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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 11:51

3Vadot

Les déchets devraient suivre

L'eau radioactive en provenance de la centrale nucléaire de Fukushima, est arrivée en février 2014 sur les côtes canadiennes, peu de jours avant la date anniversaire de la catastrophe de Fukushima, le 11 mars 2011

   

Selon certains scientifiques, les eaux contaminées de Fukushima devaient  atteindre, en 2014, les côtes nord- américaines. Pour d'autres, c'est un véritable continent de déchets potentiellement radioactifs, issus du tsunami du 11 mars 2011, qui est attendu sur la côte ouest des Etats-Unis. 
  • Du césium-134 et du césium-137 au large du Canada

Deux isotopes radioactifs ont bien été découverts en février dernier au large de Vancouver, sur la côte Pacifique du Canada: du césium-134 et du césium-137 en provenance de Fukushima. Selon Radio-Canada, la côte Britanno-Colombienne baigne donc dans un océan qui affiche un faible niveau de radioactivité à la suite du désastre japonais. Pour l'océanographe et chimiste John Smith de l'Institut océanographique de Bedford en Nouvelle-Écosse, le césium-134 relevé au large du Canada, qui a une période de radioactivité d'environ deux ans, porte clairement la marque de la catastrophe de Fukushima. Le césium-137, lui, reste actif pendant une trentaine d'années.

  • Une carte interactive pour suivre les particules radioactives

Les particules radioactives issues de la pollution provoquée par la catastrophe nucléaire de Fukushima du 11 mars 2011, devraient errer durant une dizaine d'années dans les océans du monde, selon les chercheurs américains du Centre of Excellence for Climate System Science (CECSS) qui ont publié sur internet une étude sur le sujet, en août 2013.

 

Les courants au large du Japon accélèrent la dilution des eaux radioactives, qui perdent donc en concentration radioactive et se dispersent, rapporte l'étude. "Les observateurs de la côte ouest des USA pourront mesurer une augmentation des matières radioactives trois ans après l'événement", estiment les scientifiques qui ont mis en place une carte interactive permettant de visualiser l'évolution d'un produit, quel qu'il soit, porté par les courants marins.

 

Ce graphique de la NOAA montre les concentrations en césium 137 à la surface des océans (entre 0 et - 200 mètres) en avril 2012 (a), avril 2014 (b), avril 2016 (c) et avril 2021 (d).© Photo NOAA

Selon leurs projections, les premières traces de la pollution radioactive de Fukushima présente dans les eaux de l'océan Pacifique devaient arriver en 2014 aux Etats-Unis. Elles ont donc atteint le nord du Canada. Des tests similaires effectués au large des côtes des Etats américains de Washington, de Californie et d'Hawaii n'auraient détecté à ce jour aucune contamination. Que deviendront les innombrables fuites d'eau contaminées qui s'échappent du site dans l'océan depuis la catastrophe (le 22 juillet dernier, l'opérateur Tepco parlait de 390 tonnes par jour) ? L'étude du CECSS n'aborde pas la question.

  • Y a-t-il un danger pour la population ?

Pas vraiment, d'après Erik van Sebille, co-auteur de l'étude américaine, qui précise : "Cependant, les habitants de ces côtes ne seront pas affectés par les concentration de matériaux radioactifs car elles resteront en dessous des normes de l'OMS une fois qu'elles quitteront les eaux japonaises". Les scientifiques canadiens confirment : les valeurs relevées, sont bien en dessous des seuils préconisés, ne constitueraient pas de danger pour la santé humaine.

  • Les déchets du tsunami japonais : le 51ème Etat américain

Selon un article publié par le site "Terra Eco" le 7 novembre 2013, la NOAA (administration américaine de protection des océans) s'attendait, elle, à voir un véritable continent de déchets venu du Japon aborder la côte ouest américaine à la fin de l'année 2013 ou au début 2014.

 

Surnommée le 51e État des Etats-Unis, la plaque de détritus de la taille du Texas, une énorme masse flottante qui ressemble à un amas de rouille, est constituée d'une quantité phénoménale de débris dus au tsunami : véhicules, maisons, pontons, quais entiers...

 

Avec, cadeau, des espèces animales invasives. Trois d'entre elles inquiètent plus particulièrement les chercheurs américains : la moule bleue, l'algue brune connue sous le nom de wakamé, et l'étoile de mer, "Asterias amurensis". Les deux dernières figurent sur la liste des cent espèces exotiques envahissantes parmi les plus néfastes au monde, établie en 2000 par l'Union internationale pour la conservation de la nature.

 

Les macrodéchets du Tsunami dans le Pacifique nord.© Photo ONG Robin des Bois
  • Appel à la population

La NOAA minimise auprès de la population américaine le risque de la radioactivité éventuellement présente dans les débris en provenance du Japon. Elle a néanmoins lancé un appel dès le mois de mai 2012, afin que les promeneurs préviennent les autorités dès qu'ils trouvent un objet rejeté par les flots sur la côte Ouest. Certes, s'il est radioactif, mieux vaut ne pas le prendre, même avec des pincettes. A moins d'être armé d'un compteur Geiger, pour faire auparavant ses propres relevés...


 

D'après les calculs des scientifiques, la contamination de la côte ouest de l'Amérique du nord, devrait atteindre son point culminant vers 2016, mais les prévisions varient considérablement concernant le degré de contamination.


Publié le 11/03/2014 à 07h00 par Cathy Lafon

 

http://www.sudouest.fr/2014/03/11/fukushima-l-eau-radioactive-est-arrivee-au-large-du-canada-les-dechets-devraient-suivre-1486500-5010.php

 

Et y aurait même des thons, "un tout petit peu contaminés" mais rien de grave, on nous le dirait!

 

http://www.leparisien.fr/environnement/fukushima-du-thon-radioactif-peche-au-large-des-etats-unis-01-05-2014-3808281.php

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 11:55

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*

 

Aux États-Unis, une vidéo intitulée « Fukushima radiation hits San Francisco? » qui a été postée sur YouTube pendant le réveillon de Noël, et dans laquelle on voit un homme inconnu mesurer le rayonnement nucléaire en utilisant un compteur Geiger, a jeté le trouble. Le film dure environ sept minutes et le rayonnement atteint parfois de plus de 150 CPM (‘count per minute’), jusqu'à cinq fois le niveau normal. Les images ont été prises à Pacifica State Beach, une ville côtière à environ 30 minutes en voiture du centre-ville de San Francisco.


