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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 15:54

 

Dernier parc national en date, les calanques marseillaises sont connues pour leurs criques incomparables.

 

Mais les rejets d’eaux usées de la métropole voisine ou ceux de lourds déchets industriels en pleine mer restent le gros point noir de ce site exceptionnel. Au sommet du col de Sormiou, au cœur du parc national des Calanques créé en 2012, le contraste est saisissant. Dans le dos, au loin : Marseille, imposante. Volte-face : en contrebas se niche l’ancien petit village de pêcheurs de Sormiou et ses fameux cabanons. L’entoure une calanque homonyme, éblouissante, eau turquoise. Ambiance carte postale.

 


La face cachée de la carte postale


Pourtant, ce cadre exceptionnel (unique parc national périurbain français) dissimule une face cachée. Depuis des décennies, les calanques, qui s’étendent de Marseille à Cassis, subissent les assauts réguliers de la pollution humaine. Au début du XXe siècle déjà, de nombreuses industries polluantes s’installent à l’extrémité sud de Marseille et y laisseront d’importants stigmates. Aujourd’hui, les effluents de Marseille ainsi que ceux de seize autres communes (l’équivalent d’un million d’habitants), préalablement traités par une station d’épuration (STEP), sont rejetés en pleine mer dans la calanque de Cortiou. A peine à deux kilomètres à vol d’oiseau de Sormiou. S’ajoute à ces 200 000 m3 d’eaux douces rejetées tous les jours, le débit de l’Huveaune, une rivière qui prend sa source à cinquante kilomètres de là. Résultat, presque plus aucune espèce et la disparition des herbiers de posidonie (1). Un appel à projet pour « la restauration de la cuvette de Cortiou » a été lancé par le parc. Mais de l’aveu même de son président, François Bland, il se pourrait qu’aucune proposition ne soit finalement retenue. Trop cher.

Eaux usées directement dans la mer


Si la STEP respecte les normes européennes, une spécificité marseillaise vient ternir le tableau : lors de gros épiso- des pluvieux, environ trente jours par an, le réseau d’assainissement n’est plus capable de tout absorber. Si bien qu’ une partie des eaux usées est rejetée directement en mer : « Par temps de pluie, nous avons constaté la présence d’un panache de bactéries fécales sur environ 2,5 kilomètres », dit Marc Valmassoni chargé de mission à Marseille pour l’association de protection de la mer Surfrider.


Henry Augier, sommité scientifique dans la question de la pollution marine désormais à la retraite et président d’hon- neur de l’association Union calanques littoral, juge ces rejets, par tous temps, scandaleux : « Certes la station d’épu- ration respecte les normes mais elle reste en retard sur les technologies d’aujourd’hui. Les matières en suspension sont éliminées mais pas les détergents, les métaux lourds, ni les pesticides… »


Un plan de réduction de la pollution fastidieux à mettre en place


Il estime possible d’approcher le zéro rejet polluant en s’inspirant de stations d’épuration comme celles de Cannes ou de Barcelone. Mais ce n’est pas la priorité de Marseille Provence Métropole, la communauté urbaine en charge de l’as- sainissement, qui par le biais d’un « contrat d’agglomération » d’un montant de 180 millions va mettre le paquet sur la construction de bassins de rétention.

Avec l’objectif de limiter la pollution de plages lors des épisodes orageux : celle de l’Huveaune, où s’écoule de l’eau polluée lorsque la rivière retrouve son lit naturel, est menacée de fermeture par une directive européenne en 2015. Un contrat de rivière impliquant dix-sept communes est également en route avec l’objectif d’améliorer les équipements actuels et de contraindre, contre rétribution financière, les industries à devenir plus vertueuses. Plus largement, un contrat de baie qui englobe toute la rade marseillaise est au programme, mais sa mise en place est longue du fait du grand nombre d’acteurs concernés.

