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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 11:37

“La France et l’Espagne sont en train d’entrer dans l’Histoire comme des nations voyous”
Claire Nouvian, fondatrice de Bloom

 

Huit ONG environnementales ont obtenu cette semaine la publication de données de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) concernant la pêche en eaux profondes à quelques jours d’une réunion du Conseil des ministres européens de la pêche.


Ces associations, dont Greenpeace, le WWF et Bloom ont dû recourir à la Commission d’accès aux documents administratifs pour obtenir les résultats de cette étude. En effet, leurs demandes précédentes étaient restées vaines depuis le Grenelle de la mer en 2009.

 

Autorisée par la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, la publication de ce document permet aux ONG d’appuyer les arguments qu’elles avancent depuis des années sur la pêche en eaux profondes à un moment clé du débat. Pour ces organisations, ces données prouvent « les contre-vérités des autorités françaises sur la pêche profonde et une position injustifiable de la France sur la réforme du règlement européen ».

Un poids économique contestable

Ces ONG s’opposent aux autorités espagnoles et françaises notamment qui avancent l’argument selon lequel l’arrêt de la pêche en eaux profondes menacerait l’emploi. En France, les autorités avancent le chiffre de 500 postes con- cernés. Les armateurs français parlent même de 3 000 emplois directs et indirects induits par cette technique de pêche. Les organisations environnementales soutiennent quant à elles, et cela depuis de nombreuses années, que cette pêche cause des dégâts considérables aux fonds marins et à des espèces menacées pour un poids économique dérisoire voire « déficitaire ».


Or, selon les données de l’Ifremer, seuls 12 chalutiers français ont opéré en 2012 plus de 10% de leur temps à plus de 600 mètres de profondeur et seulement 10 navires ont opéré à plus de 800 mètres plus de 10% de leur temps. Pour les ONG, cette faible fraction doit être mise à jour, de surcroît, avec la décision de la Scapêche (Intermarché), principal armateur français de pêche fraîche, de ne plus traîner ses filets en dessous de 800 mètres. Une éventuelle interdiction du chalutage profond au-delà de ce seuil concernerait donc « un seul navire français », basé à Boulogne. Pour Claire Nouvian, fondatrice de l’association Bloom, ces chiffres ne font que confirmer le parti-pris des deux pays sur ce sujet : « à force de petits arrangements toxiques sur les dossiers pêche en Europe, la France et l’Espagne sont en train d’entrer dans l’Histoire comme des nations voyous ».

Des espèces menacées d'extinction pêchées et rejetées

Pour l’aspect environnemental, les données de l’Ifremer concernant la zone marine dénommée Ouest Ecosse appuient indirectement les arguments des ONG montrant l’effet délétère d’une pêche aveugle.  Le rapport n’est pas directement accusateur et conclut même que si une centaine d’espèce est capturée par la pêche en chalutage profond, « il est du même ordre que celui estimé pour des pêcheries non profondes ».

 

Ces espèces, poursuit-il ne « sont capturées qu’occasionnellement et en très petites quantités » et enfin, « la fraction rejetée totale (de l’ordre de 20%) du chalutage profond est dans la fourchette basse de la moyenne des taux de rejets des métiers du chalutage de fond ».


Mais la conclusion du rapport reconnaît les limites de l’analyse, admettant « de très probables erreurs d’identification d’espèces mal connues des observateurs ». Les ONG s’appuient tout de même sur les relevés et leurs connaissances pour noter que des espèces en voie d’extinction figurent dans les prises accessoires et donc rejetées de ces pêches. Parmi les rejets figurent, par exemple, quelque 65 tonnes de squale chagrin de l’Atlantique, classé en danger d’extinction dans cette zone, ou 40 tonnes de squale savate, considéré « vulnérable ».Or, les animaux rejetés le sont soit morts soient blessés, et donc condamnés, dans la majorité des cas, comme le rappellent les ONG.

