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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 12:15

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La CGT des Marins du Grand Ouest appelle à participer à la manifestation pour le maintien de l’emploi à Quimper samedi.


Alors que l’union départementale de CGT du Finistère lance un appel régional pour venir manifester à Carhaix samedi, le syndicat CGT des Marins du Grand Ouest annonce qu’il défilera samedi à Quimper, demandant « à tous ses adhérents et sympathisants d’être présents […] afin de soutenir les salariés de « Gad, Doux, Tilly Sabco, Marine Harvest etc..  ». Par leur présence les Marins défendront l’industrie et les métiers créateurs d’emplois. »


Brest, « un élément fondamental » Jean-Paul Hellequin, porte-parole et secrétaire adjoint du syndicat, a estimé dans un communiqué que « depuis des décennies (les années 70) les Marins français sont confrontés à une concurrence déloyale, injuste et dévastatrice des métiers mais aussi du pavillon national. Le syndicat CGT des Marins du Grand Ouest ne peut que soutenir l’initiative de cette manifestation pour défendre l’emploi en y créant des activités nouvelles permettant aux Bretons de pouvoir travailler et vivre au pays.


Le syndicat CGT des Marins du Grand Ouest tient à rappeler que parmi les ports Bretons le port de Brest est en mesure de recevoir des navires importants, que la sécurité et la sûreté y sont bien assurées (voire même parfois un peu zélée).

Il aura fallu une crise comme celle que vit la Bretagne en ce moment pour s’apercevoir que le port de Brest est un élément fondamental dans la vie économique de notre Région et de notre pays. Les ports permettent 90 % des échanges mondiaux et plus de 320 000 emplois en France. L’histoire de notre Région a démontré depuis longtemps que l’agroalimentaire et le maritime sont très liés. »  Social jeudi 31 octobre 2013

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Quimper.-La-CGT-des-Marins-du-Grand-Ouest-manifestera-place-de-la-Resistance_40820-2244713------29232-aud_actu.Htm

 

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 10:35

ports

Samedi 13 juillet en fin de matinée, un docker de 50 ans a été écrasé par son propre engin de manutention qui s'était renversé.

 

Les marins-pompiers ont dû le désincarcérer pour le sortir de l'amas de tôles dans lequel il était prisonnier. Il n'a pas survécu à ses blessures.


Le travail de docker est dangereux. Ce sont des tonnes et des tonnes qu'il faut manipuler à toute vitesse à plusieurs mètres du sol, au milieu d'un trafic intense. Et là, même si le « cavalier », c'est-à-dire l'engin de manutention des containers était vide, il n'en reste pas moins que l'accident est toujours possible.


Il y a quelques années, avant la mécanisation, lorsque le port de Marseille tournait à plein, il y avait dix morts de dockers par an et des milliers d'accidents de travail. Aujourd'hui la mécanisation n'a pas arrêté les accidents. Ils sont même plus violents.


La vitesse au travail est aujourd'hui le maître mot sur le port. C'est justement cette vitesse qui permet aux patrons des grandes compagnies de faire charger et décharger les navires en quelques heures. Ce gain de temps, avec tous les risques qu'il comporte pour les conducteurs, c'est pour le plus grand bien des profits des actionnaires du port, qui n'ont pas de mots assez durs quand les dockers se mettent en grève, y compris parfois pour leurs conditions de travail.


Correspondant LO

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2348&id=27

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 15:26

 

 

C’est la trêve estivale pour la clapeuse « Empédocle »

 

Les opérations de dragage du port de Loctudy étant suspendues jusqu’en septembre pour ne pas gêner les plai- sanciers, ni montrer aux touristes une mauvaise image de ce qu’il y a comme déchets dans le port et que la clapeuse, pendant la morte saison, avec l’aval du préfet, du  conseil général et de Monsieur Piété ( maire de Loctudy) rejette en mer en pleine zone protégée Natura 2000.