 


Les "boues rouges", l’autre scandale


Autre scandale environnemental, le rejet de « boues rouges » en pleine zone de parc, à trois cents mètres de pro- fondeur, dans la fosse de Cassidaigne, au large de Cassis, et qu’on retrouve jusqu’au large de Toulon ! Ex- Pechiney,  l’usine d’alumine Alteo de Gardanne se débarrasse grâce à un tuyau long de 47 kilomètres de ces « déchets solides », bourrés de fer, de zinc, d’arsenic, de plomb etc. En 2013, 180 000 tonnes de ces boues rouges ont été rejetées dans le parc. Et vingt millions de tonnes depuis 1966… « Les boues rouges, c’est ce qui nous a tués, affirme Marc Gasteaud, président de la prud’homie des pêcheurs et membre du conseil d’administration (CA) du parc des Calanques. Officiellement, ces boues rouges ne sont pas toxiques, mais elles étouffent clairement les espèces et recouvrent les fonds marins. »

Ces rejets doivent stopper sur demande de l’Etat au 31 décembre 2015. Alteo a déposé en préfecture un projet, en cours d’évaluation, qui prévoit l’arrêt des déchets solides. Mais resteront des rejets liquides dont on ne sait encore ce qu’ils contiendront… « Le parc des calanques est associé dans la procédure et une éventuelle autorisation préfectorale est soumise à l’avis conforme du CA, explique François Bland, le directeur du parc. Plus de boues rouges, c’est tout de même une avancée qualitative mais effectivement, il y aura toujours un rejet et nous ne pouvons pas nous en satisfaire pleinement. »


Un parc national pollué, à quoi bon ?


Retour à Sormiou. Au-dessus du petit port de pêche, Cathy prend le soleil en short et haut de maillot de bain. A 56 ans, et autant d’étés passés dans son cabanon, elle a vu les choses changer : « Je me souviens, gamine, quand les her- biers me chatouillaient le ventre… Il n’y en a plus aujourd’hui. Tout comme les arapèdes. Même si les choses se sont un peu améliorées, ça se voit quand l’eau est polluée, elle est trouble, trop chaude. Le parc ? Très bien, pourquoi pas, mais  il faut savoir ce qu’on veut. Un parc propre ? Alors qu’ils fassent leur travail ! Parce qu’on nous a interdit plein de choses, même plus le droit de faire une sardinade sur le port ! »


L’éternel débat. Fallait-il créer un parc naturel sans éradiquer les sources de pollution au préalable ? Le scientifique Henry Augier ne « comprend pas comment les autorités ont pu laisser faire cela. J’ai toujours été un ardent défenseur de la création du parc, mais dans de bonnes conditions ! Là, il renvoie vraiment une image criarde », s’énerve-t-il du haut de ses 82 ans.


Joseph Russo est le président de l’association des Amis de la rade et des Calanques. Créée en 2010 en réaction au manque de concertation depuis la création du groupement d’intérêt public (GIP) du parc en 1999, elle revendique environ mille membres. Pour lui, « il est clair qu’il fallait dépolluer avant de créer le parc. On nettoie avant de s’installer quelque part ».

Un levier de lutte ?


Pour d’autres, comme Didier Réault ou François Bland, le parc est un levier, un moyen de pression afin de lutter contre la pollution et aurait même été créé pour cela. « Il doit également être un acteur de la connaissance autour de cette problématique avec un accès libre aux données pour mieux comprendre d’où la pollution vient et comment la com- battre », affirme le président du parc. Leurs détracteurs se demandent pourquoi rien ne s’est passé en deux ans d’existence. « La structure est administrativement jeune et en plein recrutement », leur répond-on. Mais François Bland est d’accord avec eux : « Tout reste à faire ! »

 

Clément Chassot (Reporterre)

mercredi 23 juillet 2014


 

Note

1 - La posidonie est une plante aquatique menacée, qu’on peut qualifier de « poumon de la Méditerranée » et joue un rôle fondamental pour la survie de l’écosystème marin.

Pour aller plus loin, visionnez le très bon documentaire de Véronique Simonet sur la pollution dans les Calanques : Calanques, une histoire empoisonnée 

 

Lire aussi : L’aéroport Paris-Charles de Gaulle pollue l’eau que boivent les Franciliens


Cet entretien a été réalisé par un journaliste professionnel et a entrainé des frais. Merci de soutenir Reporterre :

 

http://www.reporterre.net/spip.php?article6123

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 09:39

 

torche.jpg

Le lieu projeté pour cette usine de méthanisation est en milieu de zone humide, sur des terres sableuses, où coule un ruisseau se déversant sur la plage de la Torche, en Baie d'Audierne, site Natura 2000, apprécié pour ses paysages exceptionnels, ses richesses ornithologiques et floristiques, et reconnu comme spot de surf international. 

