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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 11:31

sahara2

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Au large du Sahara occidental - territoire occupé par le Maroc depuis près de quarante ans -, Total et d’autres firmes internationales commencent à mener des activités de prospection pétrolière et gazière.

 

Le tout dans des conditions très contestables du point de vue de la consultation des populations locales et du partage équitable des bénéfices éventuels avec celles-ci. Les militants de la cause sahraouie dénoncent depuis des années le rôle de l’entreprise française dans la remise en cause de la souveraineté du territoire. Total est désormais aussi critiquée par certains investisseurs « éthiques », au premier rang desquels les fonds norvégiens.


Le fonds souverain norvégien, quatrième actionnaire de Total avec un peu plus de 2% des actions (pour une valeur d’environ 3 milliards d’euros), a annoncé qu’il allait se pencher sur les activités de Total au Sahara occidental afin de vérifier leur conformité avec son code éthique.


Total bénéficie d’une licence couvrant une zone offshore de plus de 100 000 kilomètres carrés (la surface du Portugal) au large du Sahara occidental, le « bloc Anzarane ». Originellement octroyée en 2002 par le gouvernement marocain, elle vient d’être renouvelée, pour des opérations de reconnaissance. L’entreprise française souligne n’avoir pas encore, à ce jour, déposé de demande de réalisation de forages exploratoires.


Selon les défenseurs des droits du peuple sahraoui - notamment l’Ong Western Sahara Resources Watch (Wsrw, « Veille sur les ressources naturelles du Sahara occidental ») -, les licences octroyées à Total et à d’autres firmes pétrolières et gazières sur le territoire sahraoui par le gouvernement marocain sont illégales du point de vue du droit international.


LES AFFAIRES SONT LES AFFAIRES


Ils estiment même que Total contribue dans les faits, en collaborant avec un « gouvernement d’occupation », à délégitimer la lutte pour l’autodétermination du peuple sahraoui : « L’industrie pétrolière devient un obstacle qui empêche de faire pression sur le Maroc pour qu’il accepte ce droit [à l’autodétermination] », déclare ainsi Erik Hagen, président de Wsrw.


L’Ong a publié l’année dernière un rapport très critique sur le rôle de Total au Sahara occidental, intitulé « Injustice totale ». « Total démontre un mépris complet des principes fondamentaux de la responsabilité sociale des entreprises. La compagnie refuse d’engager la moindre discussion sur les droits légitimes du peuple du territoire occupé », déclarait alors Erik Hagen. Selon Wrsw, Total refuse de clarifier ses projets au Sahara occidental et se défausse de toute responsabilité dans le conflit en arguant du fait qu’elle ne s’occupe pas de politique.


En réponse à l’annonce du fonds souverain norvégien, Total a déclaré à Reuters que ses « activités offshore au Sahara occidental, comme dans d’autres régions où [elle opère], sont en ligne avec le droit et les standards internationaux applicables figurant dans [son] Code de conduite, en particulier ceux liés aux droits humains ».

Comme le soulignait un récent article du Monde (à propos de l’engagement de Total dans le pétrole de schiste russe en pleine crise diplomatique sur l’Ukraine), « la politique de Total a toujours été de poursuivre ses activités dans des pays critiqués tant qu’une interdiction émanant du gouvernement français ou des Nations unies ne les interdisait pas, comme ce fut le cas en Irak et en Iran ».


DESINVESTISSEMENT


Le fonds souverain norvégien, qui gère un portefeuille de 600 milliards d’euros, a mis en place un certain nombre de critères éthiques, qui l’ont conduit dans le passé à se désinvestir de 63 entreprises au total - principalement du fait de leur implication dans le secteur du tabac, des armes nucléaires et des mines antipersonnel. Le fonds réfléchirait actuellement à une extension de ses critères d’exclusion, pour y inclure les compagnies pétrolières et gazières opérant dans des pays à fort risque de corruption, les firmes impliquées dans des atteintes aux droits des travailleurs dans le secteur textile, ou encore celles impliquées dans la surpêche ou la destruction des forêts. Il pourrait même renoncer à investir dans les énergies fossiles (un paradoxe dans la mesure où le fonds est issu des royalties pétrolières et gazières norvégiennes).


Le fonds norvégien s’était déjà désinvesti en 2005 d’une autre firme pétrolière alors active au Sahara occidental, Kerr-McGee En juin 2013, la firme norvégienne d’assurance-vie Klp avait, de son côté, également annoncé son désinvestissement de Total en raison de ses activités au Sahara occidental [1].


Une autre multinationale pétrolière bénéficie d’une licence d’exploration au Sahara occidental octroyée par le gouvernement marocain : la ’junior’ américaine Kosmos Energy. Celle-ci est spécialisée dans les opérations de prospection « pionnières », et s’est illustrée notamment dans la découverte et l’exploitation du champ Jubilee, au large du Ghana [2]. Kosmo a déjà des activités de prospection avec Bp au Maroc au large d’Agadir et d’Essaouira, et a annoncé son intention d’entamer des activités similaires en octobre dans la zone dite du Cap Boujdour, au large du Sahara occidental.


« INTERETS ET ASPIRATIONS DU PEUPLE SAHRAOUI »


Colonie espagnole jusqu’en 1976, le Sahara occidental a été ensuite occupé par le Maroc, qui en revendique la souveraineté. Des années de conflit s’en étaient suivies entre les forces armées marocaines et le Front Polisario indépendantiste (soutenu par l’Algérie). Un cessez-le-feu a été imposé par les Nations Unies en 1991, suite auquel devait se tenir un référendum d’autodétermination. Lequel n’a jamais eu lieu, les deux parties étant en désaccord sur le droit des colons marocains à y participer. Aucun pays ne reconnaît à ce jour la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.


