id=27

 

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 10:40

06-05-18-chirac-clemenceau

 

Le marché de déconstruction de six coques de la Marine nationale, dont cinq stationnées près de Brest, a été attribué mercredi à un chantier belge, à la grande déception des sociétés françaises.

Au cours des prochains mois, six anciens bâtiments de la Marine nationale quitteront la France, cinq de la région brestoise et un de Toulon, pour rejoindre le port de Gand, en Belgique. C'est en effet la société belge Van Heyghen Galloo qui a remporté, mercredi, l'appel d'offres européen lancé par le Service de soutien de la Flotte pour la déconstruction de ces navires, désarmés pour la plupart à la fin des années 90 et qui ont, depuis, servi de brise-lames à Brest, Lanvéoc-Poulmic et Toulon. Parmi ces bateaux, on peut citer l'escorteur d'escadre La Galissonnière, mis à flot à Lorient en 1960, les avisos A69 Commandant-Rivière et Jean-Moulin, construits à Lorient, ou l'Enseigne-de-Vaisseau-Henry, un aviso escorteur lancé à Lorient en 1963 et qui, des années durant, fut embossé dans le bassin où est implantée l'actuelle marina du Château, dans lequel il servait de brise-lames.

Interrogations face au prix

La nouvelle du choix d'un chantier belge pour la déconstruction de ces six unités, qui représentent environ 15.000 tonnes de ferraille, a suscité la déception des chantiers français qui s'étaient mis sur les rangs pour l'obtention de ce marché assorti de contraintes assez lourdes, la démolition comportant également une phase de désamiantage. Il semble que le prix proposé par le chantier belge soit de 30% inférieur au prix le plus bas proposé par un chantier français. Perplexes, les démolisseurs français s'interrogent sur les conditions de travail dans le chantier retenu. 16 décembre 2013 à 10h34

 

http://brest.letelegramme.fr/local/finistere-nord/brest/ville/deconstruction-de-navires-le-marche-a-un-chantier-belge-16-12-2013-2339661.php

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 10:51

arton1887

CGT et CFDT réagissent à l’annonce du transfert à Brest du siège d’Ifremer par le Premier ministre. Une décision « sans concertation ».

CGT et CFDT « ne peuvent que s’opposer fermement à cette décision qu’elles considèrent comme stratégiquement aberrante, économiquement inefficace et socialement scandaleuse ». Jean-Marc Ayrault vient d’annoncer à Rennes le transfert d’Issy-les-Moulineaux à Brest du siège de l’Institut français de recherches pour l’exploitation de la mer (Ifremer). Une décision que les syndicats constatent avoir été prise « sans aucune concertation ou information préalable ».

Selon eux, « il est aberrant qu’un organisme à vocation nationale, fleuron de la recherche marine française, qui travaille pour toutes les façades maritimes françaises et les représente sur la scène européenne et internationale voit son image réduite à la seule partie bretonne de la façade atlantique ». Ils estiment que « le déséquilibre des effectifs au profit du centre de Brest, où plus de la moitié des personnels sont déjà localisés, accroîtra le sentiment d’éloignement déjà mal ressenti par les personnels des autres centres et stations ».

Environ 90 salariés sont concernés par ce transfert. Un nombre qui « n’est certainement pas à la hauteur des besoins et des attentes liés à la crise économique à laquelle est confrontée la région Bretagne », poursuivent les syndicats. « Par contre cela accroîtra les coûts de fonctionnement de l’organisme ».

Du point de vue social, ils jugent « scandaleux » pour les salariés concernés et leurs familles, que cette décision ait été prise « sans aucune concertation avec les intéressés ». Brest - 13 Décembre

 Plus d'informations sur le transfert du siège d'Ifremer à Brest

 

http://www.ouest-france.fr/transfert-brest-difremer-cfdt-et-cgt-mecontents-1786984

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 09:31

vive la fr

 

La cour d'appel de Rennes vient de considérer que le lymphome d'un vétéran du Clemenceau était le résultat de son exposition au risque nucléaire.

 

Un arrêt inattendu qui sonne comme une avancée dans le combat des vétérans qui dure, sans résultats, depuis plus de dix ans.