La vidéo a été vue 600.000 fois et beaucoup de gens craignent que les déchets nucléaires qui ont été emportés en mer lorsque la centrale nucléaire de Fukushima a été frappée par le tremblement de terre et le tsunami qui se sont produits en mars 2011 au Japon, aient atteint la Côte Ouest des États-Unis. Dans le commentaire qui accompagne la vidéo, l’auteur indique que cela fait deux ans qu’il mesure le rayonnement sur les plages locales et que rien n’explique cette hausse soudaine.

 

Les grands médias ont été remarquablement silencieux concernant cet incident. Les grands titres de la presse américaine, dont le Wall Street Journal et le New York Times, mais aussi les chaînes telles que CNN et CNBC, ne l’ont absolument pas mentionné.

 

Les représentants des gouvernements locaux ont commencé à effectuer de nouveaux tests lorsque la vidéo est devenue virale, et ils ont annoncé qu’ils n’avaient pas constaté que le rayonnement avait atteint un niveau dangereux. Dans le journal local The Half Moon Bay Review, Dean Peterson, le directeur du système de santé local, a admis que le rayonnement avait atteint cinq fois la valeur normale à certains endroits, mais il a affirmé qu'il n'y avait pas de danger pour le public. «Ce n'est pas quelque chose que nous considérons être un danger immédiat pour la santé publique. Il est même aucune indication que ceci pourrait provenir de Fukushima », a-t-il dit.

 

Un rapport d'experts indépendants a conclu mercredi que le rayonnement, qui est désormais 14 fois plus élevé que la normale, n'est pas causé par la fusion du réacteur de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, sans parvenir à préciser la cause possible de cette hausse de la radioactivité ambiante.

 

« Cela ne veut pas dire que tout va bien. Vous ne voudriez pas laisser votre bébé jouer dans un tel environnement. Tout ce que nous disons, c’est que cette radioactivité ne vient pas de Fukushima », a déclaré Dan Sythe, le CEO de International Medcom, qui s’est rendu neuf fois au Japon pour mesurer les radiations depuis l’accident de la centrale de Fukushima. Ses analyses montrent que la radioactivité de la plage Pacifica ne provient pas du matériau fissile utilisé au Japon, le cesium-137, mais plutôt du radium et du thorium.

 

The Examiner note que la décontamination de la centrale nucléaire de Fukushima devrait prendre jusqu'à trente ans et coûter 125 milliards de dollars (environ 100 milliards d’euros) et que, à cet égard, il n'est pas normal que les médias traditionnels n’attirent pas l’attention sur l’impact que cela pourrait avoir sur ​​la côte ouest américaine.

 

Russia Today a rapporté plus tôt, sur la base d'un rapport de Reuters, que des sans-domicile-fixe avaient été recrutés pour faire ce que le journal qualifie de « travail le moins attrayant du monde industrialisé » : le nettoyage du site de la centrale nucléaire de Fukushima. Sur le site TheTruthwins.com, Michael Snyder a réuni 36 signes que les médias «mentent sur la façon dont la radioactivité de Fukushima affecte la côte ouest des États-Unis ». La liste complète est ici, mais on note certains éléments remarquables :

 

✓ 70 marins de l'USS Ronald Reagan, qui ont été envoyés en mission humanitaire au lendemain de la catastrophe dans la région touchée, ont développé des maladies graves, telles que le cancer des testicules, cancer de la thyroïde, leucémie, des hémorragies chroniques de l’utérus, et des tumeurs du cerveau à la suite de leur exposition aux radiations nucléaires de Fukushima.

 

✓ En Mars, l'Associated Press a rapporté que plus de 45% de tous les bébés phoques nés en Juin 2012 dans la zone entre San Diego et Santa Barbara (300 km de long) étaient morts (alors que seulement un tiers meurt d'habitude), et que les bébés phoques qui avaient survécu présentaient une insuffisance pondérale.

 

✓ En Juin 2012, la National Academy of Sciences a publié un rapport choquant qui indique que le thon rouge a transporté des matières nucléaires du Japon à la Californie.

 

✓ Dès 2012, le Vancouver Sun a rapporté que du césium-137 - un isotope radioactif instable de césium - a été trouvé dans un pourcentage très élevé des poissons que le Japon vend au Canada: 73% des maquereaux, 93% des thons et 92% des sardines. (L’article a depuis été supprimé par le journal).

 

✓ Cenk Uygur, un ex-présentateur de,la chaîne américaine MSNBC, a affirmé qu’il avait été invité par son employeur à ne pas informer son public des dangers posés par la fusion du réacteur à Fukusima « parce que ceux qui ont le pouvoir à Washington » ne le voyaient pas d’un bon oeil.

 

✓ En Juillet, Masao Yoshide, qui avait dirigé les équipes pour résoudre les problèmes de la centrale nucléaire de Fukushima à la suite de la catastrophe, est mort à l'âge de 58 ans, des suites d’un cancer de l’œsophage. L'exploitant de la centrale, TEPCO (Tokyo Electric Power Co.), a indiqué que sa maladie n’avait aucun lien avec son exposition aux radiations de la centrale nucléaire. 

 

S’il apparait que la Côte Ouest des États-Unis est contaminée, cela pourrait entraîner une catastrophe économique, et une possible migration. La Californie, l'État de Washington et la Colombie-Britannique au Canada sont des ‘economic powerhouses' où sont situées les métropoles de San Diego, Los Angeles, San Francisco, Seattle et Vancouver. Les dommages potentiels pour l'économie en général et pour les secteur de l’agro-alimentaire, du tourisme et de l'immobilier en particulier, seraient incalculables. La valeur totale de l’immobilier de la seule Californie a été estimée en 2010 à 4.400 milliards de dollars.