Cette pratique anéantit toute une zone de pêche devenue impraticable et dangereuse pour les chalutiers (risque de croche avec les blocs de pierre et de vase que la clapeuse a déposé).


De plus, Le dépôt de ces vases polluées de métaux lourds étouffe les terriers à langoustines et les poissons plats vivants sur le fond marin, empoisonnant sur le long terme la chaîne alimentaire, polluant la faune et la flore, les plages, les coquillages, les courants marins ramenant au rivage les vases en expansion. Les marins pêcheurs ont même ramené à quai des détritus venant du clapage plus insolites les uns que les autres tels qu’une table de jardin, un extincteur, des pneus etc. Une bien triste carte postale touristique.

 

Une catastrophe écologique irréparable

 

Les professionnels de la mer ne pourrons même pas demander à l’état d’être indemnisés pour les préjudices subits puisque le sénat à pris la décision que le clapage ne pouvait en aucun cas être désigné comme cata- strophe naturelle. Comment faut-il appeler cela ?

 

Le mépris des élus pour les marins pêcheurs

 

Monsieur Piété s’indignait lors d’une manifestation appelant à la reprise du clapage suspendue pour non-respect du cahier des charges ( toujours pas respecté d’ailleurs), qui a rassemblé 200 personnes ayant pour seul intérêt que leur petit confort « bobo » au détriment de l’écologie, que «  Loctudy avait le droit de vivre ».


Aurait-il oublié à travers ses propres propos sur sa commune "qui ne vit pas que de la plaisance et du tourisme deux mois de l’année mais aussi de la pêche qui a fait la richesse de la commune et ce bien avant la construction du port de plaisance" ? A n’en pas douter, avec des propos comme celui-ci, Monsieur le maire nous montre bien à quel point il méprise totalement la profession.


Il est à rappeler que cette méthode anti-écologique de rejet en mer dite clapage a été décidée sans l’avis de la population ni concertation avec les marins pêcheurs (principaux intéressés ). Mais pour autant Monsieur Piété ne se gêne pas pour dénoncer par voie de presse les marins-pêcheurs, "avec qui aucun dialogue n’est possible" (ils ont dû apprécier) ceux-cvi étant farouchement opposés au clapage. Nous pouvons aisément les comprendre. Comment être d’accord avec une pratique qui détruit une zone de pêche et son gagne pain ?

Le clapage c’est quoi au juste ? 

Pour faire simple, c’est l’action de rejeter en mer, les vases portuaires et tous les détritus dragués dans le port. C’est comme faire de la mer une décharge publique à ciel ouvert. Sauf que là, ni vu ni connu c’est sur le fond, ça ne se voit pas, tout va bien. Nos élus ont pour prétexte que c’est le moins coûteux. Il en coûterait combien pour dépolluer toute cette zone de pêche souillée par le clapage ? Y ont-ils songé ?

 

Une pétition pour stopper définitivement le clapage

 

Les marins-pêcheurs ont obtenu par pétition papier pas moins de 3000 signatures en à peine un mois et plus d’un millier sur internet. Il nous faut aller encore plus loin dans l’action à travers cette pétition pour réclamer une interdiction nationale de cette pratique. Ainsi que la dépollution des zones de clapage.


Nous ne sommes pas opposés au retrait des boues portuaires qui, avec la volonté politique et au préalable l’avis de la profession, aurait pu se faire proprement en les retraitant à terre et ainsi les revaloriser pour remblayer les routes ou renforcer le cordon dunaire par exemple. Concarneau, Port la forêt, Le Guilvinec, Saint-Guénolé ont su le faire. Pourquoi Loctudy et Lesconil feraient-ils exception ? Monsieur Piété a-t-il oublié que le quai Rémy Le Lay a été construit avec les vases du port ? Comme quoi, quand on veut, on peut. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis comme on dit.

 

Le saviez-vous? Nos voisins les Belges ont pris la décision d’interdire tout rejet de vases portuaires en mer. Suivons cet exemple en Bretagne et en France !