Suite à l’octroi par le Maroc en 2002 de licences de prospection pétrolières au Sahara occidental, les Nations Unies ont publié un avis ambigu, dit « Opinion Corell », qui reconnaît l’autorité administrative de fait du Maroc et estime que les activités pétrolières ne seront légales que si elles ne contreviennent pas « aux intérêts et aux aspirations du peuple du Sahara occidental ».


Le Maroc et les compagnies pétrolières se sont empressés de mettre en avant les « retombées économiques positives » du pétrole pour légitimer leurs actes. Les autorités marocaines assurent souhaiter un « partage équitable des bénéfices » avec les Sahraouis - même si pour l’instant ils soulignent surtout la création d’emplois, sans qu’il soit question de retombées financières. En renouvelant, au début de l’année, les licences de Total et de Kosmos, le gouvernement du Maroc a aussi promis que « les populations locales et leurs représentants seront consultés et associés », sans autre précision. Depuis la publication de l’Opinion Corell en 2002, rien n’a jamais été fait en termes de consultation formelle.


Les organisations de soutien aux Sahraouis estiment que la population locale est opposée à l’arrivée des multinationales pétrolières, et que les licences sont donc illégales dans les termes mêmes de l’Opinion Corell.

Le territoire reste occupé par l’armée marocaine. Une grande partie de la population sahraouie vit en exil et dans des camps de réfugiés. Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture a confirmé, dans un rapport de 2013, l’usage généralisé de la torture et de la violence par les Marocains au Sahara occidental. Dans ses conditions, peut-on considérer que les Sahraouis sont libres de donner ou non leur consentement aux activités de Total et autres ?

 

Olivier Petitjean est en charge de l’Observatoire des multinationales (multinationales.org)

 

REFERENCES

 

- 1) http://www.wsrw.org/a111x2652
- 2) http://bit.ly/1fcOSZ9
- 3) http://bit.ly/MuTkaq

 

NOTES:


1] Source : http://reut.rs/1kz1EBj

2] Les activités de Kosmos au Ghana sont au centre du film documentaire Big Men. Les prochains rois du pétrole, de Rachel Boynton, qui sort en salles aux États-Unis ce mois-ci et a obtenu plusieurs prix, dont le Grand prix du Festival international du film d’environnement de Paris 2014. Voir le site du film : http://bigmenthemovie.com/

 

CE TEXTE VOUS A ETE PROPOSE PAR PAMBAZUKA NEWS

Source : http://www.pambazuka.org

 

http://www.afriquesenlutte.org/afrique-du-nord/republique-sahraouie/article/petrole-que-fait-total-au-sahara

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 11:33

 

 

La guerre de Gaza cache-t-elle, derrière un alibi militaire, la volonté israélienne de reprendre une zone géographique permettant à l’Etat hébreu de revendiquer les gisements gaziers? Le débat avait été lancé dès la découverte des gisements sous-marins au début de ce siècle, mais la nouvelle offensive de Tsahal relance la polémique. Voici quelques jours, le ministre israélien de la Défense, Moshe Ya’alon, avait annoncé que l’opération militaire contre le Hamas s’étendrait "par tous les moyens à notre disposition…

 

Le prix payé par l’organisation –le Hamas- sera très lourd ". Mais, rapportait le Guardian du 9 juillet, dès 2007, juste avant l’opération militaire "Plomb Fondu" dirigée contre la bande de Gaza, le même Moshe Ya’alon s’inquiétait déjà d’une source de gaz naturel découverte en 2000 au large des côtes de Gaza. L’actuel ministre avait dit craindre, à l’épo- que, que cette source potentielle de revenus ne serve pas à aider à la construction d’un Etat palestinien, mais bien à financer des attaques terroristes contre Israël. Il avait alors évoqué la possibilité, pour le Hamas, d’utiliser ces fonds pour attaquer le Fatah: "Sans une opération militaire permettant de chasser le Hamas des postes de commande de Gaza, aucun forage ne peut débuter sans l’accord du mouvement islamistes radical ". L’opération Plomb Fondu n’avait, à l’époque, pas permis d’atteindre ses buts (éradiquer le Hamas), mais avait coûté la vie à près de 1400 Palestiniens dont 773 civil et 9 Israéliens (dont 3 civils).


Selon un spécialiste des enjeux énergétiques mondiaux que nous avons interrogé mais qui a voulu conserver l’anonymat, la découverte de champs gaziers au large de la bande de Gaza remonte à l’an 2000. Les campagnes de recherches assurées par British Gaz (BG) ont mené dans un premier temps à la découverte de gaz naturel au large de Gaza et, ensuite dans les zones offshore israélienne et chypriote.


A ce jour, à cause de la situation politique de la région, aucune des ressources de la zone de Gaza n’a pu être mise en exploitation. "Les conditions globale ne le permettent pas. BG a essayé de définir les règles d’exploitation, mais cela n’a jamais été possible et les tentatives ont été abandonnées il y a quelques années", nous a déclaré notre interlocuteur. En 2009, Jean-Michel Vernochet, journaliste et géopolitologue français déclarait dans une interview que "British Gaz s’est chargé des opérations et dispose d’un contrat d’exploitation de recherche de 25 ans." Ce contrat aurait été négocié avec les Palestiniens, puis renégocié avec l’Etat Israélien. Selon d’autres sources, des négociations auraient aussi eu lieu entre l’Autorité Palestinienne et le russe Gazprom pour développer le champ gazier de Gaza.


Du gaz pour renforcer la Palestine ou financer le Hamas ?