 

Mais jusqu'ici, il n’en est pas encore question. Comme pour le cas du réchauffement climatique, pour chaque rapport scientifique sur les conséquences catastrophiques de la catastrophe de Fukushima, on trouve également un rapport qui affirme exactement le contraire…

 

http://www.express.be/joker/fr/platdujour/comment-expliquer-le-silence-des-medias-traditionnels-concernant-ce-qui-se-passe-sur-la-cote-ouest-des-etats-unis/200782.htm

 

 

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 09:31

vive la fr

 

La cour d'appel de Rennes vient de considérer que le lymphome d'un vétéran du Clemenceau était le résultat de son exposition au risque nucléaire.

 

Un arrêt inattendu qui sonne comme une avancée dans le combat des vétérans qui dure, sans résultats, depuis plus de dix ans.


Dans un arrêt rendu début décembre, la cour d'appel de Rennes vient d'infirmer un jugement du tribunal des pensions militaires de Brest qui, en 2011, avait refusé une pension d'invalidité à Pierre Marhic, vétéran de la Marine ayant été exposé aux essais nucléaires alors qu'il était à bord du Clemenceau. Au terme de huit ans de procédure, c'est « une victoire » pour celui qui n'a cessé de se battre et préside, aujourd'hui, l'Association nationale vétérans victimes d'essais nucléaires.

Un commissaire du gouvernement désavoué Il est à noter que le tribunal n'a pas suivi les conclusions du com- missaire du gouvernement qui, pourtant, avait repris l'argumentaire du jugement de première instance. À l'époque le magistrat brestois avait estimé « que M. Marhic n'avait pas rapporté la preuve que le porte-avions Clemenceau a été à un moment quelconque exposé à une retombée radioactive et que le lymphome qu'il présente a un caractère radio-induit ». Le commissaire du gouvernement de la cour d'appel a ajouté « que la fonction de M. Marhic, chargé de surveillance radar s'exerçait hors du pont d'envol », lors des missions menées par le Clemenceau entre 1966 et 1969 auprès des atolls polynésiens.

Le poids du témoignage du pacha Un argumentaire laminé par l'arrêt rendu par la cour qui s'est servie de diverses pièces pour reconnaître la maladie professionnelle de Pierre Marhic.Il mentionne, notamment, les commentaires de l'amiral Antoine Sanguinetti entendus lors d'une émission de télévision. L'ancien pacha du Clemenceau indiquait alors qu'au moment des essais nucléaires litigieux, les avions qui allaient prendre les mesures et prélever les gaz radioactifs revenaient « plein de merde à savoir de particules contaminées », indique l'arrêt.

 

Par voie de conséquence, la cour admet « que le personnel embarqué même s'il n'avait pas vocation à travailler sur le pont d'envol lors des expérimentations nucléaires se trouvait soumis au risque d'ingestion de particules nocives ».De la même façon, le lymphome dont souffre Pierre Marhic depuis 1998, « admis depuis le décret du 30 avril 2012 dans la liste des maladies radio-induites » rappellent les magistrats, présente « une probabilité suffisante avec son activité professionnelle ».

 

Manière toute juridique d'ouvrir une brèche immense dans un contentieux où les victimes ont toutes les peines du monde à se faire entendre et semblent se battre contre les moulins à vent.« Le commissaire est désavoué, c'est incroyable », se réjouit Pierre Marhic, qui devra attendre la réponse d'un bataillon d'experts pour connaître le montant de sa pension enfin accordée. « À la place du ministère de la Défense, j'arrêterais la procédure qui dure depuis huit ans. Huit ans ! Faut arrêter l'acharnement », espère le requérant. L'État a deux mois pour se pourvoir en cassation.

 

Steven Le Roy  13 décembre 2013

 

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/finistere/veterans-du-nucleaire-la-cour-d-appel-change-la-donne-13-12-2013-2336171.php

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 11:27

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Voici quatre ans, un mécanicien, âgé de 50 ans, travaillant sur la base des sous-marins nucléaires de l'Ile-Longue déclarait un cancer de la prostate.

*

Le tribunal des Affaires de sécurité sociale (TASS) de Quimper, saisi de cette affaire, avait jugé que la maladie avait été « essentiellement et directement causée par son travail habituel à l'Ile-Longue Pyrotechnie qui l'a exposé aux rayonnements ionisants ». Cette décision reconnaissant l'origine professionnelle de la maladie avait fait l'objet d'un appel de l'État.

 

Lors de l'audience de la cour d'appel du 18 septembre, l'avocat de l'État avait noté que la pathologie dont souffre le mécanicien ne figure pas sur la liste établie au registre des maladies professionnelles. Il avait également fait état de deux expertises selon lesquelles le cancer du mécanicien n'avait pas été causé par les conditions de son exercice professionnel.

 

L'avocat de la victime avait, de son côté, rappelé qu'elle avait été exposée durant huit ans et de manière habituelle au rayonnement, du fait de son contact régulier avec les têtes nucléaires des missiles embarqués par les sous-marins lanceurs d'engins. Il a également remarqué que les services de la Direction des constructions navales n'avaient commencé à mesurer les doses de rayonnement reçues qu'à partir de 1996, soit sept ans après que son client ait commencé à y être exposé.

Réouverture des débats La cour a rendu, hier, son délibéré, par lequel elle ordonne la réouverture des débats et la saisine du comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles de Normandie, spécialisé dans ce domaine. Il lui est demandé de rendre un avis motivé sur l'origine, professionnelle ou non, déclarée par le mécanicien le 29 avril 2009. L'affaire est renvoyée au 22 janvier. 7 novembre 2013

 

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/finistere/ile-longue-debat-sur-l-origine-du-cancer-d-un-mecanicien-07-11-2013-2294315.php

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 15:45

vive la fr

 

Pendant 25 ans, ouvriers mécaniciens et pyrotechniciens ont consciencieusement assemblé les ogives nucléaires destinées à assurer l’indépendance de la France en matière de dissuasion.

