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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 15:28

iles d

Une étude scientifique vient de révéler que 99% des déchets en plastique "disparaissent" dans l'océan.
Certains d'entre eux sont colonisés par des communautés de bactéries inquiétantes, écrivait en décembre dernier le Los Angeles Times.

 

 

Les océans au régime plastifié

On évoque depuis plusieurs années le septième continent : cette masse de plastique à la dérive dans le Pacifique Nord, entre la Californie et Hawaii. Mais une étude publiée dans la revue scientifique PNAS vient de révéler qu'il devrait être encore plus important. En effet, selon les campagne de mesure mondiale menée par l'équipe d'Andres Cozar, de l'Université de Cadiz, 99% du plastique déversé dans les océans disparaît, purement et simplement. Est-il dégradé par les bactéries, comme l'ont démontré certains scientifiques ou absorbé par la faune marine ? Les deux sans doute.

 

Cette étude arrive à point nommé pour renforcer les conclusions du rapport annuel du Programme des Nations-Unies pour l'environnement, qui souligne le coût de cette pollution -13 milliards de dollars par an- et les dangers pour l'environnement des micro-plastiques (moins de 5 mm de diamètre) dans les produits cosmétiques. Elizabeth Lopez manœu­vre une gigantesque pince en acier fixée sur le bord d’un voilier de 40 mètres et la fait descendre prudemment entre les algues ondulantes et les bancs de poissons, à 15 kilomètres au large de San Diego [Californie]. La chercheuse espère prélever des fragments d’un écosystème marin mystérieux que les scientifiques appellent la plastisphère.


Ce type de communauté bio­logique se forme à partir de particules de plastique pas plus grosses que des grains de sel. Les bactéries s’installent sur ces déchets minuscules, et servent ensuite de nourriture à des organismes unicellulaires qui sont à leur tour la proie de prédateurs plus gros. “L’homme a créé un véritable écosystème artificiel fait de débris de plastique”, affirme Elizabeth Lopez, étudiante en master à l’université de San Diego.

La plastisphère se développe depuis soixante ans.

 

Elle est issue des plastiques abandonnés – tongs, barquettes de margarine, jouets, brosses à dents, etc. – qui sont rejetés dans la mer par les égouts et les cours d’eau. Lorsque ces déchets se retrouvent dans l’océan, ils se décomposent en petits morceaux vite colonisés par des organismes microscopiques, dont un grand nombre sont inconnus des scientifiques.

Dangereuses décomposition 


Les biologistes craignent notamment que certaines créatures de la plastisphère ne réussissent à décomposer complètement des fragments de polyéthylène et de polypropylène, au point que des substances chimiques nocives finissent par se répandre dans l’environnement. “C’est un problème extrêmement préoccupant”, affirme Tracy Mincer, géochimiste des milieux marins pour l’institut océanographique Woods Hole (WHOI), dans le Massachusetts. “Il est possible que les microbes accélèrent énormément l’érosion des débris de plastique et les décomposent en de plus petits morceaux. Si c’est le cas, nous ne savons pas précisément comment le zooplancton et d’autres petites créatures vont réagir, ni si des additifs néfastes, des pigments, des plastifiants, des retardateurs et d’autres composés toxiques ne vont pas se déverser dans l’eau.”


Environ 245 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde, selon les estimations fournies par le secteur. Soit plus de 30 kilos pour chacun des 7,1 milliards d’habitants de la planète. Les déchets se regroupent dans l’océan en de vastes “plaques de déchets” ovales qui se forment en fonction des courants et des vents convergents. Une fois piégées dans ces zones mortes cycloniques, les particules de plastique peuvent y rester pendant des siècles.

Les effets physiologiques des déchets plastiques sur les poissons, les oiseaux, les tortues et les mammifères marins qui les ingèrent sont bien connus : les animaux risquent de souffrir de problèmes intestinaux, de voir leurs mouvements entravés, mais aussi de suffoquer et de mourir de faim. Mais nous commençons à peine à comprendre les con­séquences de la plastisphère.

Toute la chaîne alimentaire


“Nous sommes en train de modifier les rythmes fondamentaux de la vie dans les océans et nous devons en interpréter les répercussions”, explique Miriam Goldstein, une biologiste de la vie marine qui a obtenu son doctorat à l’institut océanographique Scripps (université de Californie à San Diego) grâce à son étude des déchets plastiques dans la “grande plaque de déchets du Pacifique”, située entre Hawaii et la Californie.

En octobre 2013, Miriam Goldstein et l’océanographe Deb Goodwin, qui travaille pour la Sea Education Association (SEA, basée à Woods Hole, Etats-Unis), ont annoncé qu’elles avaient trouvé des traces de plastique dans les intestins d’un tiers des pouces-pieds [des crustacés qui vivent fixés sur un support] collectés sur la plaque de déchets. Et comme les crabes se nourrissent de ces pouces-pieds, le plastique qu’ils ingèrent risque de contaminer toute la chaîne alimentaire.

La plastisphère ne se limite pas aux océans. En 2012, une équipe de chercheurs a découvert des microplastiques pol­luants dans les Grands Lacs, aux Etats-Unis, dont d’importantes quantités de microbilles de polyéthylène et de polypropylène utilisées dans des produits exfoliants pour le visage. A la suite de la publication de ces résultats, une coalition regroupant les maires de cette région a demandé à l’Agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) d’évaluer les risques potentiels pour les écosystèmes des lacs et pour les humains.

D’autres scientifiques, dont Tracy Mincer et Erik Zettler, spécialiste de l’écologie mi–crobienne à la SEA, ont passé trois ans à élaborer la première description complète et détaillée des populations microbiennes qui colonisent les débris de plastique en milieu marin. Avec des filets très fins, ils ont filtré les particules de plastique sur plus de 100 sites dans l’Atlantique, du Massachusetts à la mer des Caraïbes. Grâce à des micro­scopes électroniques à balayage et à des techniques de sé­quençage génétique, ils ont identifié plus de 1 000 bactéries et algues différentes qui vivaient sur du plastique à la dérive dans la mer, selon leur article publié dans la revue Environmental Science & Technology en juin 2013.