 

Le NPA 29 pays Bigouden appelle à signer la pétition des marins-pêcheurs présente dans de nombreux commerces et sur le site internet : http://chn.ge/18n4OCL


Plus d’information sur :

http://www.facebook.com/cdpmem29

et

http://www.facebook.com/stop au clapage des boues du port de Loctudy.

                                          

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 12:48

ports

Une centaine de dockers ont perturbé samedi matin l'arrivée des croisiéristes au port de Marseille avec la mise en place de barrages filtrants, dans le cadre d'un conflit avec la direction du Marseille Provence Cruise Terminal qui gère l'activité croisières, a-t-on appris auprès de la direction du port. "Les dockers ont levé le blocage" vers 11H30 "après la proposition de la tenue d'une table ronde vendredi", a indiqué la direction du port.


Cette réunion réunira dockers, armateurs, manutentionnaires et autorités portuaires "sur le thème du développement du trafic de marchandise et de la manutention", a précisé la direction. Vers 5h30, des dockers avaient mis en place "des barrages filtrants" et selon un photographe de l'AFP, les croisiéristes qui ne possédaient pas de véhicules devaient regagner la sortie du port à pied car les navettes et taxis étaient bloqués par les dockers. Selon la direction du port, les dockers "souhaitent assurer la manutention des bagages des croisiéristes".


Pour la CGT, syndicat majoritaire, cette action avait pour but de "montrer de quoi [ils étaient] capables. On n'est pas contre les croisières, on veut discuter", avait expliqué Gilbert Garrone, délégué syndical CGT. "On souhaite que le port ne devienne pas simplement un port de croisière mais continue également à travailler dans le fret", avait-il ajouté.

 

Société  |  04/05/2013 - 12:30

 

http://www.lejdd.fr/Societe/Depeches/Marseille-les-dockers-perturbent-le-port-605488

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 13:49

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Tomi Mori

 

La grève des dockers de Hong Kong se prolonge depuis plus d’une semaine et promet de durer. Les travailleurs s’affrontent à Li Ka-shing, qui est considéré comme l’homme le plus riche d’Asie et propriétaire de l’entreprise qui administre le port de Hong Kong.


Depuis le 28 mars, plusieurs centaines de travailleurs ont commencé à camper sur les docks de Hong Kong pour exiger une augmentation de 100 HKD (plus ou moins 13 dollars nord-américains) par tour de 8 heures, ce qui représente 20% d’augmentation. Ils dénoncent le fait que depuis 2003 les salaires n’ont pas été augmentés et qu’ils sont aujourd’hui inférieur à ceux de 1997.

 

Les conditions de travail sont pénibles et certains sont obligés de travailler 24 heures d’affilée. Le coût de la vie à Hong Kong est élevé et l’inflation affecte le pouvoir d’achat des salariés.

 

Le patronat, les entreprises Wing Fung Forwarders et la Containers Service Limited, qui opèrent pour le compte de la Hutchison International Terminals, qui administre les docks, refuse de céder et n’offre qu’une misérable augmentation de 5%.

 

Les travailleurs sont désormais empêchés, par sentence judiciaire, d’entrer dans les terminaux de débarquement et se concentrent dans la rue, à proximité de l’entrée. Les combatifs dockers agitent leurs banderoles et scandent leur cri de guerre : « Nous allons lutter jusqu’à la fin ».


Cette lutte vise directement Li Ka-shing, considéré comme l’homme le plus riche d’Asie et le propriétaire de l’entreprise qui administre le port. Le port de Hong Kong est l’un des importants au monde et Li Ka-shing contrôle 70% du trafic de chargement de la ville. Le port de Hong Kong est l’un des principaux points d’entrée et de sortie des produits avec la Chine. La grève, qui n’affecte pas toutes les entreprises sous-traitantes du port, provoque d’importants retards dans les chargements.

 

La grève bénéficie du soutien de la population et des activistes socialistes et révolutionnaires qui se mobilisent pour contribuer à faire plier l’un des hommes les plus puissants d’Asie. Des étudiants et des activistes récoltent des vêtements, des sacs de couchage et de l’eau pour les grévistes. La Confédération des syndicats de Hong Kong a lancé un fonds de grève pour soutenir la lutte des dockers.