 

Des pièces contenant du plutonium ou du césium étaient manipulées sans précaution particulière sur la base de l’Île Longue, dans la rade de Brest. Aujourd’hui, plusieurs salariés frappés de cancers ou de leucémies tentent de faire reconnaître leurs maladies professionnelles. Le ministère de la Défense et l’ancienne Direction des chantiers navals déclinent toute responsabilité.


Ambiance concentrée ce 18 septembre dans la salle des pas perdus du tribunal de Rennes. Une quinzaine d’anciens salariés de la direction des chantiers navals (DCN) de l’Île Longue, dans la rade de Brest, se serrent autour de leur avocate, maître Cécile Labrunie. Elle va devoir prouver que le cancer de Louis Suignard, découvert en 2009, est d’origine professionnelle. Mécanicien, Louis a travaillé sur la base militaire de l’Île Longue de 1989 à 1997. C’est de cette presqu’île qu’appareillent les sous-marins nucléaires français qui filent ensuite patrouiller dans les profondeurs océaniques. « Je faisais partie de l’équipe chargée d’assembler les têtes nucléaires », détaille Louis Suignard. Six têtes nucléaires par missile balistique. Seize missiles par sous-marins, soit 96 ogives nucléaires à assembler pour chacun des dix sous-marins nucléaires sortis des chantiers de la DCN depuis 1971 [1] (lire aussi notre enquête, « Nucléaire : et si on s’intéressait aux installations militaires secrètes ? »). Sans oublier que les ogives usées doivent être rechargées lorsque les sous-marins rallient la base.


Fournis par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), les éléments nécessaires au montage de ces armes de dissuasion arrivent sur la presqu’île en pièces détachées. Des pièces détachées pas vraiment comme les autres : plutonium, cesium, tritium, éléments pyrotechniques pour la mise à feu… Les salariés – mécaniciens, électriciens, artificiers, pyrotechniciens – assemblent tout dans « la nef », surnom de cet atelier très spécial. Les ogives parcourent ensuite par camion ultra-sécurisé les deux kilomètres qui séparent « la nef » de la cale où sont stationnés les sous-marins, prêts à être chargés.


Casser la croûte près d’une ogive nucléaire

Les salariés se demandent parfois s’ils ne risquent pas de recevoir quelques rayons radioactifs. La direction de la DCN les rassure. « "Les ogives nucléaires ne rayonnent pas plus que le granit breton !", nous répondaient-ils », se souvient Francis Talec, ancien délégué syndical CGT. Confiants, les ouvriers de la dissuasion ont donc poursuivi leurs tâches quotidiennes le cœur léger. Et ce, depuis le lancement du premier sous-marin nucléaire français Le Redoutable, sous Georges Pompidou. « Nous restions causer près des têtes nucléaires. Parfois, on cassait même la croûte à proximité », se remémore l’un d’entre eux. « Je me souviens avoir voyagé assis sur les containers livrés par le CEA, pour aller emmener les matériaux nucléaires vers les alvéoles sécurisées où ils étaient entreposés avant qu’on ne les monte », se rappelle Louis Suignard.


Cette inconsciente tranquillité dure près de 25 ans. En 1996, stupeur : les salariés apprennent que, finalement, les ogives nucléaires de 110 kilotonnes rayonnent un peu plus que le granit breton. L’histoire raconte qu’un salarié du CEA avait oublié sur place son dosimètre photographique, que la radioactivité aurait dégradé. Et aurait alerté la direction. Les anciens de la « nef » ne savent pas vraiment d’où viennent les révélations. Toujours est-il que l’inoffensif devient dangereux. « En novembre 1996, suite à la demande des élus CGT et CFDT, il y a eu un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail lors duquel nous avons appris que les tête nucléaires TN 75 (en assemblage depuis 1993, ndlr) rayonnaient plus que les précédentes. Qui rayonnaient aussi, finalement ! Pendant des années, on nous a assuré du contraire ! », s’insurge Francis Talec. L’ancien délégué CGT est aujourd’hui président de l’antenne brestoise de l’association Henri Pézérat, spécialisée dans les questions de santé au travail.


Des rayonnements classés « secret-défense »

Novembre 1996. Suite à la découverte des rayonnements radioactifs, les chantiers s’arrêtent pendant trois semaines. Une zone contrôlée est mise en place, les personnels sont informés des dangers des rayons, ils reçoivent des formations spécifiques. Les conditions de travail changent radicalement. « Les gars qui bossent au contact direct des ogives ont désormais des temps de présence limités, explique Francis Talec. Ils s’approchent des têtes deux par deux et, aussitôt leur mission accomplie, repartent au fond de la nef, en attendant la suite. Ils prennent des doses, évidemment. Mais ils le savent ! Et ils sont équipés de dosimètres qui leur permettent de savoir combien ils prennent. »

Que s’est-il passé avant ? A quelles doses les ouvriers précédents ont-ils été exposés ? Impossible à savoir, puisque aucune mesure n’a été réalisée avant 1996. Quant au pic de rayonnement au contact des ogives, il est classé secret-défense, car l’information pourrait donner des indications précises sur la composition des missiles nucléaires [2].


Au moins 10% des salariés malades

Hors du périmètre de la base, les anciens salariés de la DCN à la retraite se croisent de plus en plus souvent dans les couloirs des hôpitaux locaux. Ils réalisent que plusieurs d’entre eux sont malades. Et organisent une réunion d’information au printemps dernier sous l’égide de l’association Henri Pézérat. Le constat est dramatique. « Sur les 110 salariés qui ont travaillé à l’assemblage des têtes sans aucune protection pendant 24 ans, nous recensons déjà cinq leucémies, trois cancers (prostate, rectum, lymphome), et une cataracte », égrène Francis Talec. Quatre personnes sont décédées, aux alentours de la cinquantaine. « Il y a quelques jours, un copain a découvert qu’il était à son tour atteint d’un cancer. Mais nous savons que certains salariés ne veulent pas dire qu’ils sont malades. C’est dur de dire qu’on a un cancer. Et les médecins ne font pas forcément le lien entre la maladie et le travail. Nous ne savons donc pas combien nous sommes au total », reprend Jacques [3]. « C’est pourquoi nous aimerions qu’une étude de cohorte soit réalisée. »