Nous ne sommes pas opposés à la méthanisation, technique qui permet de valoriser les déchets en produisant du biogaz et de l'électricité, tout en participant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.


 Mais nous contestons fortement le lieu d'implantation choisi : cette usine porterait atteinte à la santé publique, elle constitue une menace pour les eaux de surface et souterraines, la terre, l'air et la mer. Elle enlaidirait le paysage, sans compter  les nuisances olfactives et sonores, l'insécurité routière sur des routes étroites, les dégradations importantes de la voirie etla perte de valeurs patrimoniales.


L'environnement de la Torche souffre déjà de la présence des deux usines de traitement des déchets de Lezinadou (ordures ménagères et boues de stations d'épuration), et des épandages de pesticides provenant de la bulbiculture et du maraîchage industriels. Cette usine est une usine de trop !


Tourisme ou pollution majeure il faudra choisir !


 Collectif La Torche en danger


 Latorcheendanger@gmail.com

 

La demande de permis de construire a été enregistrée le 11 mars 2014 par la Mairie de Plomeur, PC-0291711400005 et concerne un terrain de 87 725 m2 au lieu-dit Kerveret à La Torche, il faut donc agir au plus vite pour se faire entendre !


Préservons notre cadre de vie, nos emplois et notre VIE !


 Pour être rentable, une telle usine doit tourner en permanence et traiter toutes sortes de déchets à production gazeuse (déchets de fosses septiques, de boues de traitement, d'usines agroalimentaires et d'abattages et déchets verts sans oublier les lisiers divers et variés). Le but annoncé est de chauffer des serres agricoles, revendre de l'électricité à EDF et épandre le digestat produit (donc rejets azotés) dans les champs alentour.

 

 

PETITION A SIGNER SUR

 

http://www.petitions24.net/non_a_lusine_de_methanisation_a_la_torche

 


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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 11:12

peuple

 

mardi 22 avril à 20h50 (74 min)

  Rediffusion samedi 26.04 à 12h05

De Bombay à la Bretagne en passant par Dubaï, Tanger ou les Maldives, cette passionnante enquête en forme de thriller dévoile une urgence planétaire : la menace qui pèse sur le sable, ressource vitale dont le pillage s'accélère.

 

 

On le trouve dans le béton, qui alimente, au rythme de deux tonnes par an et par être humain, un boom immobilier ininterrompu. Mais aussi dans les puces électroniques, le papier, le plastique, les peintures, les détergents, les cosmétiques… Ce sable que nous aimons fouler du pied ou laisser filer entre nos doigts s’est glissé à notre insu dans tous les interstices de notre quotidien. L’industrie le consomme en quantités croissantes, plus encore que le pétrole. Peut-être parce que, contrairement à l’or noir, cette matière première perçue comme inépuisable est restée à ce jour pratiquement gratuite. Alors que le sable des déserts est impropre à la construction, les groupes du bâtiment ont longtemps exploité les rivières et les carrières. Puis ils se sont tournés vers la mer, provoquant ce qui est en train de devenir une véritable bombe écologique.


Car le sable joue un rôle essentiel dans la protection des côtes et l’équilibre des écosystèmes marins. Les consé- quences de cette surexploitation apparaissent peu à peu au grand jour. Petit à petit, les appétits économiques ont grignoté au moins 75 % des plages du monde, et englouti des îles entières, en Indonésie et aux Maldives, tandis que Singapour ou Dubaï ne cessaient d’étendre leur territoire en important, parfois frauduleusement, du sable. Disparition des poissons, impact aggravé de l’érosion et des tempêtes, bords de mer devenus lunaires … : face aux timides régulations adoptées pour tenter de limiter le pillage, la « ruée vers le sable » s’est en réalité accélérée, sous l’égide de grandes entreprises multinationales et de mafias locales.