La conclusion du rapport rappelle aussi que « les informations recueillies dans le cadre d’Obsmer ne concernent aujourd’hui que les poissons et non les autres organismes (invertébrés, éponges…) susceptibles d’être ramenés lors des opérations de pêche. »

Or, l’un des arguments des ONG contre la pêche en eaux profondes est les dégâts que cause ce ratissage sur les fonds marins et les autres organismes que les poissons. Cet aspect avait été très visuellement mis en valeur par une bande dessinée réalisée par l’auteur Pénélope Bagieu à la demande de l’association Bloom en novembre 2013 pour soutenir sa pétition contre cette méthode de pêche. Pétition qui a recueilli à ce jour 858 556 signatures. Fortes de ces données, les ONG demandent à la France de revoir sa position sur la pêche profonde à la veille du Conseil des ministres européens de la pêche : « La France doit réviser sa position, elle n’a plus le choix » plaide Philippe Germa, directeur général du WWF.

Nouvelle journée d'action le 14 juillet

Bloom a décidé de lancer une nouvelle action le 14 juillet prochain et a convié six artistes de street-art à agir dans leur ville : POPAY à Bruxelles, JB ROCK à Rome, SP38 à Berlin, SPOK BRILLOR à Madrid, David ‘JAE’ Antunes à Lisbonne PANIK à Londres. Cette action sera relayée en direct sur les réseaux sociaux avec les hashtags #DeepStreetArt et #chalutageprofond.


L’an dernier, la Commission européenne avait proposé l’interdiction du chalutage profond, consistant à tracter des filets sur des fonds situés entre 400 et 1.500 mètres. Mais cette interdiction avait été repoussée de justesse en décembre par les eurodéputés, qui s’étaient contentés d’encadrer ce type de pêche.

 

Par Marie Jamet  11/07 13:12 CET


Copyright © 2014 euronews

 

http://fr.euronews.com/2014/07/11/peche-profonde-la-position-de-la-france-releve-dun-veritable-scandale/#.U8G3X55GuEc.twitter


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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 15:07

 

poisson

Au cours des 20 dernières années, les stocks de poissons méditerranéens ont dangereusement chuté. 

 

STOCK. Une nouvelle étude portant sur l'évaluation des stocks de neufs espèces de poissons méditerranéens, publié dans la revue Current Biology, démontre une détérioration des réserves.

Plus de juvéniles capturés

Des biologistes du Centre hellénique de recherche marine ont étudié l'évolution des neuf espèces entre 1990 et 2010. Ils ont constaté une augmentation des prises et une diminution des stocks sur cette période. Avec un élément inquié- tant : la hausse des captures d'éléments juvéniles n'ayant pas atteint leur maturité sexuelle, des poissons qui ne se sont donc pas encore reproduits.

 

Or les modèles qui permettent de simuler l'évolution de chaque espèce indiquent que les stocks seraient plus résis- tants à la pêche si les individus étaient prélevés quelques années après qu'ils aient atteint l'âge adulte. C'est particu- lièrement vrai pour des poissons comme les rougets et les merlus.


EUROPE. "Il est temps pour l'Union européenne et les gouvernements régionaux de commencer à prendre la recherche et la gestion des pêcheries méditerranéennes plus au sérieux", avertit Paraskevas Vasilakopoulos, principal auteur de l'étude. "La politique européenne commune a contribué à améliorer l'état des stocks de poissons de l'Atlantique nord au cours des 10 dernières années mais elle n'a pas réussi à obtenir des résultats similaires pour les stocks méditerranéens gérés de la même façon" insistent les auteurs.

 

DIVERSITÉ. Certaines raisons expliquent que la pêche en Méditerranée soit plus difficile à contrôler et à gérer. Il y a une plus grande diversité de bateaux et de chaluts. 95% des navires sont de petits modèles et opèrent sur une petite échelle dans un vaste littoral, rendant l'application des règlements européens particulièrement difficile. La diversité des espèces pêchées y est aussi plus importante. Ces difficultés sont aggravées par des contraintes financières dans de nombreux pays méditerranéens.


Les chercheurs estiment que de nombreuses autres espèces de poissons sont susceptibles d'être dans le même état de déclin, en Méditerranée mais aussi dans les mers d'autres régions du monde, dont la Chine, l'Afrique sub-saharienne et les tropiques.

 

Publié le 10-07-2014 à 17h14Mis à jour à 17h28

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 14:25

poisson

 

Mais seulement pour la pêche industrielle

Dans les années 2000, le thon rouge de Méditerranée était surexploité. La mise en place de quotas a beaucoup amélioré la situation. Mais la surpêche menace toujours et les quotas font l’objet d’âpres luttes entre gros thoniers et petits pêcheurs. Plongée au coeur de la filière à Sète.