 

D’après un article de Tomi Mori publié dans « Esquerda.net ». Traduction pour Avanti4.be.
http://www.esquerda.net/artigo/hong-kong-uma-semana-de-greve-nas-docas/27372

Signez la pétition de soutien aux dockers !

http://www.avanti4.be/actualite/article/hong-kong

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 13:12

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Social lundi 25 mars 2013
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Pas d’entrée de navire, pas de sortie non plus. Jeudi, les dix officiers du port de commerce de Lorient seront en grève, de 8 h jusqu’à 8 h le lendemain.

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Revaloriser les statuts: Le mouvement est commun à tous les ports français, de métropole et d’outre-mer. La raison ? Le ras-le-bol devant la lenteur de l’administration à s’occuper du statut des officiers au sein de la fonction publique d’État. « Les nouveaux statuts devaient être publiés mi-2012. Depuis ce ne sont que promesses et reports », s’insurge le syndicat national des officiers de port Force ouvrière.

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http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Lorient.-Preavis-de-greve-chez-les-officiers-du-port-de-commerce-_40811-2176796------56121-aud_actu.Htm

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 12:48

Par Nolwenn Weiler (18 février 2013)


Ils sont les premiers à décharger les milliers de tonnes de marchandises qui arrivent chaque jour par bateau.

 

Ils sont aussi les premiers à respirer l’air des cales : céréales aspergées de pesticides, pétrole, ciment… Et ils en paient le prix : sur les docks, on meurt dix ans plus tôt. A Nantes et Saint-Nazaire, las de voir tomber leurs collègues, les dockers sont à l’initiative d’un programme de recherche pour améliorer leurs conditions de travail et préserver leur santé. Un enjeu crucial pour l’avenir de leur métier. Reportage.

 

Ce matin de janvier, le crachin s’entête sur les quais du port de Montoir-de-Bretagne, à quelques encablures de Saint-Nazaire. Un navire de 40 000 tonnes de soja brésilien vient d’accoster. Mais le déchargement attendra. « Il y a trop de gaz dans les cales », expliquent les dockers. Réfugiés dans le petit bâtiment qui fait office de foyer, ils attendent « qu’il n’y ait plus de danger ». D’ici quelques heures, quand l’aspirateur géant et métallique – appelé la « vis sans fin » – aura terminé d’avaler les tonnes de soja, pour les expédier vers les zones de stockage situées à l’arrière des quais, les dockers descendront dans les cales. « Avec des échelles de cordes quand il y en a, ou en passant par derrière le stock, en bas des tas de marchandise. Parfois, les murs de soja que la vis sans fin repousse contre les parois des cales s’écroulent. Dans ce cas, on en a partout ! », détaille Karl Montagne, docker depuis 30 ans.


Arrosé de pesticides avant la traversée de l’Atlantique, pour décourager champignons, rongeurs et insectes, le soja débarqué ce jour-là et l’atmosphère qui règne dans la cale ne sont pas très respirables. C’est la seule chose que savent les dockers. «  A un moment, on nous dit, c’est bon, vous pouvez y aller. Mais nous ne savons rien des produits qui ont été utilisés. Et respirer des doses réputées sans danger, pendant un jour, d’accord. Mais tous les jours ou presque, pendant 20 ans, qu’est-ce que cela donne ? », s’interroge le docker Karl Montagne. « Et le simple fait que ce soit OGM, ça fait quoi ? Parce que 90 % du soja qu’on décharge est OGM ! », poursuit son collègue Christopher Le Canderf.