Marchands de sable Par le biais d’une investigation méticuleuse, Denis Delestrac parvient à montrer une réalité connue jusqu’ici des seuls spécialistes scientifiques et défenseurs de l’environnement, mais aussi des profes- sionnels des travaux publics – dont les explications accompagnent de saisissantes séquences tournées dans le monde entier. Ici, ce sont les "petites mains" des trafiquants de sable, qui prélèvent leur butin, au vu et au su de tous, sur les plages de Tanger ou en plongeant dans l’eau transparente des Maldives, tandis que des marchands de sable réunis en congrès spéculent sur les juteux profits qu’ils vont engranger, grâce à une ressource qui appartient à tous.

 

Là, c’est l’État de Floride, qui, à grand renfort de dragueuses offshore et de bulldozers, renfloue ses plages en voie de disparition, contribuant ainsi à déséquilibrer davantage l’écosystème maritime qui a fait sa renommée touristique.

 

De leur côté, les élus et la population des Côtes d’Armor, en Bretagne, se mobilisent contre un nouveau projet de dragage. Une exception. S’il n’est pas trop tard pour agir, plaident les chercheurs et les militants écologistes, l’opinion publique, dont le soutien est indispensable pour infléchir la tendance, reste largement inconsciente du phénomène.

 

http://www.arte.tv/guide/fr/046598-000/le-sable

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 09:21

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 15:34

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 11:22

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Le projet de port de plaisance de Treffiagat-Guilvinec devient un enjeu des municipales.

 

Face au déclin de la pêche, David Chevrier, maire sortant veut aménager un port de 800 places pour un montant de 25 millions d'€. Ce projet jugé trop coûteux et impactant l'environnement suscite le débat.  A Treffiagat, deux listes de gauche s'affrontent sur le dossier du projet de port de plaisance.

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Le  maire socialiste sortant, David Chevrier propose d'aménager un port de 800 places pour un montant de  25 millions d'euros. Face à lui, Jean-Christophe Le Cloarec, à la tête d'une liste gauche plurielle remet en cause le coût d'un tel projet. D'autres, comme le collectif du Steir pointe du doigt son impact sur l'environnement. Tandis que certains évoquent une cohabitation difficile entre l'activité de la pêche et les allées et venues des futurs plaisanciers


Concrètement, David Chevrier veut aménager la vasière pour créer, grâce a des pontons 500 places supplémentaires. Celles-ci pourraient s'ajouter aux 300 mouillages existants. Une passerelle mobile pietons-vélo serait également construite a la place du pont. Selon lui, cette situation pourrait créer de l'emploi.

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Par Emilie Colin Publié le 13/03/2014 | 11:50, mis à jour le 13/03/2014 | 11:50

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http://bretagne.france3.fr/2014/03/13/polemique-autour-du-projet-de-port-de-plaisance-de-treffiagat-29-432173.html

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 10:18

peuple

Où en est-on du projet d’extraction de sable ?

 

Au ministère du redressement productif qui doit trancher, on ne donne pas de réponses aux questions. À la Compagnie armoricaine de navigation (CAN), on indique n’avoir aucune information nouvelle sur la décision ou le calendrier du ministre Arnaud Montebourg. Au sein de l’association de Peuple des dunes du Trégor, on attend aussi, et on se réunit comme hier soir au Pôle Phoenix. Cette attente montre que la décision n’est pas simple à prendre.  Environnement vendredi 01 novembre 2013

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Baie-de-Lannion.-%C3%87a-devient-un-projet-d-extraction-de-reponse-et-non-plus-de-sable_40805-2244878------22113-aud_actu.Htm

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 11:59

injures

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Lundi, l'île de Groix (56) ne comptera plus que deux médecins en activité au lieu de quatre.


Les docteurs Pecouyoul et Peyridieu, deux jeunes médecins qui s'étaient installés il y a un mois, ont, en effet, décidé de plier bagages après que l'ARS leur a refusé l'autorisation de développer leur spécialité d'échographe sur l'île. Le nombre de consultations assez peu élevé explique également le choix des deux médecins.


Conséquence : l'île de Groix vient de passer en «zone sensible» au niveau de sa démographie médicale. Les deux médecins restant sur l'île - le maire et le docteur André Romieux - vont devoir se partager les gardes dès vendredi. Mais la situation risque d'empirer car le Dr Romieux prend sa retraite en mars prochain.