 

Sète, reportage 


La spacieuse cabine du bateau surplombe le port de Sète. Les bois vernis luisent au soleil, les cuivres semblent avoir été astiqués il y a peu de temps. Au poste de commandement, sept écrans permettent de conduire le bateau et d’afficher les cartes maritimes.


« Il y a un sonar, un sondeur et des jumelles, car le thon est un poisson de surface, il peut aussi être repéré à l’œil nu », explique Jean-Marie Avalonne. Dernier héritier d’une dynastie de pêcheurs, il porte le même nom que son grand-père, pêcheur thonier lui aussi, et que le bateau baptisé le Jean-Marie Christian VI.


Long d’une quarantaine de mètres, ce thonier senneur permet d’emmener quatorze marins en mer, pendant plusieurs mois. Dehors, la mer est calme, le ciel bleu immaculé : une météo idéale pour la pêche. Sur le pont, les marins s’activent à réparer les câbles, vérifier les moteurs et les zodiacs. Tout doit être parfaitement en marche car le bateau n’a qu’un mois pour pêcher son quota, entre le 26 mai et le 26 juin. Destination : le large des côtes maltaises.

Un poisson qui vaut de l’or au Japon


A l’arrière, un immense filet forme un tas de plus de deux mètres de haut : il s’agit de la senne, qui sert à encercler les bancs de thon. « Quand on repère un banc de thon, on le met à la mer, raconte Jean-Jacques, un des membres d’équipage. Il est tiré par le skiff, le canot, qui fait le tour des poissons. Puis on jette les mailles, on resserre et le poisson est à l’intérieur. »


Le poisson est ensuite transféré en pleine mer dans la cage d’un mareyeur, un grossiste de poissons. Il les engraisse pendant quelques mois, avant de les vendre à prix d’or sur le marché japonais, qui représente environ les trois quarts de la consommation mondiale de thon rouge. Là-bas, le prix peut atteindre des centaines d’euros au kilo. Un business juteux qui a bien failli provoquer la disparition de l’espèce en Méditerranée. « La pêcherie du thon rouge a commencé dans les années 80, puis a connu son essor dans les années 90 et 2000 », raconte Bertrand Wendling, directeur de la Sathoan, la coopérative des pêcheurs de Sète. Elle détient la moitié des quotas de pêche de thon rouge de l’hexagone, soit environ 1.300 tonnes sur les 2.400 attribuées à la France.

 


Le ton rouge menacé par la surpêche


« Avant, on ne faisait pas trop attention aux quotas », reconnaît Généreux Avalonne, père de Jean-Marie et propriétaire de quatre thoniers senneurs à Sète. L’Union Européenne, dans le cadre de sa politique commune de la pêche, subventionne l’équipement des pêcheurs. Ailleurs en Méditerranée, la pêche illégale se développe. Au milieu des années 2000, l’Iccat (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique) estime que la pêche illicite est équivalente à la pêche légale.


« Les scientifiques ont tiré la sonnette d’alarme, on risquait de se retrouver en situation de surexploitation, poursuit Bertrand Wendling. Donc en 2006, l’Iccat a décidé de restreindre la pêcherie en fixant des règles très strictes. Les quotas ont été divisés par trois et le nombre de bateaux par deux. »


Un plan de reconstitution de l’espèce est planifié jusqu’en 2022. Bon nombre de thoniers senneurs sont détruits, leur nombre passe de trente-deux en 2008 à dix-sept aujourd’hui. Le nombre de licences pour les « petits métiers », les pêcheurs de thons à la ligne, est limité à quatre-vingt-sept pour la Méditerranée française. La décision tombe comme un coup de massue pour les pêcheurs. A Sète, ils doivent encaisser « une diminution de 60 % du chiffre d’affaires », raconte Virginie Angevin, propriétaire d’un petit bateau. Certains doivent vendre la maison pour rembourser le crédit du navire.

Le climat est très tendu entre les pêcheurs et les ONGs qui ont dénoncé la surpêche et exercé une pression internationale. Encore en 2010, une action de Greenpeace pour « libérer » les thons capturés par le Jean-Marie Christian VI se termine mal : un militant est blessé par un harpon.


Une pêche « durable » ?