Une embarcation pour les bactéries 


Un échantillon de polypropylène pas plus gros qu’une tête d’épingle les a particulièrement inquiétés. Sa surface était couverte de bactéries du genre Vibrio, dont fait partie l’espèce responsable du choléra et d’autres troubles gastro-intestinaux. Ces potentiels pathogènes pourraient parcourir de longues distances en s’attachant à des morceaux de plastique qui restent dans l’océan bien plus longtemps que les déchets bio­dégradables qui flottent à la surface, comme les plumes ou le bois.

L’équipe compare maintenant les populations microbiennes qui se trouvent sur des déchets plastiques du Pacifique Nord et de l’Atlantique Nord, pour essayer de comprendre quelles bactéries se nourrissent de ces déchets et quels prédateurs mangent ensuite ces microbes.


Pendant ce temps, à San Diego, Elizabeth Lopez et ses collègues examinent sous de puissants microscopes les échantillons collectés et prélèvent de minuscules morceaux de plastique afin de les classer et d’en analyser la composition chimique. Leurs conclusions seront partagées avec le Southern California Coastal Water Research Project (SCCWRP), un institut de recherche publique qui surveille la pollution urbaine.

“Ces minuscules univers de plastique qui sont juste sous notre nez représentent le prochain défi pour la recherche”, affirme Drew Talley, océanographe à l’université de San Diego. “Il serait criminel de ne pas enquêter sur les dégâts qu’ils sont susceptibles de provoquer dans les océans et chez les humains.”  Los Angeles Times Louis Sahagun

2 juillet 2014

 
Publié le 26 dé­­cembre 2013 dans Los Angeles Times (extraits) Los Angeles

http://www.courrierinternational.com/article/2014/07/02/cet-ecosysteme-ne-du-plastique?page=all

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 12:57

mer

 

Derrière le développement des ports de plaisance et des activités nautiques en France se cache une empreinte écologique très importante.

 

Mais l’érosion du littoral et la pollution des milieux marins semblent être le prix à payer pour atteindre la croissance « bleue » promue par la Commission européenne...

 

En 2013, le ministère de l’Écologie recensait 470 ports de plaisance en France. Ces installations correspondent à environ 165 000 places ou anneaux. Les côtes de la Manche et de l’Atlantique en accueillent 52%, la Méditerranée 47 %. La région Côte d’Azur et la Bretagne sont les championnes dans ce domaine. Pourtant très marine, l’outre-mer ne possède que 1% des ports de plaisance recensés.


Les statistiques nous indiquent encore que 75 % des bateaux résidents sont à moteur pour seulement 25 % de voiliers. Enfin, 72,5 % des embarcations sont inférieures à 6 mètres de long.


Dans les années 1960, la France comptait seulement 66 ports de plaisance et 88 000 bateaux. La mission Racine en 1970 inaugurait un grand plan d’aménagement du littoral pour développer le tourisme de masse. Les ports de plaisance se construisirent en prolongement des stations balnéaires qui fleurissent le long de la côte méditerranéenne. La société du loisir des trente glorieuses a encouragé les classes aisées à acquérir des bateaux pour profiter de la mer pendant les mois d’été.

 


Aujourd’hui le nombre de plaisanciers est estimé à 4 millions et 800 000 bateaux sont immatriculés.Le profil type du plaisancier est un homme de plus de 50 ans gagnant au minimum quatre mille euros par mois.

 

Un port maritime entraîne l’érosion du littoral et la destruction de la faune et de la flore


« Tous les ports de la Mission Racine qui ont été construits dans les années 70, ont un impact énorme sur la dynamique sédimentaire car ils ont permis l’accumulation de sable d’un côté et l’érosion de l’autre. Les digues qui protègent le port bloquent le sable d’un côté et favorisent son départ de l’autre parce que le transit naturel ne peut plus s’effectuer. La barrière naturelle est réduite donc la côte résiste moins bien à la submersion » explique Frédéric Bouchette, chercheur au laboratoire Géosciences de Montpellier.


Sur la carte réalisée par le Système d’Observation Littoral-Trait de côte, SOLTC, on voit comment les digues du port central perturbent la forme et la taille des morphologies des plages de chaque côté. Ce problème est amplifié par la montée du niveau de la mer dû au réchauffement climatique, et par la vétusté des installations portuaires.

Dès 1990, l’IFREMER avait alerté les autorités sur la dégradation du littoral : « La plus grande partie du littoral français est, actuellement, en érosion. Tout aménagement modifiera le transit littoral et provoquera donc des phénomènes d’érosion et de sédimentation. L’implantation d’un port a comme conséquence immédiate et irréversible la destruction de la faune et de la flore dans la zone des travaux. »

 

Erosion du littoral mais aussi pollution du milieu marin


Outre leur impact physique sur la dynamique côtière, les ports perturbent aussi l‘écosystème marin. Jusque dans les années 2000, les bateaux déversaient leurs eaux usées directement dans la mer. Le projet « ports propres » a ralenti cette pollution des eaux sans résoudre le problème : le traitement des eaux usées à bord des navires régi par la convention internationale marine Marpol prévoit que seuls les navires transportant plus de 15 personnes ont l’obligation de traiter ou stocker leurs eaux usées.


Les bateaux de plaisance construits avant 2008 bénéficient d’une réglementation plus souple qui n’impose pas d’installation de traitement ou de réservoirs de stockage.


Mais la pollution la plus préoccupante vient des traitements antifouling à base de PCB, molécule très toxique, qui protège la coque des bateaux. Ces polluants utilisés pendant de nombreuses années se sont déposés au fond des ports et ressurgissent à la moindre opération de dragage. Leur retraitement, leur évacuation et leur stockage sont parmi les plus gros problèmes environnementaux actuels en zone littorale.