Faute inexcusable de l’État employeur

Au prix de combats judiciaires interminables, quatre leucémies et une cataracte ont été reconnues en maladies professionnelles, parfois plusieurs années après le décès du salarié ! En 2004, suite à la bataille de la veuve d’un pyrotechnicien décédé à 50 ans d’une leucémie, le ministère de la Défense et la DCN privatisée (devenue groupe DCNS dont sont actionnaires l’État français et Thales, avec désormais une Business Unit Armes sous marine) reconnaissent leur faute inexcusable pour la non application des lois et décrets en vigueur sur la protection des salariés. Trois autres salariés ont ensuite obtenu cette reconnaissance en faute inexcusable de l’employeur. En cas d’exposition à des rayonnements ionisants externes et internes, l’employeur est obligé de protéger ses salariés, et de mettre en œuvre des mesures de surveillance de la dosimétrie, de formation et d’information. Il doit aussi définir une zone contrôlée. Ce qui n’a pas été fait avant 1996... Avec cette faute inexcusable, l’État « admet les conditions fautives dans lesquelles les salariés de l’Île Longue ont été exposés », estime l’avocate Cécile Labrunie.

Mais la reconnaissance par l’État et du ministère de la Défense de leur responsabilité globale n’est toujours pas à l’ordre du jour. En août 2012, Louis apprend ainsi que le ministère de la Défense fait appel de la reconnaissance en maladie professionnelle de son cancer par le tribunal de Quimper. « Il n’y a pas de lien automatique entre le cancer prostatique et les rayonnements ionisants », avance l’avocat de la DCNS lors de l’audience en appel. « Cette maladie n’est pas inscrite au tableau n°6 de la sécurité sociale, qui liste les maladies professionnelles radio-induites », précise-t-on du côté du ministère.


« Il n’y a pas de problème particulier »

Créé en 1931 et actualisé en 1984, ce tableau liste l’ensemble des maladies liées aux rayonnements ionisants pouvant être reconnues comme professionnelles. Seuls trois cancers y figurent : la leucémie, le sarcome osseux et le cancer broncho-pulmonaire. Problème : « Cette référence n’évolue pas au même rythme que les connaissances scientifiques sur les cancers radio-induits, estime Cécile Labrunie. Beaucoup d’études ont été réalisées sur les organes radio-sensibles, qui démontrent que la liste des cancers pourrait être allongée » [4].

Autre point de désaccord entre les deux parties : les impacts des faibles doses. Pour la DCNS et le ministère de la Défense, être exposé une bonne partie de sa vie à des faibles doses radioactives est sans effet notoire. « Depuis 2003, la limite annuelle admissible est de 6 millisiverts par an pour les travailleurs nucléaires de catégorie B, que sont les pyrotechniciens (six fois plus que pour la population, dont la limite est fixée à 1 mSv/an, mais trois fois moins que pour les salariés EDF du nucléaire, ndlr). Ce sont des normes très contraignantes, en deçà des seuils recommandés par les scientifiques. Il est admis par le CEA que les têtes montées avant les TN 75 rayonnaient moins », se défend le ministère, contacté par Basta !. Le CEA a également reconstitué théoriquement l’exposition des salariés avant 1996. Résultat de ces évaluations impossibles à vérifier : aucun danger. « Si l’exposition est inférieure aux doses acceptables, il n’y a pas de problème particulier », concluent les services de Jean-Yves le Drian.


Les effets des faibles doses

« Il n’y a pas de dose minimum et suffisante pour contracter un cancer, estime de son côté Cécile Labrunie, s’appuyant sur le travail d’Annie Thébaud-Mony [5]. Même l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) dit qu’il n’y a pas de dose minimum en deçà de laquelle les rayonnements ionisants ne seraient pas dangereux ». Si les fortes doses sont létales pour les cellules, les faibles doses prolongées peuvent provoquer mutations et cancers, « ce que semblent confirmer les résultats des rares études en épidémiologie professionnelle », explique Annie Thébaud-Mony. « Outre les effets cancérogènes, les faibles dosent peuvent entraîner des mutations génétiques (à une ou deux générations) et des perturbations du système immunitaire et endocrinien. »

Reste que les salariés ignorent pourquoi ils n’ont jamais été informés des dangers auxquels ils étaient exposés. Cette inconnue les ronge et suscite beaucoup d’indignation [6]. « Il faut dire la vérité, assume Jules. Nous étions fiers de travailler là. On se sentait importants. Nous avions l’impression de faire quelque chose de rare. D’ailleurs, nos supérieurs nous le disaient. Quand je repense à eux aujourd’hui, je me sens vraiment en colère. »


Jean-Yves le Drian interpellé

En 1996, le contre-amiral Michel Geeraert, alors inspecteur des armes nucléaires, se rend sur l’Île Longue pour se rendre compte de la situation. « Mais son rapport a été classé secret défense. Nous avons demandé son déclassement au ministère de la Défense. Nous n’avons eu aucune réponse », déplore Francis Talec. Interpellé par des parlementaires à ce sujet, notamment des députés d’Europe écologie - Les verts, Jean-Yves le Drian répond que « le rapport établi par l’Amiral Geeraert contenant de nombreuses informations classifiées relatives à des systèmes d’armes nucléaires toujours en service au sein de nos armées, il [n’était] pas envisagé de rendre public ce document. » Il a cependant assuré être « particulièrement attentif » à la situation des ex-salariés de la « nef ».


Ce n’est pas l’impression des victimes irradiées, à qui le ministère ne s’est jamais adressé directement, en dépit de divers courriers et interpellations. « On ne le sent pas concerné. Il ne parle jamais des familles, témoigne Claudine Suignard, l’épouse de Louis. Alors que c’est un vrai combat pour nous aussi. » Certaines femmes se sont battues pendant des années pour obtenir la reconnaissance en maladie professionnels des cancers qui ont provoqué l’agonie de leur maris avant même qu’ils n’entrent en retraite. « Et puis, il y a nos enfants, à qui il va falloir expliquer qu’ils doivent se faire suivre, eux aussi, glisse Claudine, la voix nouée. Parce que quand nous avons fait nos enfants, leur père travaillait au contact des ogives. » Les rayons neutroniques passent partout, y compris dans les spermatozoïdes. « On a envoyé le petit peuple se faire tuer, comme à la guerre », enrage-t-elle. Chut, secret-défense.