Mais désormais le discours est lissé. « On a été traités de bateaux ravageurs, industriels ou intensifs. Comment voulez-vous que l’on soit intensifs quand on pêche quinze jours par an ? » s’interroge Généreux Avallone. Il affirme pratiquer une pêche durable : « Cela fait trois, quatre générations que l’on pêche le thon à la senne et je veux que mes petits-enfants puissent encore le faire. »


Il vante les contrôles très resserrés mis en place par l’Iccat : « Le jour où l’on part en campagne, on embarque à bord un contrôleur européen, puis on est contrôlé en mer, des caméras vidéo permettent de mesurer le poisson et de donner le tonnage que l’on pêche. »


Pour lui, la pêche illégale a désormais quasiment disparue et la baisse des quotas a fait du bien. « Aujourd’hui on voit beaucoup, beaucoup de poissons », affirme-t-il. Autre raison pour les pêcheurs de se satisfaire de la baisse des quotas : le poisson se vend désormais trois à dix fois plus cher qu’avant.


Aux dernières nouvelles, l’IFREMER (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) confirme « une amélioration de l’état du stock ». Le nombre de poissons en âge de se reproduire augmente. Mais attention à ne pas crier victoire trop vite, « l’amplitude et la vitesse de cette reconstitution sont incertaines », précisent les scientifiques.

Chez Greenpeace, on reconnaît également une amélioration de la situation mais on reste prudent. « La pêche est ouverte pendant un mois, mais c’est la période de reproduction du thon », déplore François Chartier, chargé de campagne océans de l’ONG. Les poissons les plus prisés au Japon sont les plus gras, c’est-à-dire les femelles encore enceintes d’œufs qu’elles n’ont pas pondus.


Et puis, « il y a deux ans ils ont pêché leur quota en trois jours, c’est bien la preuve qu’il y a encore une surcapacité de pêche », poursuit le militant. Sans compter que selon lui, il existe encore de la pêche illégale : « La spécificité de cette pêche fait que l’on peut frauder à tous les niveaux, par exemple au moment de l’engraissement du thon rouge, on peut tricher sur le poids. » Cependant, il l’admet, « la pêche illégale a diminué de manière significative. »


Des quotas mais pas pour tout le monde


Alors désormais, tout va mieux pour le thon rouge ? Pas tout à fait. En sourdine, les pêcheurs se disputent âprement les quotas. La famille Avalonne, avec ses quatre thoniers senneurs concentre 600 tonnes de quotas, soit un quart des 2400 tonnes attribuées à la France en 2014. « Ils n’auraient pas dû conserver tous ces quotas », dénonce Frédéric Reste, Président du Syndicat professionnel des pêcheurs petits métiers du Languedoc Roussillon. Les pêcheurs à la ligne n’ont eux que 230 tonnes soit 10 % du quota, à répartir entre les 87 licences octroyées aux petits métiers.


Selon ce représentant des pêcheurs artisans, au moment de la réduction des quotas en 2007, la famille Avallone a racheté des thoniers senneurs destinés à la casse : « Ils ont eu les subventions pour les détruire, et au lieu de remettre les quotas correspondants dans le pot commun, comme c’était prévu, ils les ont reportés sur leurs autres bateaux ! » Un privilège dû au fait qu’ils ont « les moyens de défendre leur position à Bruxelles », confie Frédéric Reste. En effet, c’est l’Union Européenne qui définit la politique commune de la pêche et répartit les quotas entre pays.


Le Syndicat des petits métiers représente lui les marins pêcheurs qui travaillent seuls ou à deux sur des bateaux de moins de 12 mètres. Ils pêchent le thon rouge à la canne, et plus souvent à la palangre, une longue ligne de plusieurs kilomètres de long avec tous les vingt-cinq mètres un hameçon qui plonge dans la mer.


Une pêche considérée comme plus sélective, qui permet de mieux cibler l’espèce et de relâcher à la mer les autres espèces de poissons, ou les thons rouges trop petits. Plutôt que le Japon, elle approvisionne le marché français et se retrouve dans les restaurants de front de mer ou sur les étals des poissonniers.


Là aussi les contrôles sont étroits : chaque poisson doit faire au moins 115 cm de long ou 30 kg. Le pêcheur doit remplir une fiche pour chaque thon rouge capturé, qui est également bagué, une identification qui suit le poisson jusque sur son ultime point de vente.