Si les produits antifouling contenant des PCB ont été interdits, les nouveaux produits autorisés sont tous à base de cuivre. Des études sérieuses commencent à évaluer leur impact sur l’eau. Tous les produits appliqués sur les coques des bateaux pour les protéger sont faits pour tuer les organismes marins.

Les peintures à base de cuivre utilisées actuellement génèrent une pollution très importante des ports. « A côté des zones techniques il n’y a plus rien qui pousse » témoigne Françoise Elbaz-Poulichet, directrice de recherche CNRS au laboratoire HydroSciences, de Montpellier.


Comme la voiture, le bateau à moteur pollue


L’empreinte écologique des activités de plaisance ne s’arrête pas là. Comme la voiture, le bateau de plaisance à moteur, construit en plastique, ne se recycle pas et consomme jusqu’à 25 litres de carburant pour 100 kms.

Mais il fait marcher une grosse industrie. La filière nautique avec ses composantes - production, distribution, services - regroupe 4 900 entreprises, génère un chiffre d’affaires de 4,16 milliards d’euros et comptait plus de 45 000 emplois en 2007.


Longtemps considérés comme de simples outils de gestion des places à quais, les ports sont devenus de véritables leviers de développement économique.


Malgré les lois strictes de protection du littoral, la demande pour des nouveaux emplacements dans les ports de plaisance reste forte pour les communes du bord de mer. Les perspectives de retombées économiques sont les principaux arguments des élus confrontés au chômage de leurs administrés et à la baisse des subventions de l’Etat. Pour ménager les consommateurs et la croissance du secteur nautique, la création de ports à sec semblent la solution privilégiée par les autorités. Le nombre de « parking à bateau » est en augmentation constante depuis quinze ans. Quand on sait que les bateaux de plaisance ne sortent en moyenne que 4 à 6 jours par an, cela en vaut-il vraiment la peine ?


Oui, répondent en cœur les élus et la Commission européenne qui n’ont que le concept d’Eco-cité portuaire à la bouche. Lors de la présentation de la stratégie 2014-2020 pour plus de croissance et d’emplois dans le tourisme côtier et maritime avec le modèle Odyssea, Mme Maria Damanaki, commissaire européenne chargée des affaires maritimes et de la pêche, a déclaré à ce propos :

« Le tourisme côtier et maritime a été défini dans notre stratégie en faveur de la “croissance bleue” comme l’un des moteurs essentiels pour créer de la croissance. »


La croissance bleue, pas la croissance verte


Cette nouvelle stratégie de la Commission européenne vise à promouvoir le tourisme côtier et maritime en Europe, en reconnaissant le potentiel de ce secteur en matière de croissance durable et de création d’emplois. La stratégie présente 14 mesures de l’Union Européenne (UE) destinées à aider les régions côtières et leurs entreprises et à renforcer la position du secteur.

 

Le label Odyssea est présenté comme un exemple à suivre. Extrait : « … Promouvoir une offre innovante, durable et de grande qualité… Le projet Odyssea qui valorise le potentiel économique du tourisme côtier, les itinéraires culturels maritimes et les activités originales relatives à la navigation de plaisance à travers un réseau d’infrastructures côtières novatrices et d’anciennes routes maritimes, en constitue un bon exemple… ».


Le tourisme côtier et maritime, qui inclut le tourisme balnéaire et nautique, le tourisme de croisière et de navigation, constitue un moteur essentiel pour l’économie de nombreuses régions côtières et îles en Europe. Il emploie près de 3,2 millions de personnes, génère un total de 183 milliards € en valeur ajoutée brute pour l’économie de l’UE et représente plus d’un tiers du produit brut de l’économie maritime.


Le tourisme est un secteur en plein essor : en 2013, le nombre de nuitées passées dans des hôtels ou établissements similaires a atteint un niveau record de 2,6 milliards dans l’UE, soit une augmentation de 1,6 % par rapport à 2012.


Mme Maria Damanaki, commissaire européenne chargée des affaires maritimes et de la pêche, a déclaré à ce propos : « Le tourisme côtier et maritime a été défini dans notre stratégie en faveur de la “croissance bleue” comme l’un des moteurs essentiels pour créer de la croissance et de nouveaux emplois, notamment dans nos régions côtières qui connaissent souvent un taux de chômage élevé. Ce secteur constituant la principale activité économique maritime et la base de l’économie d’un grand nombre de nos régions côtières, il est de notre responsabilité de l’aider à se développer et à prospérer. » Bénédicte Martin (Reporterre) Vendredi 6 juin 2014


 

Lire aussi : En Italie, un projet de port inutile dégrade la côte romaine

 

http://www.reporterre.net/spip.php?article5894

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 10:21

 

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Vendredi, au tribunal administratif de Rennes, le rapporteur public a invité les juges à annuler l’arrêté préfectoral autorisant le dragage à Loctudy et Lesconil.

Le tribunal administratif de Rennes a examiné, hier, deux recours déposés en juillet 2011 contre l'arrêté préfectoral du 16 juin 2011 autorisant les opérations de dragage aux ports de Loctudy et de Lesconil. Le rapporteur public a conclu à une insuffisance des évaluations d'incidence environnementale concernant une zone classée Natura 2000. Il invite les juges à annuler l'arrêté du préfet de juin 2011.

Réponse le 13 juin

Toute opération de rejet en mer des vases issues du dragage pourrait être interdite si le tribunal suit l'avis du rapporteur public le 13 juin prochain, date du délibéré. À noter que les opérations de dragage devraient être terminées d'ici la fin du mois au port de Lesconil. Loctudy - 17 Mai

 

http://www.ouest-france.fr/clapage-des-ports-vers-une-interdiction-loctudy-et-lesconil-2546876?obref=obinsource

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 12:27

3Vadot

 

Ils sont neuf et partent pour trois semaines à l’assaut d’une décharge flottant en plein cœur de l’Atlantique nord.