Dans un arrêt rendu début décembre, la cour d'appel de Rennes vient d'infirmer un jugement du tribunal des pensions militaires de Brest qui, en 2011, avait refusé une pension d'invalidité à Pierre Marhic, vétéran de la Marine ayant été exposé aux essais nucléaires alors qu'il était à bord du Clemenceau. Au terme de huit ans de procédure, c'est « une victoire » pour celui qui n'a cessé de se battre et préside, aujourd'hui, l'Association nationale vétérans victimes d'essais nucléaires.

Un commissaire du gouvernement désavoué Il est à noter que le tribunal n'a pas suivi les conclusions du com- missaire du gouvernement qui, pourtant, avait repris l'argumentaire du jugement de première instance. À l'époque le magistrat brestois avait estimé « que M. Marhic n'avait pas rapporté la preuve que le porte-avions Clemenceau a été à un moment quelconque exposé à une retombée radioactive et que le lymphome qu'il présente a un caractère radio-induit ». Le commissaire du gouvernement de la cour d'appel a ajouté « que la fonction de M. Marhic, chargé de surveillance radar s'exerçait hors du pont d'envol », lors des missions menées par le Clemenceau entre 1966 et 1969 auprès des atolls polynésiens.

Le poids du témoignage du pacha Un argumentaire laminé par l'arrêt rendu par la cour qui s'est servie de diverses pièces pour reconnaître la maladie professionnelle de Pierre Marhic.Il mentionne, notamment, les commentaires de l'amiral Antoine Sanguinetti entendus lors d'une émission de télévision. L'ancien pacha du Clemenceau indiquait alors qu'au moment des essais nucléaires litigieux, les avions qui allaient prendre les mesures et prélever les gaz radioactifs revenaient « plein de merde à savoir de particules contaminées », indique l'arrêt.

 

Par voie de conséquence, la cour admet « que le personnel embarqué même s'il n'avait pas vocation à travailler sur le pont d'envol lors des expérimentations nucléaires se trouvait soumis au risque d'ingestion de particules nocives ».De la même façon, le lymphome dont souffre Pierre Marhic depuis 1998, « admis depuis le décret du 30 avril 2012 dans la liste des maladies radio-induites » rappellent les magistrats, présente « une probabilité suffisante avec son activité professionnelle ».

 

Manière toute juridique d'ouvrir une brèche immense dans un contentieux où les victimes ont toutes les peines du monde à se faire entendre et semblent se battre contre les moulins à vent.« Le commissaire est désavoué, c'est incroyable », se réjouit Pierre Marhic, qui devra attendre la réponse d'un bataillon d'experts pour connaître le montant de sa pension enfin accordée. « À la place du ministère de la Défense, j'arrêterais la procédure qui dure depuis huit ans. Huit ans ! Faut arrêter l'acharnement », espère le requérant. L'État a deux mois pour se pourvoir en cassation.

 

Steven Le Roy  13 décembre 2013

 

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/finistere/veterans-du-nucleaire-la-cour-d-appel-change-la-donne-13-12-2013-2336171.php

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 12:55

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La fronde s’amplifie contre le chalutage en eaux profondes : des internautes appellent désormais au boycott d’Intermarché.


Il y a quelques semaines, nous rendions compte de l’incroyable succès d’une pétition contre la pêche en eaux profondes. À cette occasion, un coup de projecteur était mis sur cette pratique et ses enjeux.



Aujourd’hui, le sujet rebondit à nouveau après le refus du Parlement européen d’interdire cette pratique. En dépit des 750 000 signatures recueillies pour sa pétition, l’association Bloom n’a en effet pas réussi à obtenir du Parlement l’interdiction de la pêche en eaux profondes. Les parlementaires européens ont voté à 342 voix contre (326 pour).



Mais la BD de Pénélope Bagieu a suscité un véritable engouement sur internet et les réseaux sociaux.

 

On voit aujourd’hui fleurir sur Facebook des groupes appelant au boycott d’Intermarché comme par exemple « Je boycotte Intermarché aussi longtemps qu’ils défonceront les fonds marins ».


L’enseigne était particulièrement pointée du doigt par Bloom et la BD de Pénéloppe Bagieu, étant la plus impliquée dans ce type de pêche. Entre temps, différents distributeurs (Casino et Carrefour) ont annoncé leur intention de ne plus commercialiser les espèces issues de ce type de pêche.