La pêche spécialisée, une « grosse bêtise »


Mais surtout, l’avantage des petits métiers est qu’ils sont « polyvalents », insiste le syndicaliste. « On pêche la sole, la dorade, le rouget, le maquereau en fonction des saisons, détaille-t-il. C’est cela une pêche durable. » Elle permet aussi aux pêcheurs de vivre toute l’année, pas seulement un mois par an pendant la saison des thoniers senneurs, et crée plus d’emplois.

« C’est une grosse bêtise de vouloir spécialiser la pêche, poursuit-il. Cela pousse forcément à la surpêche. Regardez, les deux espèces qui font l’objet d’une pêche spécialisée en Méditerranée, le thon rouge et l’anguille, sont menacées. » C’est pourquoi le syndicat plaide pour non seulement donner plus de quotas aux petits métiers, mais surtout pour augmenter le nombre de licences de pêche au thon rouge qu’on leur attribue. « Au lieu de donner plus de quotas toujours aux mêmes, il faudrait donner un peu plus à tout le monde. Nous on pêche pour survivre, pas pour s’enrichir », réclame Frédéric Reste. Dans la famille Avalonne, on refuse d’opposer petits métiers et gros thoniers. « Il y a assez de thons pour que tous les métiers s’en sortent », répond Généreux Avallone.

 

Redorer l’image du thon rouge


Cette tranquille petite virée sous le soleil de Sète, cette impressionnante visite d’un senneur, cette belle sortie en mer, il faut préciser que tout cela a été organisé et financé par France Filière Pêche. L’association regroupe tous les acteurs de la pêche en France, des pêcheurs jusqu’aux poissonniers et aux supermarchés. Une filière qui souhaite aujourd’hui redorer l’image du thon rouge, décrié depuis l’alerte lancée en 2006.... Et convaincre la grande distribution de refaire une place au thon rouge sur ses étals. 

 

Source : Marie Astier pour Reporterre


Lire aussi : Claire Nouvian : « Il faut en finir avec la méthode de pêche la plus destructrice de l’histoire »


Cet article a été rédigé par une journaliste professionnelle et a entrainé des frais. Merci de soutenir Reporterre :

http://www.reporterre.net/spip.php?article5967
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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 11:47

1209141773

 

Plants arrachés par les tempêtes de l'hiver. Fonds transformés. Du jamais vu selon les goémoniers. La saison de récolte débute très mal en Finistère.

« La situation est très très grave », lâche Yvon Troadec. Le président de la commission algues au comité départemental des pêches estime que c'est du « jamais vu ».

 

La succession des tempêtes cet hiver a ratiboisé le champ d'algues breton.

 

La récolte est ouverte depuis le 28 avril. Et les quelques bateaux qui se sont lancés peinent à faire le plein en une journée. « Les tempêtes ont arraché les algues sur le fond », explique Solenn Le Guennec, secrétaire départementale du comité des pêches. « Les fonds sont totalement remodelés ». Des dunes de sable ont recouvert les plateaux rocheux où poussaient les algues. Des blocs de roche de plusieurs tonnes ont été déplacés.


Lundi 19 mai, d'autres bateaux doivent se lancer dans cette récolte saisonnière.

 

35 bateaux ont une licence, pour la plupart en Finistère et dans l'archipel de Molène. Ils pêchent en moyenne 20 000 t de Laminaria hyperborea et 50 000 t de Laminaria digitata par an. Les pêcheurs doivent se réunir pour décider s'il est plus prudent de réduire l'effort de pêche ou non. Brest - 15 Mai

 

http://www.ouest-france.fr/tempetes-un-impact-grave-pour-les-goemoniers-2544180

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 11:26

poisson

*

Face au réchauffement climatique, déjà perceptible sur les côtes françaises, certaines pêcheries aujourd'hui gagnantes risquent de perdre demain en variétés et en disponibilité, selon les experts.


Au large de la Normandie ou dans le Golfe de Gascogne, les patrons pêcheurs ont déjà noté les changements, la présence de nouveaux venus comme le rouget-barbet en Manche depuis une dizaine d'années, d'autres plus ponctuels comme les hippocampes à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).


Des constats qui illustrent les conclusions du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC, mandaté par l'ONU): dans son dernier rapport publié cette semaine, il prévient que les effets du réchauffement devraient aller crescendo dans les prochaines décennies, affectant en priorité les eaux tropicales et polaires sans épargner les plus tempérées.