 

Le 5 mai, les membres de l’expédition Septième Continent ont quitté la Martinique et le port du Marin à Fort-de-France pour prendre la direction de la mer des Sargasses. Navigateurs et scientifiques devraient faire route une semaine avant de rejoindre leur destination : le vortex de déchets flottants qui occupe cette zone, également appelé septième continent, gyre ou continent de plastique.


Comprendre le fonctionnement de ce phénomène et en mesurer l’impact sur les eaux environnantes sont les objectifs que se sont fixés les membres de l’expédition. Grâce à des bouées-détecteurs capables de différencier le plastique du plancton, des satellites ou simplement une collecte manuelle, ils devraient relever de précieuses données. Taux de concentration des matières plastiques et leurs formes, analyse des polluants présents dans l’eau, mouvements des courants… et surtout la taille de la gyre. Autant d’éléments pour le moment méconnus des scientifiques dans cette zone du globe.

« Cette catastrophe écologique fait froid dans le dos »

A l’initiative de ce projet, le navigateur Patrick Deixonne, membre de la société des explorateurs français. Différentes courses et traversées l’avaient directement confronté à l’impact de l’activité humaine sur les océans. Depuis, il travaille à leur préservation tout en cherchant à alerter le grand public. « Cette catastrophe écologique qui passe inaperçue, fait froid dans le dos quand on se retrouve nez à nez avec elle. » Son programme a trouvé l’appuie de différents organismes et laboratoires, notamment celui de l’IMRCP de Toulouse, une unité mixte CNRS/Université Paul Sabatier spécialisée dans la réactivité chimique et l’interaction des molécules. Un de leurs chercheurs participe à l’expédition et sera en charge des analyses de l’eau et des poissons récoltés.


Le CNES, l’agence spatiale française, collabore également au programme en fournissant des bouées qui permettront de déterminer les zones de concentration du plastique à l’aide de satellites et des relevées de salinité, températures, luminosité, présence de phytoplancton. Il avait déjà participé à la précédente expédition de Patrick Deixonne vers le vortex du Pacifique nord en mai 2013. A terme, l’explorateur souhaite se rendre dans cinq secteurs où se concentrent des ordures dans différents océans du globe pour y mener des études similaires.

Pour 1 kg de plancton, 5 kg de plastique

Découverte à la fin des années 90, le phénomène des vortex de déchets a d’abord été remarqué dans le nord du Pacifique. Sous l’effet des courants marins qui agissent comme le siphon d’un évier, des détritus, à 80% d’origine continentale, se regroupent dans certaines zones géographiques des océans. Ils flottent sous forme de gros ou minuscules morceaux, juste sous la surface de l’eau. Indétectables sur les images satellites, cette « soupe plastique » n’est visible que du pont des bateaux.


Les scientifiques ont, ainsi, eu la mauvaise surprise de découvrir ce « petit frère » de l’Atlantique nord il y a quatre ans seulement, situé dans la mer des Sargasses. La mer y est particulièrement calme, les courants propices à l’inertie des objets. Pour le moment, son impact sur son environnement est encore méconnu des scientifiques, mais les connaissances sur l’empreinte écologique du septième continent du Pacifique n’est en rien encourageante. Sur un secteur grand comme six fois la France, les fragments de plastique descendent jusqu’à trente mètres de profondeur et sont parfois plus petits que le plancton. D’ailleurs, pour 1 kg de plancton, on y compte 5 kg de plastique.

 

Par Morgane Thimel 12 mai 2014

 


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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 12:53

oiseau mazoute

Quatre ans après la catastrophe Deepwater Horizon, le golfe du Mexique semble avoir retrouvé son état d’origine.
Une bonne nouvelle, mais pas pour tout le monde.

 

"Nous avons détruit le golfe du Mexique.”

 

Même quand la plateforme pétrolière Deepwater Horizon a explosé, le 20 avril 2010, provoquant une marée noire, ce commentaire du banquier Matthew Simmons [décédé en 2010], expert des questions énergétiques, semblait exagéré.

Quatre ans plus tard, avec le boom touristique que connaît la région et des prises de pêche sportive plus nombreuses qu’avant l’accident, cette vision apocalyptique semble encore plus éloignée de la réalité. Bien que des boulettes de goudron continuent régulièrement à souiller les plages du golfe – plus d’un millier d’entre elles ont été polluées au cours des six derniers mois –, la majeure partie du pétrole qui s’est écoulé du puits Macondo [le puits de pétrole responsable de la marée noire, scellé en septembre 2010] pendant près de trois mois a disparu. Pourtant, les effets de la marée continuent à alimenter un vif débat.

Le gouvernement américain mène aujourd’hui l’enquête la plus importante jamais réalisée aux Etats-Unis sur une catastrophe écologique, une enquête qui englobe un large éventail de questions, de la modélisation des flux de pétrole sous-marins au diagnostic des problèmes de santé des dauphins. La majeure partie des études est financée par BP, qui exploitait la plateforme et qui a versé 1 milliard de dollars pour ces recherches. Le programme de recherche, connu sous le nom de Natural Resource Damage Assessment [NRDA, Evaluation des dommages subis par les ressources naturelles], devrait se poursuivre jusqu’à l’an prochain, et peut-être au-delà.

Les résultats n’ont pas qu’un intérêt théorique : des milliards de dollars sont en jeu. Le procès intenté au géant britannique du pétrole par l’Etat américain aux termes du Clean Water Act [loi sur la protection de l’eau] devrait entrer dans sa phase finale le 20 janvier 2015. Le juge Carl Barbier entendra les parties sur le montant de l’amende à infliger à BP, laquelle pourrait s’élever à 18 milliards de dollars. L’un des facteurs que la compagnie pétrolière souhaite voir prendre en compte par les juges est l’amélioration de l’état du golfe du Mexique.