 

par Nolwenn Weiler 10 octobre 2013

 

Notes

[1Quatre sont actuellement en service.

[2Cf. procès verbal du CHSCT du 19-11-96.

[3Certains prénoms ont été modifiés à la demande des témoins.

[4L’État reconnaît partiellement que les maladies radio-induites sont plus nombreuses que celles qui sont listées dans le tableau n°6. En juin 2010, un décret relatif à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires désigne ainsi 18 cancers.

[5Santé des travailleurs et sureté nucléaire au risque de la sous-traitance. Colloque « radioactivité et santé : risques et radioprotection. Parlement national, Bruxelles. Mars 2012.

[6Une vingtaine de salariés ont déposé des demandes de reconnaissance de leur préjudice d’anxiété. Activé par les nombreuses victimes de l’amiante, cette reconnaissance permet aux travailleurs d’obtenir une indemnisation par les Prud’hommes pour l’angoisse causée par le risque de développer une maladie grave.


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http://www.bastamag.net/article3379.html

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 13:56

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Un réacteur nucléaire suédois a redémarré mercredi matin après trois jours d'arrêt causés par l'accumulation de méduses dans un circuit de refroidissement, a indiqué l'exploitant.

 

L'incident s'est produit sur le réacteur 3 de la centrale d'Oskarshamn, sur la côte de la mer Baltique. Il n'a pas eu de répercussion sur les consommateurs ni la sécurité. OKG, filiale de l'allemand EON qui exploite cette centrale, avait annoncé qu'il avait dû arrêter ce réacteur de manière préventive dimanche "à cause de la présence d'un nombre important de méduses dans la prise d'eau de refroidissement". "La production a repris", a indiqué l'entreprise mercredi dans un communiqué.


Les méduses ont causé des dégâts dans un mécanisme chargé de filtrer l'eau de mer, forçant OKG à en remplacer certaines parties et à nettoyer les canalisations avec de l'eau à haute pression, a expliqué à l'AFP une porte-parole, Emmy Davidsson.

 

Elle n'a pas pu préciser combien de méduses avaient envahi les circuits de la centrale. "C'est le nombre le plus important que nous ayons jamais vu. Ce n'est pas commun. Tous les automnes nous devons nous débarrasser de méduses, mais pas autant", a-t-elle expliqué.International  |  02/10/2013 - 13:33

 

http://www.lejdd.fr/International/Depeches/Des-meduses-arretent-un-reacteur-nucleaire-632023

 

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 12:23
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Où va Tepco ? Difficile de répondre à cette question, tant la compagnie d’électricité de Tokyo paraît de moins en moins crédible et de plus en plus dépassée par les événements à la centrale de Fukushima.


Depuis l’aveu le 22 juillet – au lendemain des élections sénatoriales et après plus de deux années de dénégation – de fuites quotidiennes de 300 tonnes d’eau contaminée dans l’océan, pas un jour ne passe sans l’annonce de nouveaux problèmes à la centrale ravagée par le séisme et le tsunami de mars 2011.


Samedi 31 août, l’entreprise admettait que des niveaux de radiation élevés avaient été enregistrés à proximité de réservoirs de stockage d’eau contaminée, sans pouvoir en expliquer la cause. Le niveau de radioactivité d’un réservoir – suffisant pour tuer en quatre heures toute personne qui y serait exposée – s’est avéré dix-huit fois supérieur à celui mesuré il y a dix jours. Ces dernières révélations illustrent une nouvelle fois les difficultés de Tepco à gérer la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl.

 


« NOS CRAINTES DEVIENNENT RÉALITÉ »

Lundi 2 septembre, Shunichi Tanaka, le président de l’Autorité de régulation du nucléaire (ARN), a qualifié la situation à la centrale de « particulièrement grave ». « Nos craintes deviennent réalité », a-t-il ajouté en évoquant les derniers chiffres de la radioactivité et appelant Tepco à travailler pour « identifier les risques à venir » afin de ne plus être pris au dépourvu. Ses remarques suivent les critiques formulées par le gouvernement, qui a nationalisé l’entreprise en juillet 2012 en y injectant 1 000 milliards de yens (7,7 milliards d’euros), et par les pêcheurs, inquiets pour leur activité.

Le 26 juillet, Dale Klein, invité par le Japon à diriger la commission créée en 2012 pour la réforme du nucléaire, avait critiqué la gestion de la catastrophe. « Vous ne savez pas ce que vous faites », avait lancé l’ancien dirigeant de la commission américaine de régulation du nucléaire au directeur général de Tepco, Naomi Hirose. Avant de donner son verdict : « C’est plus de l’incompétence que de la dissimulation. » Aujourd’hui, 91 % des Japonais souhaitent que le gouvernement gère directement la reprise en main de Fukushima.

 

« DOUTES SÉRIEUX SUR LA CAPACITÉ DE TEPCO »

C’est dans ce contexte que le 28 août, Hirohiko Izumida, le gouverneur du département de Niigata (nord), a appelé à « la liquidation » de l’entreprise. Ancien expert de l’énergie au ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie (METI), M. Izumida a des « doutes sérieux sur la capacité de Tepco à gérer des centrales nucléaires ».

Il se prononce contre le redémarrage de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, installée à Niigata, sur lequel Tepco compte pour améliorer une situation financière délicate. Ses ventes ont atteint 5 976 milliards de yens (46 milliards d’euros) à l’exercice 2012-2013 clos fin mars, et ses pertes nettes 685 milliards de yens (5,3 milliards d’euros). L’arrêt des réacteurs nucléaires l’a obligée à augmenter la production d’électricité de ses centrales thermiques, ce qui a fait bondir la facture des combustibles fossiles. Si Kashiwazaki-Kariwa ne redémarre pas, la compagnie pourrait devoir augmenter ses tarifs de 8,5 % à 10 % dès janvier 2014. La situation actuelle de Tepco contraste avec l’avant-Fukushima. L’entreprise, créée en 1951 après la privatisation du secteur de l’électricité, occupait alors une place enviable au Japon et faisait partie des premières compagnies mondiales d’électricité.