Si l'atmosphère se réchauffe (+1,5°C en France en un siècle) les océans suivent. Les masses marines européennes ont déjà gagné un degré en 30 ans, souligne Sandrine Vaz chercheuse à l'Ifremer, spécialiste des Ressources halieutiques. En conséquence, explique Jean-François Soussana, chercheur à l'INRA et co-auteur du GIEC, "on assiste à un changement de distribution des aires de répartition des poissons, les espèces remontent à des latitudes plus élevées".


Du bar jusqu'à Cherbourg
C'est vrai, confirme Hubert Carré, directeur général du Comité national des pêches, "depuis dix ans, les pêcheurs constatent une migration des poissons (...) cela bouleverse les équilibres". Ainsi, il faut désormais pousser jusqu'à 200 km des côtes pour trouver du thon blanc, qui nageait auparavant à seulement 50 km du littoral, assure M. Carré. A l'inverse "on trouve aujourd'hui du rouget barbet à Boulogne-sur-Mer", explique-t-il, alors que ce poisson se pêchait traditionnellement dans le golfe de Gascogne et en Bretagne-Sud. Ce que confirme Mme Vaz.


Même chose pour le bar qui, remonté le long du Golfe de Gascogne, "va maintenant au-delà de Cherbourg", poursuit-il. Quant au cabillaud, poisson d'eau froide chouchou des consommateurs français, on remarque "une remontée très nette vers la Norvège". Vu ainsi, comme l'arrivée du maigre, un poisson "à forte valeur marchande" péché auparavant au large de l'Afrique, ces déplacements constituent une bonne nouvelle, estime M. Carré. Comme la prolifération de crabes et de homards, en "augmentation de 20% depuis 4 à 5 ans".


Réduction de la taille des poissons
Selon le Giec, les pays tempérés verraient dans un premier temps les rendements des pêcheries augmenter de 30 à 70% d'ici à 2055 quand celles des pays tropicaux chuteraient de 40%. "Pour le moment on ne voit pas encore vraiment de perdants et on a même des gagnants", reprend Sandrine Vaz. "En revanche si on extrapole sur ces tendances, va se poser la question des limites des déplacements notamment au sud".


Pour le moment, on voit davantage de poissons au nord et des stocks qui se dégradent progressivement plus au sud. Ainsi le centre de gravité de la morue ou du hareng se déplace vers le nord: "mais jusqu'où où vont ils pouvoir monter?" demande la chercheuse. Et ceux du pôle? où iront-ils? "L'inquiétude est maximale pour les zones polaires", rappelle-t-elle, celles où le réchauffement sera le plus marqué.


Quelle valeur pour les nouvelles espèces ?
"Le risque principal du réchauffement pour les pêcheries est la fragilisation de la plupart d'entre elles du fait de la surexploitation des ressources", juge Mme Vaz. "Des changements environnementaux auraient pu être encaissés sur des populations (de poissons, NDLR) en bon état, mais quand on additionne, on a des situations de grande fragilité".

 

Au plan commercial, la valeur des nouvelles espèces reste difficile à évaluer, souligne aussi Jean-François Soussana. D'autant qu'on assiste simultanément à une "réduction de la taille des poissons" liée au réchauffement autant qu'à la surpêche. Et les pêcheurs français sauront-ils, pour les plus artisanaux, s'adapter aux nouvelles espèces: "si des gambas arrivaient, les bateaux ne seraient pas forcément équipés", juge José Jouneau, président du Comité des pêches des Pays de Loire. Enfin, le pêcheur note que déjà "le comportement de l'océan change. Il y a des houles qu'on ne voyait pas avant, plus importantes", ou des phénomènes à répétition comme les tempêtes cet hiver.

 

5 avril 2014 à 08h15

 

http://www.letelegramme.fr/economie/peche-le-secteur-chamboule-par-le-climat-05-04-2014-10110653.php

 

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 11:56

Le coup de gueule."Ce réquisitoire est une insulte à la mémoire des victimes", a dénoncé Me Dominique Tricaud, du fils de l'une des victimes du naufrage du Bugaled Breizh, jeudi sur Europe 1. Pour l'avocat, "pas question de [se] résoudre" à la demande de non lieu du parquet.