Un autre procès doit déterminer l’amende qu’elle va devoir payer pour réparer les dégâts mis en lumière par le NRDA, une somme qui pourrait elle aussi se chiffrer en milliards. Pour les actionnaires de BP, qui se demandent ce qu’ils peuvent attendre de ces recherches, les résultats disponibles semblent bien maigres. Des études ont été publiées – notamment deux rapports de l’université Stanford et de la National Oceanic and Atmospheric Administration [NOAA, Administration nationale des océans et de l’atmosphère] qui montrent comment le pétrole peut endommager le cœur du thon –, mais elles ne donnent qu’une vision fragmentaire des effets de la marée noire. Personne n’a encore dressé un tableau complet de la situation. En avril, la National Wildlife Federation [NWF, Fédération nationale de la faune et de la flore sauvages] a compilé une partie des études publiées, notamment sur les maladies causées chez les dauphins, pour démontrer que “la catastrophe continue à avoir un impact”.

Ryan Fikes, un scientifique de la NWF, admet que les informations disponibles sont encore peu nombreuses, et cela pour deux raisons.

 

La première est qu’il faut du temps aux scientifiques pour accomplir leur travail et aux effets de la marée noire pour se manifester. “On ne connaît pas encore tous les effets que va avoir la marée noire, dit-il. Et il nous faudra pas mal de temps avant de pouvoir les constater.” Certaines questions risquent de n’être jamais résolues : les conséquences de la marée noire de l’Exxon Valdez, en Alaska, en 1989, offrent toujours matière à débat.

La deuxième raison est que le gouvernement américain, qui contrôle la procédure du NRDA, garde sous scellés la plupart des résultats. Au plus fort de la marée noire, le golfe était souvent décrit comme une “scène de crime” et les Etats-Unis continuent à recueillir des preuves des dommages pour les utiliser contre BP au tribunal. Les autorités souhaitent donc préserver la confidentialité de ces informations le plus longtemps possible. Les études qui n’ont pas encore été publiées tendent à étayer la théorie gouvernementale selon laquelle la marée noire a causé de graves dommages. Les deux rapports de l’université Stanford ont été coécrits par des scientifiques qui travaillent pour le gouvernement, financés en partie par ce dernier et publiés avec son accord.

Selon Randy Kochevar, lui-même chercheur à Stanford, l’université possède d’autres études sur les effets de la marée noire. Mais elle ne peut en parler en raison d’accords de confidentialité avec le gouvernement. Si l’on en croit Melanie Driscoll, de la National Audubon Society, une organisation œuvrant à la protection des oiseaux, le gouvernement a tendance à ne soutenir que les recherches faisant apparaître des dommages. “Lorsqu’une étude semble démontrer que BP n’a pas causé beaucoup de dégâts, il leur arrive d’y mettre fin”, explique-t-elle. Selon elle, c’est une erreur, car les chercheurs peuvent laisser passer des problèmes qui ne sont pas immédiatement perceptibles.

Cette politique peut également priver BP d’éléments d’information qu’il pourrait utiliser à sa décharge. Certaines preuves de dommages, y compris parmi celles qui semblent les plus solides, sont litigieuses. Ainsi, depuis 2010, on a relevé une nette augmentation du nombre de dauphins trouvés morts dans le golfe, et des scientifiques de la NOAA ont conclu que leur mort ne semblait pas avoir été causée par le virus qui avait provoqué une augmentation similaire sur la côte Ouest.

Une étude effectuée en 2011 dans la baie de Barataria, au sud de La Nouvelle-Orléans, a montré que beaucoup de dauphins étaient malades, amaigris et atteints de lésions pulmonaires. Mais comme ce phénomène a commencé à se manifester en février 2010, avant la marée noire, on peut penser que d’autres facteurs sont en cause. C’est ce qui a conduit BP à contester les conclusions de la NOAA. Il semble également admis que d’autres problèmes du golfe ne sont pas liés à la marée noire causée par BP. Ainsi, l’effondrement des réserves d’huîtres de la Louisiane constaté après la marée noire semble être principalement dû à la décision du gouverneur de l’Etat d’ouvrir des écluses d’eau douce pour tenter d’endiguer le pétrole… Car les huîtres ont besoin d’eau salée pour rester en vie.

Résilience. D’autres indicateurs de la santé du golfe sont ambigus. Ainsi, les prises de la pêche commerciale sont en baisse depuis 2009, mais celles de la pêche sportive de certaines espèces, comme le rouget, ont fortement augmenté. Les tests effectués par des agences gouvernementales depuis novembre 2010 montrent par ailleurs que les fruits de mer pêchés dans le golfe sont propres à la consommation depuis cette date. Le constat de BP est que, “pour beaucoup d’espèces et d’habitats, l’impact environnemental de la marée noire a été moins grave que ce l’on craignait au départ” et que, “grâce à des initiatives et à des efforts de nettoyage sans précédent, on relève des signes clairs d’un retour à la situation initiale [d’avant la marée noire]”.


Martin Preston, spécialiste des marées noires à l’université de Liverpool, convient que l’impact environnemental a été très exagéré. Selon lui, la marée noire causée par BP est loin d’être “la pire catastrophe écologique de l’histoire des Etats-Unis”, ainsi que le président Barack Obama l’avait présentée. Elle s’est finalement révélée moins grave que celle de l’Exxon Valdez. Certes, la quantité de pétrole qui s’est écoulée a été beaucoup plus importante – au moins dix fois plus –, mais les conditions environnementales du golfe du Mexique se prêtent mieux à la réhabilitation. La température de l’eau est plus chaude et une partie du pétrole qui, selon une estimation, s’écoule naturellement au fond de l’eau au rythme de 1 million de barils par an est consommée par des bactéries.