 

Le maire a alerté l'ARS de cette situation. L'Association des professionnels de santé de l'île de Groix (Apsig) compte désormais sur la relance du projet de santé (qualité de soins des personnes dépendantes, temps de formation, mise en oeuvre de réseaux avec le continent...) pour convaincre l'ARS de débloquer des fonds. Et convaincre ainsi des généralistes de s'installer sur l'île. Pour compléter l'offre de soin, il faudrait aussi trouver un successeur au docteur Faustine Saigot, partie en juin et qui était médecin coordonnateur de l'Ehpad.


L'île, qui compte 1.500 habitants au creux de l'hiver, connaît des pics de fréquentation à chaque vacances. Avec son lot de bobologie mais aussi d'interventions d'urgence. 30 octobre 2013 à 08h10 -

 

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/morbihan/ile-de-groix-situation-critique-apres-le-depart-de-deux-medecins-30-10-2013-2286027.php

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 11:35
peuple
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Dans l'attente d'une nouvelle rencontre avec Montebourg, Le Peuple des Dunes en Trégor maintient la pression médiatique (*) pour que le projet d'extraction de sable coquillier ne puisse aboutir. Le point avec Alain Bidal.

Le 27 août, votre collectif a rencontré Arnaud Montebourg. Au sortir de la réunion, le ministre vous avait donné rendez-vous un mois plus tard pour faire un nouveau point sur le dossier. Le délai est aujourd'hui dépassé...


Alain Bidal, président du Peuple des Dunes en Trégor.

Nous sommes actuellement dans l'attente. Nous sentons le ministre très embêté par le dossier. Fin août, nous devions recevoir des éléments complémentaires de la part de la Compagnie Armoricaine de navigation. Il était question d'une vingtaine de pièces. En lieu de quoi, nous avons reçu, vers le 5 septembre, cinq documents qui n'apportent rien au dossier. Il y avait un rapport d'Ifremer en date de 2011, une réponse de la CAN à l'avis réservé, une réponse de l'Ifremer à la réponse de la CAN... Bref, rien de nature à infléchir notre position. Lors de notre rencontre au ministère, Arnaud Montebourg avait insisté pour renouer le dialogue, via une réunion entre les pêcheurs, très hostiles au projet d'extraction, et la CAN. Celle-ci a eu lieu le 17 septembre à Saint-Quay-Portrieux. Mais elle n'a rien donné...

Le temps passe. Craignez-vous que le ministère, qui au début de l'été avait clairement laissé entendre qu'il serait favorable à l'exploitation, joue la carte de l'épuisement ?
Clairement non. Je pense plutôt que le dossier relève de la patate chaude. La preuve, c'est que le titre minier était en passe d'être accordé en avril 2012 (soit un mois avant la grande manifestation ayant réuni plusieurs milliers de personnes à Trébeurden, NDLR). On a appris que le dossier était à ce moment-là à la signature et que Nathalie Kosciusko-Morizet, alors ministre, a refusé de le parapher. Pourquoi ne l'a-t-elle pas fait ? Sans doute qu'à l'époque déjà, la forte mobilisation contre le projet ennuyait. Aujourd'hui, on est à six mois des élections municipales. On l'a rappelé au ministre en lui indiquant qu'un feu vert de sa part serait une décision fort mal comprise des élus trégorrois...

Cela signifie-t-il qu'il ne faut rien attendre d'ici mars 2014 ?
On n'en sait rien. Nous sommes dans une phase d'incertitude. On sait juste qu'Arnaud Montebourg va nous proposer une nouvelle réunion à Paris. Mais ce sera la dernière. Après, il tranchera. La réunion du 27 août avait été calée le 12 juillet. On sait qu'un agenda ministériel ne se prépare pas comme ça. Qu'il faut un peu de temps. Le délai d'un mois précédemment évoqué était un délai de convenance...

Quel est votre sentiment sur le verdict ?
Rien ne nous interdit de penser que le ministre n'est pas en ce moment en discussion avec la CAN afin de trouver un compromis. Je ne parle pas d'un compromis en baie de Lannion, que nous refuserions bien évidemment, mais plutôt d'un compromis pour que la CAN aille exploiter un gisement de sable ailleurs... En cas contraire, comme on l'a déjà dit, nous sommes prêts à nous pourvoir en Justice.