Intermarché se retrouve donc bien seul. À l’heure où les marques accordent une grande importance à leur image sur le web, ces groupes Facebook risquent de ne pas être appréciés par le groupe Intermarché. Sa e-reputation va en prendre un coup. Et cette fois-ci l’association Bloom n’y est pour rien, les citoyens ont pris les choses en main.


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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 12:15

poisson crise


Le Parlement européen a rejeté aujourd’hui un réglement visant à interdire le chalutage profond.

 

Une méthode de pêche qui ravage pourtant les fonds océaniques. Claire Nouvian dirige Bloom, une des principales associations écologistes à lutter contre ce gaspillage. Elle répond en vidéo aux questions de Reporterre. Ce mardi 10 décembre, le Parlement européen devait prendre une décision importante sur la pêche] : sur une proposition de réglement interdisant une méthode destructrice de pêche, le chalutage en eau profonde. La mauvaise nouvelle est tombée en fin de matinée : rejet à 342 voix contre 326.


Depuis plusieurs années, une bataille est engagée par quelques groupes écologistes pour mettre un terme à cette forme de pêche.

 

En pointe, l’association Bloom, dont Claire Nouvian est la directrice. Nous sommes allé l’interroger. Avec trois grandes questions : quel est l’effet sur les écosystèmes du chalutage profond, où en est la bataille réglementaire, et que peut faire le consommateur.


Les effets sur l’écosystème du chalutage profond

Claire Nouvian explique ici cette méthode de pêche : des chaluts énormes, qui raclent le fond océanique. "C’est comme un énorme bulldozer tiré par un gros bateau. Une bouche béante avale tout sur son passage". Le tri se fait à bord du navire : pour trois espèces conservées, jusqu’à cent sont rejetées à la mer. Tout ceci a des conséquences graves sur les espèces du fond, qui sont fragiles : certaines ont perdu jusqu’à 80 % de leurs effectifs. "C’est la méthode de pêche la plus destructrice de l’histoire, qui détruit ce qui, avec la forêt tropicale, le plus grand écosystème de la Terre, le plus grand réservoir d’espèces sur Terre".


La bataille réglementaire

Le chalutage profond est déjà interdit dans l’océan austral, ainsi qu’aux Açores, aux Canaries et en Méditerranée. En Europe, seules l’Espagne et la France défendent cette forme de pêche. Cela ne concerne en France qu’une dizaine de navires, qui sont dont l’exploitation est d’ailleurs déficitaire. "Des officiels nous disent, ’On en a marre de travailler pour Intermarché’". Car cette chaine de distribution est le principal agent - et profiteur - de la pêche par chalutage profond.

Au demeurant, la pêche en eau profonde ne serait pas interdite par le réglement discuté le 10 décembre : la pêche à la palangre (longue ligne avec hameçons) resterait possible. Elle est beaucoup moins destructrice… et crée plus d’emplois que le chalutage profond.


Ce que peut faire le consommateur

Ne pas acheter les poissons issus du chalutage profond : grenadier de roche, lingue bleue, sabre noir. Ils se trouvent surtout chez Intermarché et chez Leclerc, à éviter, donc, et en restauration collective. Et puis "réduisons la consommation de protéines animales : on n’a jamais autant mangé de protéines animales de toute l’histoire de l’homme."

 


"On peut gaiement se détourner de ces poissons, en se disant qu’on contribue à quelque chose de valeureux".

- Propos recueillis par Hélene Harder (réalisation et montage vidéo) et Hervé Kempf.

 

Hélène Harder et Hervé Kempf (Reporterre)

mardi 10 décembre 2013


Complément d’info :

Le texte discuté au Parlement européen le 10 décembre 2013, à télécharger :

PDF - 588.7 ko

Source : Hélène Harder et Hervé Kempf pour Reporterre.

Voir aussi : Des pingouins à l’assaut d’Intermarché contre la pêche en eau profonde.

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 10:14

france algue ca pcb - Copie

Alors que la mortalité des huîtres adultes n'a jamais été aussi importante, des chercheurs relèvent le rôle accru des polluants dans l'environnement marin.

 

Les rejets des pesticides utilisés par les agriculteurs sont soupçonnés d'affaiblir le système immunitaire des coquillages.