Cancers en vrac


Ces inquiétudes, et discussions, à propos des menaces sanitaires qui planent sur les travailleurs portuaires sont apparues il y a quelques années, sur les quais de l’estuaire de la Loire, de Nantes à Saint-Nazaire. Fin 2007, Jean-Luc Chagnolleau, docker pendant 30 ans, se découvre un cancer du rein. « Il avait toujours eu une vie très saine », précise son ami Serge Doussin, métallo et ancien secrétaire départemental CGT. « Quand il a su qu’il était malade, il a tout de suite pensé à son boulot », ajoute Gilles Rialland, travailleur portuaire, également syndiqué CGT. L’enquête que Jean-Luc Chagnolleau entreprend alors auprès de ses collègues prend des airs de série noire. Sur 140 dockers contactés, en grande majorité partis à la retraite, 87 déclarent être malades, dont 61 sont atteints de cancers, et 35 sont décédés. L’espérance de vie de ces travailleurs se révèle d’une dizaine d’années inférieure à celle de leurs aînés !

Sonné, Jean-Luc Chagnolleau décide, avec ses copains syndicalistes, d’en parler à des médecins cancérologues, qui les encouragent à poursuivre leurs recherches. En février 2010, l’Association pour la protection de la santé au travail dans les métiers portuaires (APPSTMP) est créée. Objectif : « Faire éclater publiquement la vérité sur le dossier des maladies professionnelles, et leur bilan qui se révèle être un véritable drame humain ! » 18 mois plus tard, en septembre 2011, Jean-Luc Chagnolleau tire sa révérence. Ses amis décident de poursuivre le combat. Habitués aux luttes collectives, et sûrs de leurs forces, les dockers de Nantes et Saint-Nazaire prennent tous, ou presque, leur carte à l’association. « Il y a chez eux une vraie unité, et une solidarité très vivante », juge Serge Doussin, président de l’association depuis le décès de Jean-Luc.

« Nous sommes fatigués de voir les copains partir trop vite », soupire Karl Montagne, dont le grand-père charriait déjà des marchandises sur les quais de Nantes. Deux de ses fils sont dockers. « Avant, pour décharger les troncs d’arbres, il fallait les escalader. On risquait à chaque fois ou presque d’en voir un nous rouler dessus. Maintenant, c’est mécanisé. Le nombre d’accidents physiques a beaucoup diminué. Mais les bois sont bourrés de produits ! Comme tout le reste. », témoigne Christian Zimmer, petit-fils de docker. « Avec l’entrée de la chimie de manière intensive dans la production et dans toutes les marchandises qui passent sur les navires, le nombre de cancers a augmenté », observe Gilles Rialland.


Respirer pesticides et ciments


Les dockers de Montoir déchargent et nettoient chaque année une centaine de cargos de vrac (dont la cargaison est à même la cale), plus des pétroliers et des porte-conteneurs. « Nous ne contrôlons pas chaque bateau. Si l’on a un soupçon de produit pouvant porter atteinte à la santé des salariés, on fait appel à un expert extérieur à l’entreprise, pour qu’il prenne des mesures », assure Ilyasse Aksil, président du Groupement des opérateurs portuaires, qui réunit les sociétés qui emploient les dockers. « Les cales sont ventilées. Nous ne faisons pas travailler nos salariés dans des atmosphères qui les mettent en danger. Dans la mesure des connaissances que l’on a des produits utilisés. »

Outre les pesticides, parmi les polluants que renferment les cargos, se trouve notamment la silice, contenue dans le ciment. Elle peut provoquer silicose, bronchite chronique et cancer. Pour vider un cimentier, doté de cales d’une dizaine de mètres de haut, les dockers poussent la marchandise au bulldozer. Et curent les parois à la pelle, à la raclette et au balais. Équipés de combinaisons blanches, ils s’activent dans des nuages de poussière et de gaz d’échappements, munis en guise de protection respiratoire de simples museaux. « C’est mieux que rien », assurent-ils. « De toute façon, on s’est entendu dire que le ciment était bon pour la santé », s’esclaffe le contremaître.