* Hier, le collectif a produit une tribune publiée dans le quotidien Le Monde. Propos recueillis par Arnaud Morvan

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 14:16

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Depuis 2005, les habitants de Rossport et des alentours, au Nord-Ouest de l’Irlande, se battent contre un projet controversé de gazoduc mené par Shell.

En 1996, un gisement de gaz prometteur est découvert par Enterprise Energy au large du comté Mayo, au Nord- Ouest de l’Irlande. La petite communauté du village de Rossport accueille la nouvelle avec optimisme : le gisement, baptisé « Corrib » pourrait apporter des emplois bienvenus dans cette région durement frappée par le chômage et l’émigration.

Et puis rapidement, la population déchante. On apprend d’abord qu’une raffinerie va être construite à 5 kilomètres à l’intérieur des terres, à quelques encablures du lac Carrowmore, la principale réserve d’eau potable du secteur. On apprend aussi qu’un gazoduc va relier le gisement au bâtiment, faisant circuler le gaz à une pression anormalement élevée d’environ 150 bars, contre 5 bars en moyenne sur un gazoduc domestique. En prime, le trajet prévu du pipeline est situé à une distance anormalement faible des habitations.  Expérimental, le projet Corrib ? Pas inintéressant, en tout cas, pour Shell, qui rachète Enterprise Energy.  Le chantier de Glengad prépare l’arrivée du gazoduc à proximité des habitations.

La résistance s’organise

Après avoir échoué à se faire entendre par les voies légales, les habitants de Rossport et des villages alentour décident, en 2005, de s’organiser. Shell to Sea est né. Les revendications du mouvement : un traitement normal du gisement, avec une raffinerie installée au large ou, à la rigueur, sur le littoral. La même année, cinq habitants de Rossport sont emprisonnés. « Les techniciens de Shell sont arrivés chez eux en expliquant qu’ils avaient une autorisation du gouvernement d’entrer sur leurs terres », se souvient Gerry Bourke, un agriculteur du village voisin. « En l’absence de documents officiels, les propriétaires ont refusé de les laisser passer. Les 5 de Rossport ont fait 94 jours de prison. »

L’affaire des 5 de Rossport siffle le coup d’envoi d’un conflit qui continue encore aujourd’hui. Avec l’emprisonnement de ces habitants de la région, agriculteurs pour la plupart d’entre eux, la presse ne peut plus ignorer le bras de fer qui s’est engagé dans cette partie isolée du comté Mayo. Ce qui ne veut pas dire que les médias irlandais soutiennent la campagne de Shell to Sea. « Il a été dit qu’on était soutenu par l’Irish Republican Army ou le parti indépendantiste Sinn Féin pour nous stigmatiser », déplore Eoin O’Leidhin, un activiste de la première heure. Pas facile de se faire entendre dans un pays où la grande majorité des journaux est tenue par le groupe de la famille O’Reilly, qui détient aussi des intérêts dans la compagnie pétrolière Providence Resources. L’activiste poursuit : « Ce bruit de fond médiatique a encouragé l’impunité de la garda (la police irlandaise - ndr) pendant les manifestations. »

Camp de solidarité

 

« Pas de vrai deal » Au-delà des inquiétudes environnementales et sanitaires qu’il soulève, le projet Corrib pose la question épineuse de la gestion des hydrocarbures irlandais. « On a commencé à se préoccuper de la façon dont le gouvernement cède toutes nos ressources aux multinationales. Il n’y a pas de vrai deal entre ces entreprises et l’Etat », explique Eoin O’Leidhin. Non seulement ce n’est pas un vrai deal, mais il s’agit très certainement d’un des pires au monde. Exemptes de royalties, les compagnies pétrolières et gazières ne sont pas tenues de vendre leur produit en priorité à l’Irlande, et peuvent fixer le prix de vente qui leur convient. Seule une taxe timide rogne de 25 % leurs profits, dont elles peuvent déduire une foultitude de coûts externes : coûts d’exploration dans les eaux irlandaises, coûts de développement, coûts estimés de la fermeture des puits quand le gisement est asséché… Dommage : en 2006, le gouvernement a admis que l’équivalent de 540 milliards d’euros d’hydrocarbures se trouvent dans les eaux territoriales de l’Ouest de l’île. Ce chiffre, qui n’est qu’une estimation, doit être manié avec précaution. Il représente cependant environ 5 fois le montant de la dette que l’Irlande a contracté auprès de la Troïka.