La seule certitude est que depuis la découverte en 2000 de ces ressources gazières, la guerre de l’énergie donne un nouveau visage au conflit dans un contexte où les besoins énergétiques d’Israël sont en croissance. On peut lire dans le Guardian que Mark Turner, fondateur de Research Journalism Initiative explique le siège de Gaza par l’ambition d’Israël d’éliminer la puissance du Hamas dans la bande de Gaza afin de "générer un climat politique permettant de mener à un accord sur le gaz". Cela passerait donc par la reprise du pouvoir du Fatah et de Abbas sur la bande de Gaza.


En 2012, le premier ministre Benjamin Netanyahu appelait aussi de ses vœux un accord sur le gaz de Gaza. Mais déjà à l’époque le Hamas, exclu des négociations, avait rejeté par avance la légitimité de cet éventuel accord qui n’est d’ailleurs jamais intervenu.


La position du ministre Ya'alon (du moins celle qu’il exprimait en 2007) est plus catégorique. Il craignait que, même dans la perspective d’une éradication du Hamas de la bande de Gaza, le contrôle par la Palestine de ses propres ressources de gaz n’augmente fondamentalement l’influence de l’Etat Palestinien.


Les gisements découverts constituent un élément géostratégique important. Et parmi eux les "Leviathan field” situés plus au nord, loin des côtes de Gaza. Les ressources sont estimées à près de 500 milliards de mètres cubes de gaz naturel. Un tel volume pourrait transformer Israël en exportateur net vers l’Europe, la Jordanie et l’Egypte.

Le problème est que ces dizaines de milliards de mètres cubes de gaz et 1,6 milliard de barils de pétrole se trouvent dans une zone marine frontalière que plusieurs pays se disputent: Israël le Liban et Chypres.


Tamar : l’indépendance énergétique d’Israël


Depuis un an (mars 2013) Israël peut compter sur des ressources gazières propres grâce à la mise en œuvre du champ de Tamar, situé dans la zone israélienne. Outre la consommation nationale, cette poche de gaz naturel va permettra à Israël d’exporter une partie de la production vers la Jordanie.


Israël ne dispose pas encore de ressources pétrolières, mais une campagne de recherche a débuté cet été sous la poche de gaz de Tamar dans l’espoir d’y trouver des gisements pétroliers.


Après des débats politiques, Israël pourrait ainsi exporter jusqu’à 60% de ses réserves, le solde servant à assurer ses propres besoins en gaz, nous a déclaré un spécialiste du commerce gazier mondial. Mais comme rien n’est simple, des scientifiques israéliens ont mis le gouvernement en garde contre l’insuffisance de ces ressources pour supporter à la fois sa consommation interne et ses exportations. Durant les prochaines décennies “Nous pensons que la consommation domestique en gaz naturel augmentera d’ici 2020 et qu’il ne faudrait pas exporter" peut-on lire dans le Guardian. Dans le même sens, Gary Luft – un conseiller de l’US Energy Security Council a pour sa part écrit dans le journal of Energy Security qu’Israël pourrait être confronté à une crise énergétique d’ici quelques années. Il incite Israël à diversifier ses sources d’approvisionnement.


Entre la volonté d’Israël d’assurer son indépendance énergétique et le scénario d’une guerre de défense qui servirait en réalité à s’attribuer le gaz offshore de Gaza, les spéculations vont bon train. L’auteur Jean-Michel Vernochet établit un parallèle avec le Golan qui, selon lui, est moins un promontoire aux atouts militaires qu’une vaste réserve d’eau. Raison de son intérêt stratégique pour Israël. Plus que jamais, l’énergie (et son contrôle) reste un pion essentiel du jeu d’échec diplomatique et militaire qui se joue au Moyen-Orient.


Jean-Claude Verset Mis à jour le vendredi 25 juillet 2014 à 17h50

 

http://www.rtbf.be/info/monde/detail_gisements-gaziers-au-large-de-gaza-la-face-cachee-d-une-guerre?id=8322286

 

Commentaire: Lutte contre le terrorisme par devant et accaparement des ressources par derrière, juste comme nous avec l'uranium du Niger! Ils sont des nôtres! On comprend pourquoi on est avec eux!

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 13:01

caps

Sous les vivats de la presse et des politiques, deux nouveaux parcs éoliens en mer ont été attribués.

 

Problème : ce secteur n’est pas rentable, il représente un surcoût important qui se répercutera sur la facture des consommateurs. Mais l’opération se fait au bénéfice des grands industriels. Les questions énergétiques sont complexes, et on tient à les compliquer à l’infini, surtout quand on ne veut pas que le public sache et comprenne.


Il y a trois semaines, toute la presse française a été pleine des cris de joie des mondes politique et économique, à l’annonce de l’attribution par la ministre de l’écologie des deux parcs éoliens offshore, au large du Tréport, en Manche, et de Noirmoutier, face à la Vendée.


Sur ces deux parcs, d’une puissance de 500 MW (mégawatt) chacun, l’un n’avait pas été attribué lors du premier tour, en 2012, qui avait vu l’attribution de quatre autres parcs, de puissance similaire. Nous allons donc avoir, d’ici une dizaine d’année trois mille MW de puissance éolienne offshore installés le long de nos côtes.


Tout a été dit à cette occasion : les entreprises françaises, la technologie française (en fait allemande et espagnole, par le biais de rachat de sociétés), les énergies renouvelables françaises, sans oublier, bien sûr, l’emploi français qui va arroser tous nos pôles côtiers de la Manche et de l’Atlantique. « 10 000 emplois créés », a affirmé la ministre, madame Royal, une spécialiste de l’emploi « vert ».


Derrière la belle vitrine, des questions en suspens


Tout… ou presque : pas possible en effet de savoir combien vont nous rapporter toutes ces merveilles. Sur plusieurs dizaines d’articles, un seul abordait bien allusivement la question. Et pour cause : cette frénésie verte et française va, quand elle sera toute en activité, nous coûter, à nous consommateurs, 1,5 milliards d’euros par an.