Le littoral breton continue de payer l'ntensification de l’élevage commencé dans les années 1960 et qui s'est accéléré jusqu’aux années 1990. En une trentaine d’années, le taux de nitrates dans les rivières bretonnes a ainsi doublé, créant une prolifération d'algues vertes. Certaines conditions météo favorisent la prolifération de marées vertes qui empoisonnent de nombreuses plages bretonnes.

L'Ifremer a étudié depuis longtemps l’impact de pesticides sur le phytoplancton marin et le naissain d’huître creuse. A l'évidence, les molécules terrestres, issues de l’industrie et de l’agriculture, peuvent agresser les huîtres et réduire leur immunité. Cela a été remarqué sur des lots témoins et des travaux sont toujours conduits sur les pesticides, comme le projet Traces mené à Brest avec le Comité régional de la conchyliculture.

Les bassins ostréïcoles de Marennes-Oléron sont-ils en train de subir à leur tour les effets d'une agriculture intensive qui ne lésine pas sur l'utilisation de pesticides ? La question se pose clairement, en raison de la mortalité sans précédent constatée sur les huîtres adultes cette année. Certains ostréiculteurs relèvent jusqu'à 90% de mortalité dans leur production et s'inquiètent des conséquences sur leur chiffre d'affaires à proximité des fêtes de fin d'année. 
Par Bernard Dussol Publié le 28/11/2013 | 10:44, mis à jour le 28/11/2013 | 10:44

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ostreiculteurs_1.jpg

La tension monte entre céréaliers et ostréiculteurs à La Tremblade (17)

http://poitou-charentes.france3.fr/2013/11/28/mortalite-des-huitres-les-pratiques-agricoles-montrees-du-doigt-366657.html?fb_action_ids=621517317909901&fb_action_types=og.likes&fb_source=other_multiline&action_object_map=[473189192798759]&action_type_map=[%22og.likes%22]&action_ref_map=[]

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 14:02

poisson crise

Propulsé dans la lumière par la BD de Pénélope Bagieu, le chalutage en eaux profondes suscite des débats déjà anciens. Le point.

Rarement le sujet de la pêche ne s’est retrouvé autant sous le feu des projecteurs. Cela s’explique par le succès fou d’une pétition qui a été promue par la dessinatrice Pénélope Bagieu sur son blog. Plus habituée aux sujets légers, la jeune femme donne de la visibilité à un sujet assez complexe, faisant l’objet de nombreuses études, à la fois scientifiques et institutionnelles, et qui a autant de défenseurs que d’opposants. 


Sa bande dessinée continue d’affoler les statistiques des réseaux sociaux tandis que la pétition de l’association Bloom a atteint le demi-million de signatures. Si on laisse de côté le buzz médiatique, ce sujet déborde d’enjeux de fond.


Tout d’abord, une petite clarification s’impose. La pêche en eaux profondes représente, selon un rapport de l’Union européenne de juin 2013, 1,5 % du volume de pêche dans l’Atlantique Nord-Est. Autant dire une portion très réduite. Ce qui ne l’empêche pas de susciter des réactions car elle est accusée, malgré sa faible représentativité, de faire de nombreux dégâts. 

Un impact écologique important 

Les pêcheurs se défendent de « racler » le sol comme l’avancent de nombreuses associations et de pêcher aussi profond que l’affirme Bloom. Si le chiffre de 2 000 mètres semble un peu exagéré (en réalité, une très grande majorité de la pêche profonde ne va pas au-delà de 1 300 mètres, et aucune au-delà de 1 500 mètres), il n’en demeure pas moins que cette pêche impacte ce qu’on appelle « l’habitat profond », qui commence dès 200 mètres de profondeur selon la classification européenne Eunis (European Information System).


 

Une étude publiée dans la revue Nature en 2012 pointait également les évolutions alarmantes des paysages sous-marins après le passage des chaluts qui, s’ils n’arrachent pas forcément de coraux dans l’Atlantique, déplacent des tonnes de sédiments. 


En outre, le chalutage profond serait utilisé pour, au final, une commercialisation de seulement trois espèces de poissons, selon Bloom et aussi une étude britannique de la New Economics Foundation. Or, il «  constitue la technique de pêche présentant l’empreinte écologique la plus importante  », selon les conclusions du Grenelle de la mer de septembre 2010 organisé par le ministère du Développement durable.