« Le coke de pétrole, c’est vraiment dégueulasse »


« Le pire, reprend Karl Montagne, c’est le coke de pétrole. Ça c’est vraiment dégueulasse. On ne peut pas faire plus d’une finition de cales (opération de vidage des cales et nettoyage complet, ndlr) de coke par jour. Mais cela dure entre trois et quatre heures. Ce qu’on souhaite, c’est ne pas être plus d’une heure par jour au contact de ces cochonneries. » Sous-produit du raffinage du pétrole, le coke se présente sous forme solide et noire. Composé en grande partie de carbone, il contient d’importantes quantités de polluants tels que le soufre, ou encore les métaux lourds. Il sert de combustible à l’industrie du ciment et de la chaux, et est utilisé comme source de carbone dans la fabrication de l’aluminium et de l’acier.

« Pour que les salariés soient mieux protégés, il faudrait que le législateur impose des obligations. Pour les marchandises qui arrivent au port, les taux de radioactivité sont définis précisément. Il faudrait faire de même pour tous les produits chimiques. Si c’est laissé au bon vouloir des entreprises, les contrôles ne seront jamais systématique et il y aura des distorsions de concurrence », plaide de son côté Ilyasse Aksil.


Une étude sur l’exposition aux produits dangereux


Pour démontrer que la dégradation de la santé des dockers est liée à ces expositions aux produits dangereux, une recherche action le programme Escales a été lancée à l’automne. Financé par le Conseil régional de Loire-Atlantique et soutenu par la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (direccte), ce projet devrait permettre de retracer les parcours professionnels de dockers atteint de pathologies graves [1] .


Des sociologues, des médecins du travail ou des spécialistes sont associés à cette recherche qui entend « produire des connaissances qui mettent en évidence que le travail est en cause dans la maladie ». Pour reconstituer les parcours des dockers, l’équipe de recherche peut notamment s’appuyer sur un outil étonnant, propre à ce corps de métier : les carnets de travail. « Les gars ont longtemps été payés à la semaine, explique Serge Doussin. Du coup, ils notaient tout, pour être sûrs que leur paie correspondait au travail effectué. » Christian Zimmer confirme : « J’ai été docker pendant 30 ans, j’ai tout noté. Le noms des bateaux, les noms des équipes, les marchandises, les horaires. »

« Mais le plus simple pour nous, c’est la parole des salariés », précise Christian Couteanceau, chercheur en sociologie, chargé des entretiens avec les travailleurs. Quels outils étaient utilisés ? Quelle était l’ambiance respirée ? Comment le travail était-il organisé ? « Nous avons aussi des recherches bibliographiques à mener, concernant le caractère cancérogène des produits utilisés. Et il faut recenser les flux de marchandises qui ont transité sur les quais de Nantes et Saint-Nazaire ces quarante dernières années.  » Pour cette étape de recensement, la collaboration des autorités portuaires et des employeurs des dockers seront précieuses. Si les douanes disposent de données sur les conteneurs, ce sont les entreprises qui opèrent sur les dock pour décharger tel ou tel navire qui possèdent leurs propres statistiques. Car les dockers travaillent pour une multitude d’employeurs. Accepteront-ils de collaborer au projet ?


Quid des intérimaires et des équipages ?


« Dans les perspectives dessinées par Escales, il y également l’aide et le soutien aux travailleurs qui gravitent autour du port et dans les hangars », notent Serge Doussin et Gilles Rialland. « Il y a beaucoup d’intérimaires, qui n’osent rien dire, ni rien demander », enchaîne Karl Montagne. Sans oublier les capitaines de bateaux et leurs équipages. Venus d’Asie du sud-est et parfois de Russie, les marins maîtrisent un peu l’anglais. Ils ignorent les dangers des marchandises transportées. Pour ouvrir les cales de soja traité aux pesticides, ils placent un simple foulard serré devant la bouche...