Ceci va se retrouver sur l’énigmatique ligne CSPE de nos factures d’électricité, fourre-tout opaque, largement exploité par les contempteurs des énergies renouvelables, toutes mises dans le même sac, et bien d’autres choses encore.

Les contrats conclus dans le cadre du fameux appel d’offres « éolien offshore » attribuent un surcoût de 160 €/MWh (Mégawatt-heure) à cette production (0,16 €/kWh - kilowatt-heure -), toujours Hors Taxe, sur un prix de base de 40 à 60 €/MWh, soit un prix de rachat final obligatoire entre 200 et 220 €/MWh HT.


Pour comparer, l’éolien terrestre aujourd’hui est à un prix de rachat contractuel moyen de 70 €/MWh HT, soit un poids actuel sur la CSPE de 10 à 30 €/MWh, et bientôt plus rien, vu la vitesse à laquelle les autorités révisent les prix du nucléaire.


2 % de production pour un surcoût de 5 %

Globalement, ces parcs vont produire environ 10 TWh/an (térawatt-heure), soit autour de 2 % de la consommation française, mais leur surcoût va alourdir la facture globale (part production) de plus de 5 % : 1,5 Mrd €/an. On comprend pourquoi les autorités sont discrètes sur le sujet… Ce qui fera une subvention annuelle de 150 000 € par emploi créé : on peut vivre, avec ça. On a à faire, répétons-le, à des spécialistes !


Pendant ce temps, tout est fait pour décourager l’éolien terrestre, pourtant lui aussi créateur d’emplois, sans doute pas assez bien payés pour tout ce beau monde. Et pourtant, le potentiel inexploité reste immense sur terre, pourvu qu’on ne s’emploie pas à ériger sans cesse des barrières comme s’il en pleuvait, et que l’on favorise l’investissement participatif local, qui implique la population et lui donne un intérêt économique.


Silence radio dans les médias


Un autre aspect « étrange » de toute cette affaire est de savoir comment cela a pu échapper à tous ces fins limiers de la presse dite grande ? Bien sûr, nous n’imaginerons même pas qu’on ait pu les détourner de telles curiosités, ni que les rédactions aient pu se convaincre qu’il valait mieux s’abstenir d’en parler. Pourtant, aucun des médias que nous avons pu consulter suite à cette récente et tonitruante attribution n’a touché à cet aspect des choses qui, vous en conviendrez avec moi, mérite quelque attention.

 


Sauf une phrase dans un article en ligne du quotidien Les Échos, le 7 mai, qui se garde bien d’indiquer la dimension macroéconomique de ces prix pharaoniques.


Sans doute la CRE (Commission de régulation de l’énergie), maître d’œuvre de cet appel d’offres, n’a-t-elle pas encore eu le temps de donner les informations consolidées, comme elle l’avait fait plus promptement en 2012, sans beaucoup plus d’écho dans les médias.


Mais on retrouvait l’essentiel, dans une phrase de la délibération publiée au Journal Officiel du 28 avril 2012, et on avait alors pu lire par ailleurs que le parc du Tréport, infructueux en 2012 et attribué cette année, ne l’avait pas été alors parce que le candidat (GDF-Suez associé à Areva) avait poussé le bouchon un peu loin : il réclamait plus de 220 €/MWh. Il a fini par avoir le contrat ; à quelles conditions ?


 

L’histoire est loin d’être finie, comme pour les centrales nucléaires EPR où se retrouve déjà tout ce beau monde : il va falloir installer, et que tout ça tourne pendant vingt à trente ans. C’est sans doute une chance que la division énergie d’Alstom soit en voie de rachat par un grand de l’éolien (General Electric ou Siemens) qui apporteront toute leur expérience et leur technologie, comme ils ne s’en sont cachés ni l’un ni l’autre.


Mais on peut avoir bien des craintes pour Areva, qui a déjà connu, il y a quinze ans une cuisante expérience d’éolien « 100 % français », avec Jeumont Industrie (une centaine d’éoliennes de 750 kW, dont au moins quatre ont brûlé et les autres sont dans des états incertains). Expérience abandonnée, probablement sans capitalisation sur les erreurs.

Mais soyons sûrs que, comme pour les EPR, les consommateurs (nous) et les actionnaires (encore nous, à travers une armée de hauts fonctionnaires « très compétents », bien sûr) sauront être mis à contribution forcée autant que nécessaire. Que ne ferait-on pas pour « sauver » de l’emploi, par les temps qui courent ?

 

Marc Théry jeudi 5 juin 2014


 

Marc Théry anime le blog Territoires énergéthiques.

  

Lire aussi : DOSSIER : L’éolien est-il écologique ?

 

http://www.reporterre.net/spip.php?article5951

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 13:38

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En Bretagne, la société TransOceanic Wind Transport expérimente le transport à la voile des marchandises. 

 

C’est à bord du  « Notre Dame De Rumengol », le plus gros bateau de charge traditionnel en activité de France, que TOWT – Transport à la voile s’apprête à effectuer à nouveau un transport autour de la Bretagne du 19 juin au 13 juillet 2014.


En fonction d’un cahier des charges précis, quelque 700 milles (soit 1 126 km) seront parcourus, en une quinzaine d’escales, pour livrer cent-cinquante références de produits locaux bretons à des partenaires distributeurs, de la Vendée au Trégor. Les derniers kilomètres des livraisons seront effectués avec un utilitaire électrique.