En 2005, Shell to Sea décide d’élargir la lutte en organisant son premier camp de solidarité. Des activistes arrivent des cinq continents pour prêter main forte aux habitants (Voir l’affiche inspirée d’Asterix pour le camp 2013, ici). « Ca nous a permis de comprendre que ce qu’il se passe en Afrique du Sud, au Nigéria, c’est la même chose que ce qu’il nous arrive », se souvient Eoin O’Leidhin.


Alors que les pratiques d’action directe non-violente se généralisent à Rossport, les manifestants se heurtent à une répression policière étonnamment brutale sur le terrain. Pour Terence Conway, porte-parole de Shell to Sea, le constat est sans appel : « On a affaire à une véritable répression d’Etat. La garda collabore avec Shell en enfreignant elle-même les lois qu’elle devrait faire respecter. »


À partir de 2007, Shell décide de louer les services de la société de sécurité IRMS (Integrated Risk Management). « Ni plus ni moins des mercenaires, pour Terence Conway, qui agissent avec la complicité la garda. » Les agents de sécurité de l’IRMS sont pour la plupart d’anciens militaires et policiers originaires des pays de l’Est et des Balkans.

En attendant, bien que ralentis, les travaux suivent leur cours avec un record de 472 mouvements de camions par jour. En 2008, le plus grand navire poseur de canalisations au monde, le Solitaire, jette l’ancre à proximité de la plate-forme de Corrib accompagné de deux vaisseaux de la Marine Irlandaise. Après dix jours, il est forcé d’abandonner son poste en raison d’un problème technique. Il reviendra un an plus tard, toujours avec l’appui de forces militaires, soutenues par 300 gardaí et 200 agents IRMS (On peut avoir un aperçu de ces déploiements militaires et policiers sur cette page Indymedia).


Shell to sea remporte malgré tout quelques batailles. Le trajet du gazoduc, qui devait passer sur des terrains tourbeux parfois à 70 mètres des habitations, est révisé deux fois par Shell. Aujourd’hui, il est prévu que le gaz circule dans un tunnel creusé sous la baie de Sruwaddacon, pourtant classée Zone Spéciale de Conservation par l’Union Européenne. Une révision qui n’a pas apaisé les inquiétudes des habitants.


Récemment, de larges trous se sont formés sur les plages de la baie, desquels sortent de grosses bulles d’air. Pour Terence Conway, « la situation est très sérieuse. Ces trous sont très profonds et les gamins qui jouent dans le coin sont naturellement attirés par ce phénomène. Le terrain n’est tout simplement pas adapté à la construction d’un tunnel. » Devant le silence des pouvoirs publics et du service de communication de Shell, les habitants ont décidé d’installer eux-mêmes des panneaux de prévention.


Autre épisode récent : il a été officialisé dans la presse que Shell a offert, à plusieurs reprises, de larges quantités d’alcool à la garda stationnée à proximité de Rossport. Le montant de ces pots-de-vins s’élèverait à 35 000 euros. « Ni Shell, ni la police n’a nié les faits. Leur seule réaction a été de déclarer qu’il n’y avait pas de preuves. Bien sûr qu’il n’y en a pas, ils ont tout bu ! », s’amuse Terence Conway.

L’affaire, malicieusement baptisée « Loadsabooze » par les opposants au projet Corrib, apporte une bouffée d’oxygène bienvenue à Rossport, après plus de huit ans de lutte acharnée. Le bilan demeure malgré tout positif : « on peut être fiers d’avoir repoussé la fin du chantier d’au moins dix ans », se félicite le porte-parole de Shell to sea. « Le projet de Corrib coûtera plus de 2,5 milliards d’euros contre les 800 millions initialement estimés par Shell. »

 

http://www.politis.fr/En-Irlande-Rossport-veut-renvoyer,23832.html?id_document=8119#documents_portfolio

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