« Nous avons réussi à négocier des équipements de protection individuels », précise Christopher le Canderf, qui siège au Comité d’hygiène et de sécurité des conditions de travail (CHSCT) de son entreprise, Montoir vrac service. « Mais c’est impossible de respirer avec ces machins quand on fait un effort. Il faudrait investir dans des équipements plus perfectionnés. » Protéger les travailleurs contre les molécules chimiques qui transitent sur les navires de marchandise est un vrai casse-tête. Les douaniers du Havre, qui se sont élevés dès 2010 contre les taux élevés de pesticides dans les conteneurs qu’ils inspectent, ont étudié le problème de près.


« Nous ignorons la durée de vie des cartouches de charbon qui peuvent filtrer les produits, et qui équipent certains masques » , se désole Sébastien Géhan, délégué CGT. « Les seuls équipements garantis sont ceux que revêtent les pompiers en case d’intervention d’urgence. Mais ce n’est pas utilisable au quotidien, c’est beaucoup trop encombrant. » A Nantes et Saint-Nazaire, les travailleurs attendent impatiemment les conclusions d’Escales, pour pouvoir faire des propositions en matière de prévention.


« Combien de temps il nous reste ? »


« Derrière tout ça, il y a des intérêts économiques, c’est évident », dit Serge Dousssin. « Mais pour nous, il n’y a pas d’opposition entre la santé au travail et la pérennité de l’activité portuaire. Au contraire ! Pour que le métier continue d’exister, il faut conserver les compétences et pouvoir assurer leur transmission. » Pour Jean-Luc Chagnolleau, qui a initié cette prise de conscience des risques sanitaires du métier, et pour les gars qui l’ont accompagné dans son combat, il y avait la volonté d’assurer une vraie suite au savoir faire des dockers. Et la crainte de voir les plus jeunes s’en détourner.


« On l’aime notre métier, répètent-ils souvent. Mais on veut pouvoir l’exercer en toute sécurité. » Passés la colère, les coups de gueule et la détermination à défendre le droit à la santé au travail, reste la peur. On n’en parle pas si facilement chez les dockers – « qui restent des machos » glisse l’un d’entre eux. Mais quand même. « On dit ça en se marrant mais des fois on se demande combien de temps il nous reste. Pas à travailler, mais à vivre ».

Nolwenn Weiler

Notes

[1] Sur le modèle de ce que pratiquent le groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle (Giscop) en Seine-Saint-Denis, ou encore l’APCME, une association de médecins généralistes qui travaille sur la prise en charge globale (médicale et sociale) du patient.

 

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 10:59


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Le 21 janvier, suite à la prise d'une commande de paquebot géant de la série Oasis par le chantier naval de Saint-Nazaire, le Premier ministre s'y est organisé une visite et en a profité pour faire l'éloge de la politique du gouvernement socialiste.

 

L'État français possède un tiers des actions du chantier, le reste étant entre les mains du groupe coréen STX.

La satisfaction d'Ayrault paraît bien décalée car, quelques semaines après l'annonce de cette commande, les attaques contre les travailleurs continuent à tous les niveaux. Les patrons des entreprises sous-traitantes annoncent toujours des suppressions d'emplois pour les prochains mois.


La semaine précédente, des travailleurs de l'entreprise SMH ont débrayé à plusieurs reprises pour s'opposer à des licenciements.

 

Ils étaient accompagnés par d'autres salariés directement concernés par cette hémorragie des emplois qui dure depuis plusieurs mois. Elle va s'amplifier avec la livraison, en mars et en avril, des deux derniers navires : le paquebot géant n'est pas susceptible de leur succéder dans les cales avant plus d'un an.


La direction de STX n'est pas en reste elle non plus. Elle a adressé ses vœux de bonne année aux salariés par courrier, avec pour mot d'ordre l'annonce de l'ouverture de prochaines négociations pour « rechercher les voies d'une baisse du coût du travail » ! Avec de tels vœux, les travailleurs sont prévenus : ils devront se défendre, car c'est à elle-même que la direction souhaite une bonne année et de bons profits.


D'ores et déjà, une majorité d'ouvriers STX se retrouvent au chômage partiel, à la maison, sans aucune date de retour au travail.