Brest, Camaret, Audierne, Concarneau, Lorient, Belle-Île, Yeu, Pornic, Noirmoutier, Nantes, le Crouesty, Lorient, Concarneau, Roscoff, Morlaix, l’Aber Wrac’h, Camaret, Brest, Plougastel et Landerneau, autant d’escales où seront chargées et livrées plus d’une vingtaine de tonnes de produits tels que des vins, du sel, des produits de la ferme, des conserves de légumes, de poissons, de fruits de mer, ou de porc, des cidres, du safran, du miel, des tisanes, des confitures, des algues, des bières, des pâtes ou des pommes de terre.


Il sera possible d’embarquer dans cette « expérience bretonne », pour une ou plusieurs escales, pour vivre, en compagnie du capitaine et de son équipage, entre chargements et déchargements, des moments de navigation exceptionnels.


Ce transport en cabotage permettra de réduire l’impact carbone d’une bouteille livrée dans le Finistère par cinq environ. L’ensemble de la navigation, en fonction des commandes et des conditions météorologiques, devrait permettre d’économiser en tout une à deux tonnes d’émissions de CO2.


Tous les produits livrés seront labellisés « Transporté à la voile – dans le respect de l’environnement », labels qui comporteront un code-suivi qui contiendra l’ensemble des informations afférentes au transport, afin que le consommateur final puisse s’informer sur la logistique du transport organisé par TOWT.


TOWT, la propulsion vélique pour le futur

L’objectif de TOWT – Transport à la voile est de multiplier les transports de marchandises à la voile en anticipant la transition énergétique, de prouver leur viabilité et de développer un label de transport maritime propre, afin de permettre la construction de cargos modernes à voiles à court terme. Transportant du temps de son activité de gabare : bois, oignons, fraises, sel et vin, Notre Dame de Rumengol, ce travailleur de la mer, est un témoin de sa mission première au 21e siècle.

 


Propriété de l’association An Test, le bateau transmet une culture, un patrimoine. Une souscription spéciale, pour la restauration du bateau est lancée auprès du grand public et des entreprises.


Enerzine mardi 3 juin 2014

 

Source : Enerzine

 

Lire aussi : En Bretagne, on transporte les marchandises en voilier

 

http://www.reporterre.net/spip.php?article5950

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 15:52

caps

Quelles fondations ? Quelles machines ?

 

A quel prix de rachat de l’électricité ? Le projet d’une centrale éolienne dans la baie de Saint-Brieuc, en Bretagne, est rempli d’incertitudes et d’approximations. Les associations dénoncent un projet destructeur et les nombreuses irrégularités qui l’accompagnent.

 

Les articles récents du Télégramme (24 mai) et de Ouest-France (21 mai, 23 mai et 24 mai) viennent hélas confirmer ce que Gardez les Caps dit depuis maintenant trois ans.


Incertitudes et irrégularités


- Après deux ans d’études, le maître d’ouvrage du projet éolien en baie de Saint-Brieuc déclare ne toujours pas savoir quelles fondations choisir ! Après avoir annoncé des fondations « jackets » (treillis métallique), il parle désormais de fondations gravitaires, soit une emprise de béton sur les fonds marins de sept-cents m2 par éolienne (quinze fois plus large que prévu), au total des millions de tonnes de béton pour le bétonnage d’au moins 43 400 m2 de la baie de Saint-Brieuc.


Cet élément technique change dramatiquement la donne pour la préservation de l’écosystème de la baie, et pour les pêcheurs qui se sont prononcés sur des fondations « jackets ». C’était aussi la position du Conseil général des Côtes-d’Armor : Le Télégramme du 6 novembre 2013, et l’intervention du représentant du Conseil général lors de la réunion du suivi éolien à Saint-Brieuc le 28 février 2013.


- Les éoliennes changent de nature : elles seraient désormais des machines de huit MW, d’une hauteur d’environ deux-cent vingt mètres, avec des pales de quatre-vingt-dix mètres de long ! Rappelons que l’appel d’offres retenu par le Ministère de l’Environnement est sur la base de machines de cinq MW pour une hauteur de cent-soixante-quinze mètres.


- Nous ne savons toujours pas quel sera le prix de rachat de l’électricité par EDF, ni quelles sont les caractéristiques techniques retenues pour le choix de l’exploitant, alors que c’est une obligation légale !

Tout le Débat public s’est déroulé sans connaître ces données. A la suite du recours contentieux de Gardez les Caps, en dépit de l’avis de la Commission d’accès aux documents administratifs, aucun élément n’a été fourni. Nous avons déposé une demande d’injonction auprès du Tribunal Administratif de Paris en novembre 2012. Toujours aucune réponse alors que la Cour des comptes a épinglé le choix du lauréat pour irrégularité (Rapport de la Cour des comptes de juillet 2013).


Mais à qui profite ce projet ?


Les emplois locaux annoncés sont sous réserve. Et pour cause, on ne sait toujours pas ce qui va être implanté, comment, et à quel prix ? Dans quelle démocratie vivons-nous ?  Une Cour des comptes qui dénonce des irrégularités que personne ne prend en considération. Un Ministère qui refuse de transmettre des dossiers en toute illégalité. Des appels d’offres à géométrie variable sans contrôle des services de l’Etat. Du sponsoring qui achète … Et des politiques qui se taisent .

 

Que disent nos élus ? Rien ! Connaissent-ils vraiment le dossier ?

 

Une courte enquête réalisée avant les municipales, montre qu’ils sont globalement peu, ou mal informés.

Un citoyen peut-il accepter ces disfonctionnements ? Non ! Un lobbying bien rôdé et abondamment financé profite de la complexité technique du secteur de l’énergie pour fabriquer le consentement de l’opinion publique. Réagissons, inscrivons la baie de Saint-Brieuc dans une logique de développement cohérent, donc durable.

N’acceptons pas l’implantation d’une usine électrique qui produira une énergie subventionnée onéreuse, inefficace et polluante, dont les risques n’ont pas été évalués.


N’acceptons pas un projet qui remet en cause l’économie littorale des Côtes d’Armor.