“Ça fait une énorme différence, commente M. Preston. L’évaporation et la dégradation bactérienne du pétrole sont beaucoup plus importantes.” Après l’accident de l’Exxon Valdez, quelque 30 000 carcasses d’oiseaux avaient été découvertes, alors que, dans le golfe du Mexique, on n’a retrouvé que 2 300 cadavres couverts de goudron, même si le nombre de morts est peut-être plus important. On ne pourra évaluer correctement les effets de la marée noire avant d’avoir mené à terme les études en cours et publié leurs résultats.

Selon Mme Driscoll, les écosystèmes sont des systèmes complexes qui compliquent les prévisions. Il est possible cependant que la catastrophe de 2010 s’avère bénéfique pour le golfe. En vertu du Restore Act, une loi de 2012 sur la réhabilitation, 80 % des amendes payées par BP aux termes du Clean Water Act, c’est-à-dire plusieurs milliards de dollars, doivent être consacrés à la réhabilitation du golfe. Selon Sara Gonzalez-Rothi, de la NWF, la loi stipule que la côte, rongée par l’érosion depuis des décennies, doit être “laissée dans un état aussi sain, si ce n’est plus, qu’auparavant”. Au lieu de détruire le golfe, il se peut que BP contribue finalement à lui redonner vie.

Ed Crooks Publié le 21 avril 2014 dans Financial Times Londres

 

http://www.courrierinternational.com/article/2014/04/30/le-reflux-de-la-maree-noire?page=all

 

Carte de marrées noires dans le Golfe du Mexique

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 13:40

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Les Etats-Unis ont levé la mesure excluant des contrats fédéraux la compagnie pétrolière britannique BP

*

Le 28 novembre 2012, l'administration américaine avait pris des mesures contre la compagnie pétrolière britannique BP, à l'origine en 2010 de la plus vaste marée noire de l'histoire du pays. Cette dernière avait été écartée de la vente de droits d'exploration sur près de 8.100 hectares dans l'Ouest du Golfe du Mexique, sa principale région de production de pétrole.


La situation s'était répétée par deux fois les 4 janvier et 1er février 2013, pour de nouveaux contrats. Mais jeudi 13 mars, cette mesure a été levée dans le cadre d'un "accord équitable qui exige que BP améliore ses pratiques", a réagi pour sa part Craig Hooks, le responsable adjoint de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA). Un accord immédiatement applicable et valable cinq ans.


L'EPA avait expliqué sa décision d'exclure temporairement BP de nouveaux contrats fédéraux par le "manque d'intégrité professionnelle" du groupe lors de l'explosion de la plateforme Deepwater, située à 80 kilomètres au large de La Nouvelle-Orléans.

Une catastrophe écologique sans précédent

Deepwater, opérée par BP, avait explosé puis coulé en avril 2010, faisant 11 morts et engendrant la plus grosse marée de noire de l'histoire des États-Unis. Selon les estimations, ce seraient environ 780 000 m3 de pétrole qui auraient été répandus dans la nature, sur une surface de 6500 à plus de 175 000 km2. BP, qui avait plaidé coupable pour cette catastrophe écologique, avait dû payer une amende de plus de 4,5 milliards de dollars.

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BP est le principal fournisseur en carburant du Pentagone, aussi bien aux Etats-Unis qu'à l'étranger.

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Les contrats en cours n'étaient pas affectés par la décision de l'EPA, mais les exclusions de contrats fédéraux empêchaient BP d'ob- tenir notamment de nouvelles concessions d'exploration du gouvernement dans le golfe du Mexique, où le groupe assure être le principal producteur de pétrole et gaz en eaux profondes dans le cadre de baux fédéraux. Ses activités américaines comptent pour plus de 30% dans ses bénéfices avant impôts, selon son rapport financier. Les Etats-Unis comptent pour un cinquième de sa production globale de pétrole et de gaz. BP détient notamment des raffineries à Toledo dans l'Ohio (nord-est), Whiting dans l'Indiana (Midwest) ou encore à Cherry Point dans l'état de Washington (ouest).

Des pressions judiciaires de la part de BP

Au vu des pertes potentielles à venir, la compagnie avait engagé en août une action judiciaire devant un tribunal du Texas (sud) contre l'EPA. La compagnie pétrolière affirmait avoir été assez punie depuis l'explosion et l'incendie de la plate-forme Deepwater Horizon. BP demandait à la justice de lever cette interdiction "punitive, excessive, arbitraire et capricieuse" et donc de la déclarer "nulle et vide de substance".

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Le groupe réclamait aussi une indemnisation "juste" et le remboursement de ses frais d'avocats. Dans le cadre de l’accord signé jeudi, BP a accepté d'abandonner ses poursuites contre l'EPA. Il s'est aussi engagé à mettre en place des règles de sécurité, d'éthique et de gouvernance compatibles avec les pratiques standard exigées par les autorités américaines.

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Il va notamment embaucher un auditeur indépendant pendant les cinq ans de l'accord pour examiner ses pratiques.

La marée noire de 2010 a affecté pendant plusieurs trimestres les bénéfices du groupe pétrolier malgré les réserves mises de côté pour faire face à de nombreuses demandes d'indemnisations, dont un accord de 7,8 milliards de dollars conclu avec des milliers de victimes. Publié le 17-03-2014 à 12h06

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http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/20140317.OBS0023/maree-noire-le-gouvernement-americain-passe-l-eponge-pour-bp.html

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 11:16

oiseau mazoute

La Ligue de protection des oiseaux (LPO) a décidé de porter plainte contre le(s) responsables de la pollution marine à l'origine de l'échouage d'oiseaux marins retrouvés morts par milliers sur la côte Atlantique ces dernières semaines. Mais cette pollution pourrait être ancienne.