 

Outre un monopole régional et d’importants budgets publicitaires – notamment pour le nucléaire, l’une de ses priorités –, elle était l’un des gros contributeurs du Keidanren, la puissante fédération patronale japonaise. Depuis 1990, elle y disposait d’un poste de vice-président. L’actuel dirigeant de l’organisation, Hiromasa Yonekura, était d’ailleurs un proche de Tsunehisa Katsumata, président de Tepco jusqu’en juin 2012. L’entreprise au cœur du « village nucléaire » nippon – très critiqué après Fukushima pour sa culture opaque et la collusion entre industriels, universitaires et hauts fonctionnaires – n’a jamais su se départir d’une certaine arrogance. La manière d’appréhender les incidents de Fukushima en est la triste illustration. Et, depuis le début de la catastrophe, dont la résolution prendra au minimum quarante ans et pourrait coûter 44 milliards d’euros, son attitude n’a guère changé.


« MYTHE DE LA SÛRETÉ »

Le 20 juin 2012, l’entreprise a remis son propre rapport d’enquête sur la catastrophe. Conclusion : elle n’avait quasiment rien à se reprocher. Tout était de la faute du gouvernement qui s’était mêlé de ce qui ne le regardait pas.

Les dirigeants de l’entreprise niaient avoir dissimulé la moindre information, expliquaient que personne n’avait imaginé la possibilité d’un tel tsunami et affirmaient n’avoir jamais voulu évacuer le site au moment du drame.

Ils prétendaient également avoir envoyé dès le 13 mars (deux jours après le début de la crise) du personnel à Namie, ville proche de la centrale, pour expliquer la situation. Une affirmation contestée par le maire de la municipalité, Tamotsu Baba.


Les autres rapports sur la catastrophe de mars 2011 sont venus démonter son argumentaire. Le 23 juillet 2012, une étude gouvernementale déplorait une « trop grande confiance » dans le « mythe de la sûreté » des installations nucléaires. Quelques jours auparavant, la commission parlementaire (Naiic) avait critiqué Tepco pour avoir « évité de jouer la transparence » et avait noté que le milieu du nucléaire connaissait, dès 2006, le risque de rupture d’alimentation électrique – principale cause de la catastrophe – en cas de tsunami à Fukushima.


Ces critiques rappellent qu’avant mars 2011 Tepco avait déjà été ciblée pour ses dissimulations. En 2007, la défunte NISA, l’Agence de sûreté industrielle et nucléaire, aujourd’hui remplacée par l’ARN, signalait qu’entre 1978 et 2002 97 incidents, dont 19 jugés « critiques », avaient été cachés aux autorités. Ces affaires concernaient les dix compagnies d’électricité japonaise, mais Tepco était la plus critiquée. En juillet 1987, la compagnie était de nouveau pointée du doigt pour des retards d’information sur un incendie et une fuite radioactive à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, après un séisme de magnitude 6,8. De quoi douter de l’engagement pris par l’entreprise en mai 2012 de créer une «nouvelle Tepco », « assumant ses responsabilités » et « développant une culture de la transparence ». Tokyo, correspondance

*

MESMER Philippe * LE MONDE | 02.09.2013 à 12h26 • Mis à jour le 02.09.2013 à 17h40.
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http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29635
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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 09:30
HOLIDAYS IN FUKUSHIMA BEACH 

Le niveau de radioactivité relevé dans un réservoir contenant de l’eau contaminée à la centrale nucléaire accidentée de Fukushima est 18 fois supérieur à celui mesuré voici encore dix jours, a annoncé dimanche l’opérateur de cette centrale de la côte nord-est du Japon, Tepco.


Un taux de radioactivité mortel


Des niveaux de radioactivité extrêmement hauts ont été mesurés samedi à la centrale de Fukushima près de réservoirs d’eau radioactive du même type que celui qui a récemment fui. Une radioactivité de l’ordre de 1 800 milliSieverts par heure - assez pour tuer en quatre heures une personne qui y serait exposée - a été calculée samedi près du fond d’un réservoir d’eau, a déclaré Tepco.


Fuite ?

Le 22 août, la radioactivité mesurée dans le même réservoir était de 100 milliSieverts par heure. Selon un porte-parole de Tepco, une nouvelle fuite a été décelée au niveau d’une canalisation reliant deux autres réservoirs. Aux deux nouveaux emplacements détectés samedi, le niveau est de 70 et 230 millisieverts par heure. Ces deux lieux sont reliés par une conduite près de laquelle a également été constaté un changement de couleur du sol, ce qui pourrait, en effet, provenir d’une fuite.


Des réservoirs critiques

Tepco a récemment renforcé la surveillance de quelque 300 réservoirs identiques à un exemplaire qui a laissé filer 300 tonnes d’eau hautement radioactive dont une partie se serait écoulée jusqu’à la mer. Dans le passé, quatre fuites de moindre ampleur avaient déjà été constatées sur ces réservoirs cylindriques de 11 mètres de haut et 12 mètres de diamètre assemblés à la hâte à quelques centaines de mètres des réacteurs.


L’eau, indispensable pour le système de refroidissement

Le problème de l’eau à Fukushima est très large : il concerne aussi les importantes quantités qui se sont infiltrées dans le sous-sol de la centrale et qui s’écoulent dans l’océan Pacifique voisin, comme l’a récemment avoué Tepco.

Cette abondance d’eau provient en grande partie des systèmes de refroidissement des réacteurs dans lesquels le combustible nucléaire a fondu lors de l’accident provoqué par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 dans le nord-est de l’archipel. Nucléaire dimanche 01 septembre 2013

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 12:16

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Partiellement relancée depuis juin dernier au large de Fukushima, la pêche sera de nouveau stoppée début septembre à cause des risques accrus de contamination radioactive, rapporte l'agence de presse Kyodo.