 

Gardez les Caps samedi 31 mai 2014

 

 Gardez les Caps

 

http://www.reporterre.net/spip.php?article5933

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 09:55

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Le champ éolien offshore briochin sera déployé sur 77 km², quels que soient la taille et le nombre de machines.


Ailes Marines, consortium choisi par l'État pour construire et exploiter le champ éolien offshore de la baie de Saint-Brieuc, étudie la possibilité de changer le type de fondation qui soutiendra les mâts des éoliennes. La nouvelle a fait l'effet d'une bombe dans le monde de la pêche, qui est aussitôt monté au créneau.


Le consortium Ailes Marines ne s'est pas fait que des amis cette semaine. Mardi, le porteur du projet de champ éolien offshore de Saint-Brieuc a en effet annoncé qu'à la suite des études géotechniques menées sur le sous-sol de la baie, il étudiait la possibilité de changer le type de fondation qui soutiendra les mâts des éoliennes. Jusque-là privilégiée, la solution « jacket » (un treillis métallique fixé au sol par des pieux) est désormais en concurrence avec le « gravitaire », d'énormes blocs de béton flottants, semi-flottants ou posés au fond de l'eau. Cette nouvelle a tôt fait de mettre le monde de la pêche vent debout.

« On se sent trahis »

« Que les choses soient bien claires : nous ne voulons pas de gravitaire ; c'est hors de question », a martelé Alain Coudray, président du comité départemental des pêches des Côtes-d'Armor, hier après-midi. À ses côtés, Pascal Lecler, son homologue brétillien, était tout aussi ferme. « On se sent trahis. On a travaillé pour rien pendant cinq ans. Depuis le début, on dit que c'est le jacket ou rien. Et on nous annonce, à un mois de la date butoir, que l'accord de départ ne tient plus. Ce n'est pas sérieux ».


Pour les deux hommes, remontés comme des pendules, la solution gravitaire serait catastrophique en termes d'écologie. « La surface à préparer serait de 330.000 m² pour les 100 éoliennes prévues, soit la superficie de 66 terrains de foot ! Ce serait la mort de notre métier. Avec le jacket, l'impact sur la faune et la destruction des habitats serait 25 fois moins important. C'est pourquoi nous avons toujours milité pour cette solution et soutenu le projet Ailes Marines ».

Risque de recours

Alain Coudray, qui menace déjà de cesser toute collaboration avec Ailes Marines, précise par ailleurs, à toutes fins utiles, que la modification de son projet exposerait le consortium à des recours judiciaires. « Pourquoi ? Parce que si le jacket est abandonné, il ne répondra tout simplement plus au cahier des charges du dossier qui lui a permis de remporter l'appel d'offres ». Bien décidés à faire valoir leur point de vue, les représentants du monde de la pêche exigent une réunion de crise rapide avec le président d'Ailes Marines, Jonathan Cole. Et ont également demandé à être reçus par les préfets des départements bretons, le préfet de Région, ainsi que Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, qui décidera in fine.

Vers moins de machines ?

De son côté, Emmanuel Rollin, directeur d'Ailes Marines, se veut rassurant. Même si, il en convient, il y a un point de désaccord important avec les pêcheurs en ce moment. « Le succès d'un tel projet repose sur un équilibre entre les solutions techniques, le planning et la rentabilité. Or, la nature des sols ne nous permet pas de respecter le planning prévu avec des fondations jacket. Nous étudions donc toutes les possibilités pour régler le problème et retrouver cet équilibre. Dont la solution gravitaire. Ceci dit, le choix n'est pas encore arrêté. Et nous voulons continuer à travailler sereinement avec le monde de la pêche ».


Jacket ? Gravitaire ? Le verdict tombera début juillet. « Si la seconde solution était choisie, cela nécessiterait bien sûr l'aval du ministère de l'Écologie car ce serait une déviation par rapport au projet initial, éclaire Emmanuel Rollin. Ce sera la même chose si nous décidons, comme nous y songeons, d'implanter des éoliennes de 8 MW au lieu de machines de 5 MW. » Ce qui aurait le mérite de faire baisser le nombre d'éoliennes de 100 à 62 pour atteindre la puissance totale recherchée de 500 MW. La solution jacket reprendrait alors la corde. De quoi calmer, peut-être, alors, les esprits. 24 mai 2014 à 08h10 / Gwendal Hameury

 

http://www.letelegramme.fr/cotesarmor/eolien-en-mer-la-tension-monte-chez-les-pecheurs-24-05-2014-10180329.php

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 09:04

faisabilite-barrage-maremoteur-sur-severn-L-1.jpeg La future usine anglaise sur la severn

Le projet de construction d'une usine marémotrice en Grande- Bretagne a relancé le débat sur l'impact écologique du barrage de la Rance (ci-contre), près de Saint-Malo (35). Un impact sous-évalué selon des organisations de protection de l'environnement. Ce qu'EDF réfute.

Une usine similaire à celle de la Rance, mais 25 fois plus puissante, est en projet sur la Severn, dans le sud-ouest de la Grande-Bretagne. D'une longueur de 18 km et avec 1.026 turbines, l'usine devrait produire 5 % de la consommation électrique du Royaume-Uni. En comparaison, l'usine bretonne barre le fleuve côtier La Rance sur 750 m avec ses 24 turbines immergées et fournit 500.000 MW/h, soit l'équivalent de la consommation d'une ville de 240.000 habitants. « L'usine de la Rance est le seul exemple en Europe. Elle représente un vrai retour d'expérience pour juger de l'impact environnemental d'un barrage sur un estuaire », explique Jonathan White, président du Severn Rivers Trust (SRT), une organisation écologiste locale.