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Dans un communiqué diffusé jeudi, la LPO dit avoir dénombré depuis fin janvier 30 000 oiseaux échoués le long du littoral atlantique, dont 3 000 ont pu être accueillis dans des centres de sauvegarde. Selon l'association écologiste, "15% des oiseaux échoués sur le littoral atlantique ont été retrouvés mazoutés", alors que de nombreuses galettes de fioul se sont accumulées sur les plages, du Pays basque à la Bretagne.
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"Bien décidée à ce que la source de la pollution marine soit identifiée, la LPO a décidé de porter plainte contre X auprès du tribunal de Brest", écrit l'association. Selon la LPO, "le fioul semble avoir séjourné peu de temps en mer et les ana- lyses montrent que les échantillons étudiés ne correspondent à aucune pollution ayant affecté la zone au cours des dernières années: Erika, Prestige et TK Bremen".
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Plusieurs collectivités littorales ont porté plainte le mois dernier, disant soupçonner un dégazage effectué par un pétrolier au large.
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La préfecture de Loire-Atlantique a cependant indiqué le 22 février que, d'après les premières analyses, "les hydroc- arbures en cause proviennent de fonds anciens, ce qui ne valide pas à ce stade l'hypothèse d'un dégazage". La plupart des oiseaux ramassés sur les plages ont été victimes d'épuisement ou sont morts de faim à la suite des tempêtes à répétition de l'hiver. Selon la LPO, qui souligne que le bilan n'est que "provisoire", 530 oiseaux ont en outre été dénombrés en Manche sur la seule côte ouest du Cotentin et au moins 3 000 en Espagne ainsi que près de 4 500 au Royaume-Uni.
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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 14:23

26-09-DessinJour-Burki

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C'est un autre dommage de la tempête. Profitant du très mauvais temps, les cargos sont plus nombreux à dégazer au large de la Bretagne. La mer démontée ayant vite fait de disloquer les traces.

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Le nombre d'oiseaux mazoutés retrouvés à la côte est un indicateur qui ne trompe pas. Depuis Noël, le nombre d'oiseaux morts mazoutés ou très mal en point a explosé autour de la pointe bretonne. Dans les Côtes-d'Armor, la station LPO de l'Ile Grande (Pleumeur-Bodou) a accueilli en trois semaines le nombre d'oiseaux mazoutés habituellement récupérés en une année! « Avec 44 oiseaux mazoutés depuis Noël (dix autres arrivent ce matin du Morbihan), notre centre de soins est bien sollicité », explique Gilles Bentz qui pointe clairement du doigt les mauvaises conditions météo incitant les cargos à dégazer.Le spécialiste observe que la traque des bateaux pollueurs a fait considérablement baisser le nombre d'oiseaux mazoutés depuis 2000. Mais à chaque période de mauvais temps, la tendance s'inverse.
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Pas que volontaire
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Pour l'ancien commandant de marine marchande Alain Jégu, secrétaire général de l'association française des capitaines de navires, le mauvais temps ravive les mauvaises habitudes, surtout à bord des plus petites unités. « C'est plus difficile d'ouvrir les vannes sur les plus gros cargos dont les registres et les quantités de boues d'hydrocarbures sont très surveillés ». « Sur les plus petits, la pratique persiste, les traces ne restant pas longtemps dans une mer formée ».D'ailleurs, au plus fort des coups de tabac, on se doute que les avions sont moins nombreux à patrouiller. Alors pour se débarrasser d'un fond de cale ou de caisse bien encombrant ou pour solder un ennui technique, certains n'hésitent pas à purger dans la tempête.Le mauvais temps et les coups de boutoir sur la coque peuvent aussi être à l'origine de difficultés techniques, comme d'une vanne bloquée en position ouverte. La vanne trois voies des séparateurs à eau mazouteuse peut ainsi dysfonctionner, en toute bonne foi.
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Calme meurtrier
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Malheureusement, ces nappes fractionnées par le mauvais temps deviennent de redoutables pièges pour les oiseaux de mer. Epuisés par les coups de vent successifs où ils peinent à trouver leur nourriture et dépensent un maximum d'énergie à rester à la surface, ces oiseaux, pensent trouver dans ces surfaces calmées par les irisations (les hydrocarbures figent la surface de l'eau) une zone de répit. Mais couvertes de pétrole, leurs plumes perdent de leur étanchéité.Les équipages qui traquent ces navires pollueurs reconnaissent que la recherche de preuves s'avère largement plus délicate par mauvais temps. Etablir devant un tribunal qu'une irisation correspond bien à un navire suspecté n'est déjà pas une mince affaire par beau temps, belle mer.   Stéphane Jézéquel 8 janvier 2014 à 13h56

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La traque sans relâche des patrouilles de surveillance

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Du côté de l'action de l'État en mer pilotée par le préfet maritime, « on table sur une efficacité du dispositif de surveillance dans la durée ».« Les constatations de pollution ont été diminuées par dix depuis la tenue des grands procès brestois », résume Lionel Delort, porte-parole du préfet maritime de l'Atlantique. « Un avion des Douanes est déployé en Manche ou Atlantique quotidiennement, avec une mission sur deux dédiée à la lutte contre la pollution. Et je peux vous assurer que les vols ne sont pas systématiquement suspendus par mauvais temps ! ».Les pilotes d'aéronefs de la Marine (Falcon, Atlantique et hélicoptères) sont également formés et habilités à constater ces pollutions en mer. « Nos équipages sont suffisamment aguerris pour travailler au coeur de l'hiver. La constatation est plus difficile par mer formée mais est loin d'être impossible, grâce notamment aux systèmes qui permettent de prouver les rejets immédiats du navire (différentiels de température) ».Il faut ajouter à cette surveillance régulière le balayage des satellites d'observation qui permettent de diriger les aéronefs pour relier les traces de pollution aux navires émetteurs.Mais comment contrer la détection des aéronefs de surveillance par les cargos qui, pour les mieux équipés d'entre-eux, sont aujourd'hui capables de suivre sur leurs écrans la ronde des appareils de surveillance ?

 

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/finistere/pollution-les-cargos-profitent-de-la-tempete-08-01-2014-2360794.php

 

 

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 13:00

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À l'heure de formuler ses voeux, le collectif contre les boues de clapage réclame des actes aux élus de l'agglo, pour une gestion plus efficace des dragages de sédiments.