L'association des pêcheurs de Soma et Futaba (préfecture de Fukushima, dans le nord-est de l'archipel) avait recommencé en juin à prendre quelques variétés de poissons et à effectuer des contrôles avant de les vendre si leur niveau de contamination était inférieur aux limites légales en vigueur au Japon.


Mais compte tenu des récents aveux de nouvelles fuites radioactives en mer en provenance de la centrale de Fukushima Daiichi, mise à mal par le séisme du 11 mars 2011, ces pêcheurs ont décidé de cesser leur activité dans les environs à compter du 1er septembre.


Le 22 août, l'opérateur Tokyo Electric Power (Tepco) a estimé à 30 000 milliards de becquerels la quantité d'éléments radioactifs (césium et strontium) contenus dans les eaux souterraines qui se déversent dans l'océan Pacifique depuis mai 2011. La veille, l'Autorité de régulation du nucléaire avait qualifié d'"incident grave" le déversement dans le Pacifique de 300 tonnes d'eau contaminée d'un réservoir défectueux.

 

http://www.courrierinternational.com/dessin/2013/08/26/japon-poisson-au-poison

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 13:01

La "cause de la fuite existe probablement sur d'autres réservoirs" a reconnu un vice-président de Tepco à la télévision.

INTERROGATION. Comment et pour quelle raison un des réservoirs d'eau hautement radioactive de la centrale de Fukushima a-t-il laissé filer 300 tonnes d'eau ? Nul n'en sait rien, pas même la compagnie gérante du complexe atomique qui rechigne à s'étendre sur ces cuves déployées par centaines.

L'eau s'écoulait depuis des semaines du réservoir percé

Lundi 19 août 2013, Tepco annonçait avoir découvert des "flaques d'eau radioactive près de réservoirs", avant de préciser plus tard que la quantité échappée était de 300 tonnes. Le réservoir défectueux a été identifié, mais pas encore le point précis de la fuite qui durait assurément depuis des semaines, sans avoir été détectée.


"VÉRIFICATIONS VISUELLES". "Des vérifications visuelles ont lieu deux fois par jour, les techniciens regardent si de l'eau s'est artificiellement accumulée au sol et si tel est le cas ils en mesurent la radioactivité", a pourtant assuré Tepco. Reconnaissant que le processus a cette fois failli, la compagnie a dit étudier d'autres modalités de contrôle.

Plus d'un millier de réservoir, chacun capable de stocker 1.000 tonnes d'eau radioactive

Plus d'un millier de réservoirs de divers types émanant de plusieurs fabricants sont assemblés dans des zones déblayées autour de la centrale, dont 350 du même modèle que celui qui a fui. Ces derniers sont fournis par la petite entreprise Tokyo Kizai Kogyo, a fini par confirmer à l'AFP un porte-parole de Tepco. Interrogée auparavant par l'agence, Tokyo Kizai Kogyo, dont le nom n'est officiellement pas cité, avait pour sa part refusé de répondre, invoquant "des clauses de confidentialité avec Tepco et les sociétés parties-prenantes". "La commande a été passée par une coentreprise créée par Tepco et la firme de travaux publics Taisei Construction", s'est contenté d'expliquer un vice-PDG de Tepco, Zengo Aizawa, ajoutant que chaque réservoir coûte "plusieurs dizaines de millions de yens" (d'une centaine à plusieurs centaines de milliers d'euros).

 


PISCINE OLYMPIQUE. Ces énormes pièces, de 11 mètres de haut sur 12 mètres de large, peuvent chacune stocker 1.000 tonnes d'eau (le tiers d'une piscine olympique). Constitués de plaques d'acier, ces réservoirs sont assemblés et scellés sur place, avec des joints de caoutchouc expansé. "Ces modèles ont été choisis parce qu'ils pouvaient être livrés et montés rapidement", a avoué Tepco.

L'eau souillé vient de la mer : salée, elle attaque peut-être l'acier des réservoirs ?

La "cause de la fuite existe probablement sur d'autres réservoirs", a reconnu M. Aizawa lors d'un entretien télévisé, ce avant que Tepco n'annonce samedi que "le réservoir qui a fui avait d'abord été installé à un autre emplacement".


DALLE DE BÉTON. Il avait été déplacé à cause d'un affaissement de dalle de béton, à l'instar de deux autres qui, du coup, devaient rapidement être vidés par précaution, sans pour autant que soit établi avec certitude le lien de cause à effet entre le démontage/remontage du réservoir et la fuite. Dans le passé, quatre autres fuites avaient déjà été constatées. Elles étaient de moindre ampleur mais vraisemblablement liées à des soucis aux jointures. Interrogé sur la résistance des matériaux aux éléments radioactifs contenus dans l'eau, un porte-parole de Tepco s'est borné à indiquer: "ces réservoirs ne sont pas seulement prévus pour stocker de l'eau propre, mais aussi de l'eau souillée".


"TROU DE CORROSION". "L'eau contaminée est en partie issue d'eau de mer et contient donc du sel. Or l'acier utilisé rouille facilement et il existe des risques de trous de corrosion", a pour sa part prévenu le professeur Akio Hata, spécialiste des questions de pollution. L'autorité de régulation nucléaire a qualifié de "grave" l'incident et l'a situé au "niveau 3" sur l'échelle internationale des événements nucléaires (Ines).


Cette décision a été prise avant que Tepco n'annonce que l'eau en question avait peut-être emprunté un petit ruisseau qui court jusqu'à l'océan Pacifique voisin, déjà pollué par les énormes quantités d'eau radioactive venant des sous-sol de la centrale et les retombées de pluie contaminée les jours suivant l'accident survenu en mars 2011 après un tsunami et séisme au large du nord-est.


Mais ce pourrait être pire encore: "si un autre raz-de-marée ou tremblement de terre se produisait, ces réservoirs fuiraient de façon massive", a déjà averti à maintes reprises le professeur Hiroshi Miyano, expert de la conception de centrales. 

 

Créé le 26-08-2013 à 08h59 - Mis à jour à 09h30

 

http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/crise-nucleaire-au-japon/20130826.OBS4315/fukushima-le-mystere-des-reservoirs-d-eau-radioactive-perces.html

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