Sédimentation

L'homme a fait ses recherches et, selon lui, « il y a un impact extraordinaire en termes de sédimentation ». Des conclusions qui poussent plusieurs groupes environnementaux à plaider pour l'abandon du projet de la Severn. Et semer le doute chez les membres de la commission parlementaire britannique sur l'Energie et le Climat qui attend plus de détails pour valider le projet sur la Severn. « L'estuaire de la Rance ne présente pas une sédimentation plus importante que d'autres estuaires voisins. Son écosystème est riche et a retrouvé un équilibre », indique, de son côté, EDF. Pourtant, certains dénoncent depuis longtemps ses effets environnementaux. Parmi ceux-ci, Henri Thébault, d'Estuaire Rance, un organisme rassemblant des associations environnementales bretonnes, relève « la disparition de plusieurs milliers d'hectares de pré-salés, avec leur éco-système, remplacés par une végétation terrestre, comme des chênes ». Il note aussi le développement de l'envasement, avec d'importants dépôts de sédiments qui ne sont plus évacués quotidiennement. Ce qui remet en cause la navigabilité de l'estuaire, notamment entre Dinan et la mer.

Les Britanniques se donnent du temps

Le barrage a été construit dans les années 1960. L'environnement n'était alors pas une préoccupation majeure. La convention de concession entre EDF et l'État, propriétaire du domaine maritime, a été signée en 1966, pour 75 ans. « Techniquement, EDF pouvait éviter ces effets négatifs. Mais ça lui aurait coûté de l'argent. Et comme la convention ne l'y contraignait pas, elle ne l'a pas fait », assure Henri Thébault. Estuaire Rance ne remet pas en cause le fonctionnement de l'usine. Avec les pouvoirs publics et les collectivités, l'organisme recherche surtout un « compromis entre le fonctionnement de l'usine et la protection de l'environnement ». Le gouvernement britannique doit, lui, se prononcer dans les prochaines semaines sur le projet de la Severn. 30 juillet 2013 

 

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/cotesarmor/barrage-de-la-rance-son-impact-ecologique-sous-evalue-30-07-2013-2187623.php

 

Pour Info: http://www.paperblog.fr/812299/la-faisabilite-du-barrage-maremoteur-sur-la-severn/

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 09:27

 

La mise en service du parc hydrolien démonstrateur de Paimpol-Bréhat devrait intervenir l’an prochain.

1- La France, pionnière, est très bien placée

Le potentiel est colossal. Deux à quatre pays comme la France pourraient être aisément alimentés en électricité par l’énergie des mers, selon le Conseil mondial de l’énergie. L’Hexagone est d’ailleurs concerné au premier chef par ce type d’énergie alternative, à la fois propre, disponible indéfiniment et permettant de se libérer des énergies fossiles. Avec ses trois façades maritimes et ses territoires d’outre-mer, notre pays possède le second potentiel d’Europe. Reste à développer les technologies nécessaires. Très tôt, la France s’est placée sur le créneau des énergies marines avec l’usine marémotrice de la Rance, en Bretagne, inaugurée en 1967. Ingénieuse, l’installation, qui barre cette rivière sur une longueur de 750 m, récupère l’énergie des marées montantes et descendantes au moyen de turbines, pour une puissance électrique de 240 mégawatts (MW).


De quoi couvrir la consommation d’une ville comme Rennes. Mais peu de sites dans le monde sont favorables à l’implantation de telles usines, prévient l’IFP Énergies nouvelles dans sa note annuelle sur les énergies marines. La plus prometteuse et mature des méthodes de production d’électricité à partir de l’énergie « en mer » reste l’éolien offshore, mais il n’exploite pas la puissance de l’eau. Les éoliennes qu’on trouve au large ressemblent à s’y méprendre à celles posées sur la terre ferme. À ceci près que leur puissance atteint le double. Installées à quelques kilomètres de distance en mer, elles présentent l’avantage d’être plus facilement adoptées par les populations. Quatre fermes de production électrique à partir d’éoliennes devraient voir le jour en France vers 2018-2020, d’une puissance totale de 2.000 MW. Soit un peu moins que les 2.100 MW déjà installés au Royaume-Uni, leader mondial des énergies marines.

2- Des hydroliennes posées au fond des océans

À l’avenir, il faudra compter avec les soeurs sous-marines de ces éoliennes : les hydroliennes. Posés au fond des océans, ces appareils récupéreront l’énergie des courants pour produire de l’électricité. Certains bureaux d’études imaginent des hélices hautes de plus de 10 m. D’autres, de gigantesques panneaux horizontaux qui oscilleraient dans le courant comme la queue d’un dauphin. D’autres encore, des turbines où l’eau circulerait dans un conduit conique fonctionnant à la manière d’un entonnoir.


Les plus grands énergéticiens français se sont placés sur ce créneau. Ainsi EDF, qui a expérimenté une hydrolienne de 850 t à Paimpol- Bréhat, dans les Côtes-d’Armor. Ou Alstom, en Écosse, avec un impressionnant rotor de 18 m de diamètre. "Compte tenu des investissements nécessaires, le soutien de l’État est indispensable pour développer cette technologie dans des fermes de production de manière industrielle", estime Philippe Gilson, président de la commission énergies marines du Syndicat des énergies renouvelables.

3- Les promesses de la houle qui monte, qui descend

Plus loin dans le temps, les scientifiques comptent sur l’énergie de la houle, c’est-à-dire des mouvements montants et descendants de la mer en surface. Pour la récupérer, une multitude de concepts ont fleuri. Comme la britannique Pelamis, une chenille articulée longue de 120 m qui, flottant sur l’eau, se tord dans les vagues en actionnant des vérins. Ou Wavestar, une plate-forme danoise de 1.800 t posée sur pilotis d’où sortent des bras articulés terminés par des flotteurs que la houle fait monter et descendre. Mais le milieu marin, très corrosif et soumis aux tempêtes, met ce type de dispositifs à rude épreuve. Jusqu’ici, les tentatives pour déployer de véritables fermes, et même de simples prototypes, n’ont pas été couronnées de succès.