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« On sait qu'on entre en période de campagne électorale et que la mode est aux promesses. Mais suffisamment de temps a été perdu : il faut des actes. Ça suffit des études complémentaires : on veut des lignes budgétaires ! ».Les membres du collectif contre les boues de dragage, réuni à la BSM hier matin, n'ont pas attendu la fin de la trêve des confiseurs pour se rappeler au bon souvenir des élus. Et ce, près de deux ans après avoir lancé leurs premières alertes, sur le « risque écologique du clapage des boues de DCN ».Le mois dernier, Norbert Métairie détaillait les grandes lignes de la politique de l'agglo en la matière : un travail concerté entre tous les opérateurs (Agglo, Région, DCNS), un plan de dragage pluriannuel pour favoriser des opérations plus légères, dites d'entretien, et enfin la recherche de solution de traitement à terre, ainsi que d'un nouveau site de clapage.

« Le plan va dans le bon sens »

« En seize ans, 1,5 million de m³ de boues ont été clapées. Et on a l'impression que les décideurs prennent seulement conscience aujourd'hui du problème », tonne Gwénaël Le Gras, pour le collectif. Un collectif qui reconnaît que le plan annoncé « va dans le bon sens. Mais il arrive bien tard, et seulement sous la pression des événements ». Les opposants au clapage relèvent plusieurs regrets. « Les normes de pollution pour le clapage vont se durcir au niveau européen. On demande donc aux politiques de l'anticiper, et ne pas se contenter du minimum comme aujourd'hui ».

« Arrêter de tergiverser »

 

Eux remettent en question la neutralité écologique du clapage. « Une étude nous a montré que draguer 155.000 m³ de boues à la BSM engendrait un rejet de 26.000 kg de métaux lourds. Aujourd'hui, le comité de suivi reconnaît que les particules les plus polluées sont celles qui se dispersent le plus facilement, et qu'elles dérivent, en petite quantité, vers la côte. Quant à la Station 3, dans les Coraux, on note une diminution des espèces depuis trois ans ».Le collectif demande donc aux élus d'accélérer la mise en oeuvre d'un programme de traitement à terre. « On tergiverse depuis trop longtemps sur le choix des sites de traitement. Il est temps de passer aux actes ».Le mois dernier, Norbert Métairie annonçait, dans nos colonnes, une opération de dragage d'environ 40.000 m³ de sédiments de la BSM au printemps, et le choix des sites d'enfouissement « courant 2014 ». 3 janvier 2014

 

http://lorient.letelegramme.fr/local/morbihan/lorient/ville/collectif-contre-les-boues-on-veut-des-actes-03-01-2014-2356851.php

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 10:35

imunidade

Le 19 novembre 2002, le pétrolier le Prestige sombrait, déversant 63 000 tonnes de fuel et souillant 2 900 km de côtes espagnoles, portugaises et françaises.


Comme le naufrage de l'Erika en 2000, les ingrédients étaient pourtant réunis pour qu'on puisse prévoir une catastrophe. Ce bateau construit en 1976 avait été immobilisé trois mois plus tôt parce qu'on avait relevé huit déficiences. Il avait malgré tout repris la mer. Rien de très surprenant puisque les compagnies pétrolières s'ingénient à casser le coût du transport en affrétant des bateaux sous pavillon de complaisance. Ainsi le Prestige battait pavillon bahaméen, son propriétaire était libérien, son affréteur une compagnie suisse, Crown Resources, qui s'est dissoute avant l'ouverture de l'enquête, afin de protéger son commanditaire russe. Ce bateau-poubelle pouvait ainsi naviguer en toute irresponsabilité en s'abritant derrière de multiples sociétés écran.


Cela a finalement réussi puisqu'aucun des coupables réels n'a été traduit en justice, ni le propriétaire, ni l'affréteur, ni même la société américaine de classification ABS qui avait autorisé le pétrolier à naviguer et contre laquelle le gouvernement espagnol a porté plainte, sans succès.


Seuls les lampistes ont eu droit à un procès en Espagne. On trouvait donc sur le banc des accusés le commandant grec du bateau, le chef des machines et l'ancien responsable de la marine marchande espagnole. Finalement, seul le commandant a été condamné, à neuf mois de prison avec sursis, parce qu'il avait refusé pendant trois heures d'être remorqué, certainement sur l'ordre de son armateur qui, sinon, aurait dû reverser un fort pourcentage de la cargaison de son navire.


L'ancien responsable de la marine marchande espagnole était traduit en justice parce qu'il avait ordonné au bateau, qui avait lancé un SOS six jours auparavant, de s'éloigner des côtes préférant le voir sombrer loin de l'Espagne. Comme l'a déclaré le commandant : « C'était la pire option. Ils nous transformaient en un cercueil flottant et ils nous envoyaient à la noyade. » Cependant le responsable de cette décision n'a pas été condamné, ce qui montre le peu de cas qui est fait des équipages de ces navires.


Pour les associations écologiques, les habitants des villages souillés, l'acquittement des principaux prévenus apparaît comme un déni de justice et un véritable permis de polluer ! Aline URBAIN


Aux pays des aveugles....

 

Le gouvernement espagnol n'avait pas besoin de la publicité du procès du Prestige : la presse s'est chargée de rappeler que l'actuel chef du gouvernement Mariano Rajoy, numéro deux du gouvernement, à l'époque du naufrage, n'avait eu de cesse de minimiser la catastrophe. Il avait déclaré qu'il ne s'agissait pas d'une marée noire mais « de filaments comme de la pâte à modeler ». Les bénévoles qui se sont « amusés » à nettoyer les plages ont dû apprécier cette sortie. Il est vrai qu'elle vaut bien celle de Dominique Voynet, alors ministre, qui avait déclaré devant l'Erika qu'il « ne s'agissait pas de la catastrophe écologique du siècle ».

A. U.

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2368&id=27

 

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