Hubert Carré, président du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), s’en défend et évoque de nombreuses autres espèces comme le congre ou la phycis de fond qui, bien qu’elles soient méconnues, sont consommées notamment dans les plats préparés. Cette pêche concerne «  une quinzaine d’espèces, dont huit constituent 90 % des apports  ».


Il tient également à souligner les efforts réalisés ces dernières années pour limiter les dégâts de la pêche en eaux profondes, un argument défendu par l’ensemble des pêcheurs. Mais cet argument a été balayé il y a un an par Les Watling, biologiste, qui estime que «  s’il y a eu stabilisation de certains stocks, celle-ci s’est faite à des niveaux très bas par rapport au stock initial  ».


Et Mediapart rappelait en juin 2012 que «  le Conseil international pour l’exploration en mer, chargé d’évaluer les stocks de poissons en Europe, concluait en 2008 et 2010 que les espèces des eaux profondes sont en route pour l’extinction  »

La situation de l’emploi, déjà tendue en Bretagne

La Scapêche, l’armateur de pêche d’Intermarché directement mis en cause par Bloom et qui représente la majorité de la pêche profonde, insiste sur les conséquences d’une interdiction de cette pêche pour l’emploi. Le chiffre de 600 emplois a été avancé pour la France (dont une majorité d’emplois à terre). Pourtant, un rapport de la Commission européenne conclut que le chalutage profond est le type de pêche qui génère le moins d’emplois en équivalents temps-plein, proportionnellement aux quantités de poissons commercialisées. 


L’association Bloom évoque une dizaine de chalutiers qui pratiquent ce type de pêche. Et, si les emplois concernés sont peu nombreux en comparaison des emplois du secteur de la pêche en général, ils sont surtout très concentrés, notamment à Lorient et à Boulogne-sur-Mer. La pêche profonde constitue «  un pilier fort de plusieurs économies portuaires locales  », selon le Grenelle de la mer.


Or, la situation est déjà extrêmement tendue en Bretagne. Isabelle Thomas, députée européen du Grand-Ouest, le met d’ailleurs très clairement en avant dans un communiqué : le contexte est celui d’une «  Bretagne qui doit relever le défi du maintien de l’emploi et des activités économiques  ». Il serait inutile d’ajouter de l’huile sur le feu en quelque sorte. 

Les subventions montrées du doigt

 La question de la rentabilité d’une telle pêche fait aussi débat. Bloom a notamment étudié les comptes de la Scapêche et est arrivé à la conclusion que cette pêche vit des subventions, et que, même avec ces subventions, la pêche se fait à perte. Mais Hubert Carré souligne leur importance :

« Sans les subventions, les entreprises ne pourraient ni se moderniser, ni être plus sélectives ou plus économes en carburant pour offrir de meilleures conditions de vie aux équipages. »

Le Grenelle de la mer organisé par le ministère du Développement durable en septembre 2010 aboutissait à des conclusions similaires à celles de Bloom quant à la rentabilité : une pêche profonde ne pourrait être considérée comme durable qu’avec «  des prélèvements extrêmement faibles et donc incompatibles avec une quelconque rentabilité économique  ». Autrement dit, pour être rentable, elle est nécessairement destructrice.


Cette thèse est soutenue par de très nombreuses études scientifiques qui insistent notamment sur la longueur des cycles reproductifs des espèces profondes. Les différents rapports sur le sujet suggèrent une reconversion vers la pêche à la palangre – grosse ligne de fond sur laquelle sont fixés des hameçons au bout de nombreuses cordelettes –, mais celle-ci présente aussi des inconvénients, notamment la capture accidentelle de requins, selon Hubert Carré.


Or, ce constat est loin d’être récent et une concertation aurait pu être engagée depuis longtemps pour entamer une reconversion vers des modes de pêche qui non seulement sont plus respectueux de l’environnement, mais aussi plus rentables pour les pêcheurs. D’ailleurs, en 2010 déjà, le Grenelle de la mer faisait des recommandations dans ce sens. 

Si le monde associatif et les organisations de pêcheurs sont prompts à se mobiliser sur toutes ces questions, une réaction du côté du gouvernement se fait toujours attendre.

En une semaine, depuis la mise en ligne de la BD de Pénélope Bagieu, la pétition de Bloom est passée de 24 000 à 588 000 signatures. Par Camille Selosse - - 25 novembre 2013

 

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