Certaines zones du globe pourraient par ailleurs commencer à profiter de l’énergie thermique des mers d’ici à une décennie. L’idée consiste à pomper de l’eau chaude en surface et froide en profondeur, à quelque 1.000 m sous la surface, pour produire de la vapeur dans une chambre sous vide, vapeur qui entraîne une turbine pour produire de l’électricité. Comme elle est débarrassée de son sel, l’eau vaporisée peut être employée ensuite pour la con- sommation humaine. Une solution astucieuse pour les régions insulaires. L’entreprise française DCNS, expert naval, expérimente actuellement un prototype de centrale sur ce modèle à La Réunion. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a lancé un appel d’offres pour développer des démonstrateurs destinés à exploiter l’énergie de la houle. Elle devrait également annoncer le financement de l’installation d’hydroliennes. Mais par ces temps de crise, l’État peine à consentir les investissements financiers nécessaires au développement des énergies marines.

http://www.lejdd.fr/Societe/Sciences/Actualite/L-inepuisable-energie-de-la-mer-613981

 


  Le Journal du Dimanche lundi 17 juin 2013  Paul de Brem

 


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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 12:00

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Le ministre de l'Industrie a donné sa réponse à la suite du gigantesque appel d'offres pour les grands champs d'éoliennes au large de la Normandie et de la Bretagne : il y aurait 500 à 600 machines pour un total de dix milliards d'euros d'investissements.


C'est l'association EDF-Alstom qui remporte la majorité des offres, et en second lieu le partenariat Iberdrola-Areva. Ainsi ce sont les entreprises phares dans le nucléaire qui seront les premières dans les éoliennes, manière sans doute d'imposer silence aux écologistes.

 

On pourrait se réjouir que des milliers d'emplois industriels soient créés pour construire les éoliennes et que la Bretagne notamment, péninsule dépourvue de production électrique, soit alimentée par de l'énergie propre et « verte ». À ceci près qu'il s'agit en même temps d'une gigantesque arnaque.

 

Le coût d'installation des éoliennes, pour une production totale équivalante à celle de deux centrales nucléaire EPR, est tout aussi cher. Mais le système sera beaucoup plus onéreux à faire fonctionner.*

 

De plus, pour récupérer leurs investissements, les trusts ont la garantie de vendre à EDF le courant électrique produit à des tarifs de faveur, très supérieurs au prix de base.

 

EDF répercutera ensuite ces dépenses sur les factures que devront payer les millions d'usagers. C'est déjà le cas actuellement avec l'éolien et le solaire, ce le sera encore plus demain.

 

Les Bretons pourront au moins se consoler en ayant de l'électricité « locale », sauf les jours sans vent (plus de la moitié du temps) où ils n'auront pas un kilowatt supplémentaire et se verront peut-être à nouveau menacés de coupures.

 

André VICTOR

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2280&id=33

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 08:02

tudi5

 

24 février 2012 - 

 

Le troisième consortium en lice pour l'appel d'offres du champ d'éoliennes en baie de Saint-Brieuc révèle à son tour son projet. Olivier Geydan (Siemens France) et Henri Ducré (GDF-Suez) en dressent les grandes lignes.

 

Tous nos articles sur l'éolien offshore

83 éoliennes de 6MW=500MW.
Soit l'équivalent d'un réacteur de centrale nucléaire pouvant alimenter 500.000foyers. Ces éoliennes seront implantées sur 64km², soit le tiers de la surface délimitée dans l'appel d'offres. «Mais la localisation reste à préciser, en concertation avec les autres utilisateurs de la mer, notamment les marins-pêcheurs, si nous sommes retenus».

Plus de cent emplois locaux.
Si la phase de construction et d'installation des éoliennes, qui durera quatre ans - à partir de 2015 - doit générer la création de plus de 500 emplois directs, l'exploitation et la maintenance des installations devraient donner lieu à plus d'une centaine d'emplois locaux pendant vingt ans au minimum.

Saint-Quay, Erquy, Brest et Saint-Malo pressentis.
Les deux premiers ports ont les faveurs du consortium pour les activités de maintenance et de réparation. Brest est sur les rangs pour accueillir la construction et l'assemblage des machines. Enfin, Saint-Malo ne serait pas à écarter pour l'accueil d'une base pour l'installation des câbles en mer.

Le poids, c'est l'ennemi.
La particularité de ce projet est d'utiliser des éoliennes «légères»-360tonnes pour la nacelle tout de même. «Cela facilite le transport et la manutention mais, surtout, cela impose moins de contraintes sur les fondations. Ce qui est important,au vu de la profondeur des assises ».

Plus d'un milliard d'euros d'investissements.
Ils seront amortis sur vingt ans grâce aux prix du courant garantis par L'État. «Ces investissements s'intègrent dans le projet de territoire dans lequel nous souhaitons nous inscrire. Ce qui concerne d'autres projets (hydroliennes) mais aussi la maîtrise de la consommation d'énergie ou, encore, le développement de la filière pêche ou du tourisme».

Le consortium.
GDF-Suez (premier producteur éolien en France, 1.000MW); Siemens (leader mondial de l'éolien depuis 90 ans, la moitié des éoliennes de la planète), Vinci (spécialiste des fondations en milieu marin) et la Caisse des dépôts et consignations.

  • Hervé Queillé

http://www.letelegramme.com/ig/generales/economie/eolien-offshore-en-baie-de-saint-brieuc-gdf-suez-rend-sa-copie-24-02-2012-1610985.php

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