 

Ce chômage va durer plusieurs mois encore, avec les pertes de salaire qui l'accompagnent, le temps de dessiner les plans du navire et lancer sa production, la découpe des premières tôles de l'Oasis n'étant prévue que pour septembre, voire octobre. Pendant ce temps, la fatigue s'accumule pour ceux qui restent à travailler sur le site car, productivité oblige, le rythme du travail ne faiblit pas et certains travailleurs doivent faire les 3x8.


La situation se dégrade donc concrètement, pour les travailleurs de STX comme pour ceux de la sous-traitance, en fixe ou en intérim, dont beaucoup sont hors du chantier depuis des mois et touchent des allocations chômage en baisse.

Lors de sa visite du site, le Premier ministre s'est bien gardé d'évoquer ces problèmes et a soigneusement évité le débrayage organisé par la CGT pour lui rappeler ces réalités. Il a été bien plus bavard et enthousiaste auprès de la presse sur les accords de compétitivité signés récemment et sur la détermination du gouvernement à aider les patrons, y compris financièrement.


Pour le contrat Oasis, STX n'a eu qu'à se féliciter de cette détermination.

 

En effet le groupe coréen détient les deux chantiers navals, en France et en Finlande, et il les a mis en concurrence pour la construction de ce navire. Il était donc sûr d'être le grand gagnant. Le chantier finlandais, ayant déjà fabriqué les deux premiers Oasis, était à priori le mieux placé sur le plan strictement industriel pour réaliser le troisième de la série, dont le travail d'étude aurait été considérablement allégé. Ce chantier vient pourtant de perdre le contrat de ce troisième navire et STX menace même de le fermer à titre de représailles : il reproche à l'État finlandais de ne pas suffisamment l'aider sur le plan financier. Menaces réelles ou pas, cela illustre en tout cas la voracité de ces grands groupes qui n'hésitent pas à user du chantage à l'emploi vis-à-vis de dizaines de milliers de travailleurs, pour récupérer un maximum d'argent public.


Ayrault se vante de l'énergie déployée par le gouvernement français pour faire aboutir le montage financier de cette commande. Son principal mérite aura été de mieux garantir les profits de STX que ne l'a fait le gouvernement finlandais. Les travailleurs, quant à eux, que ce soit en France ou en Finlande, ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour défendre leurs intérêts.


Correspondant LO

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http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2321&id=21


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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 12:46

Politique lundi 21 janvier 2013
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Depuis 11h, 150 manifestants attendent Jean-Marc Ayrault devant la porte 4 de l'usine STX.

Jean-Marc Ayrault est arrivé ce lundi matin à Saint-Nazaire afin de visiter les chantiers navals. Si la commande d’un paquebot géant a sauvé STX d’une asphyxie imminente, il reste des interrogations. Des annonces seraient bienvenues pour les syndicats.

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11h. 150 manifestants devant STX


150 manifestants sont réunis depuis 11 h au rond-point de Penhoët devant la porte 4 de l’usine STX. Plusieurs prises de paroles sont prévues dont celles du secrétaire de l’union locale CGT et d’un porte-parole CGT du chantier STX.

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http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-STX.-150-manifestants-pour-la-visite-de-Jean-Marc-Ayrault-_39382-2155638_actu.Htm

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 10:47

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12 janvier 2013 à 10h12 

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Le ministre des Transports et de la Mer vient de soumettre, en première lecture au Sénat, un texte de loi permettant d'accélérer le traitement des navires de commerce abandonnés dans les ports.

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Cette loi devrait permettre de prononcer plus rapidement la déchéance des droits du propriétaire après la mise en demeure.

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L'État réglerait les frais engagés par l'autorité portuaire et le déficit éventuel après déconstruction. Cette accélération du processus permettra de libérer plus tôt les quais encombrés de navires ventouses et permettra de traiter plus rapidement des bateaux se dégradant rapidement sans entretien.

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http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/morbihan/navires-abandonnes-un-texte-de-loi-pour-accelerer-leur-traitement-12-01-2013-1969134.php

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