"Il était acquis dans le dossier. Les juges d'instruction ont dit aux victimes qu'un sous-marin avait coulé le Bugaled Breizh mais qu'ils ne trouvaient pas lequel. C'est à la limite le discours qu'on aurait pu entendre. Mais cette invrai- semblable régression dix ans après le naufrage qui revient à dire que le Bugaled Breizh a coulé tout seul, qu'il serait responsable de sa mort : c'est odieux et inacceptable pour les victimes", dénonce l'avocat. "L'hypothèse du sous-marin est une certitude pour les professionnels de la mer depuis le 15 janvier 2004, et pour les experts et les juges depuis 2008 puisqu'ils l'ont dit aux familles des victimes ! On ne peut pas comprendre pourquoi le procureur veut dire l'inverse de ce qui a été dit aux familles des victimes il y a 6 ans", poursuit-il.

 

"On arrivera à la vérité. "Depuis le début, on essaie de travestir la vérité. Rappelez-vous quand M. Bussereau, secrétaire d'état au Tourisme, a essayé de faire croire à un cargo abordeur. Quand on a emmené les familles, qu'on leur a montré avec une caméra sous-marine uniquement un des deux côtés de l'épave pour leur faire croire que ce n'était pas un sous-marin... Tout cela n'a été que manœuvres", affirme encore Me Tricaud.

 

"On sait aujourd'hui qu'il pèse aujourd'hui des charges considérables sur le Turbulent, un sous-marin anglais à proximité. Quel intérêt à le cacher ? Les armées se tiennent par la barbichette. Je pense qu'après des parties de sous- marins perchés, l'armée anglaise a suffisamment d'histoires à raconter sur les mauvaises actions de l'armée française pour empêcher la France de dire la vérité", avance-t-il.


"Si le non-lieu est confirmé, ce n'est pas du tout la fin de l'histoire ! Vous ne connaissez pas les Bretons : ils ont une détermination que vous n'imaginez même pas", prévient Me Tricaud. "Nous avons également saisi un avocat britannique : il y a des moyens procéduraux en Grande-Bretagne que nous n'avons pas en France. Je vous promets qu'on arrivera à la vérité", assure-t-il.

 

http://www.lejdd.fr/Societe/Depeches/Bugaled-Breizh-Ce-requisitoire-est-une-insulte-658894

 


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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 11:58

greenpeace3

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L’armement à la pêche d’Intermarché, basé à Lorient, promet de ne plus pêcher au-delà de 800 m de profondeur.

La Scapêche, l’armement à la pêche d’Intermarché, basé à Lorient, vient de signer un accord avec les organisations écologistes, dont l’association Bloom, opposants à la pêche des poissons en eau profonde.

Une pêche au chalut que les écolos jugent « destructrice » des fonds marins. 

Pas au-delà de 800 m

La Scapêche, dont les chalutiers travaillent au large de l’Écosse, promet de ne plus pêcher au-delà de 800 m de profondeur.

L’armement estime que cet accord permet de « concilier la gestion des ressources, le respect des fonds, des habitats et des écosystèmes marins avec le maintien de la rentabilité de l’armement et la préservation des 257 emplois directs de la Scapêche »

Après l’Europe, le monde

L’association Bloom parle de « bonne nouvelle pour la biodiversité même si 800 m est encore trop profond par rapport à la vulnérabilité des espèces et des milieux océaniques ».

Les écologistes ne tarderont pas à faire valoir cette avancée au niveau mondial. Car la pêche au chalut en eau profonde est pratiquée dans tous les océans. Lorient - 10h36

 

http://www.ouest-france.fr/peche-compromis-entre-les-ecologistes-et-la-scapeche-de-lorient-1895545

 

Commentaire: Super ces guillemets:  « destructrice », comme si le journaliste envoyait chier ces écolos qui n'y connaissent rien!

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 13:02

surpeche

Accusé de pêche illégale, un navire russe est bloqué depuis six jours dans le port de Dakar.
Les autorités sénégalaises, longtemps passives dans ce domaine, veulent faire de cette arrestation un exemple, afin de dissuader d'autres pilleurs de ressources naturelles. L'affaire de l'arraisonnement pour pêche illégale du navire russe Oleg-Naïdenov à 46 miles de la Guinée-Bissau par les militaires sénégalais "prend de l'ampleur", affirme le quotidien russe en ligne Gazeta.ru. L'opération du 4 janvier s'est déroulée avec violence, raconte le titre. Le capitaine Vladimir Mantorov et un membre de l'équipage – composé de 62 Russes et de 23 Bissau-Guinéens – auraient été blessés lors de l'intervention du commando équipé d'armes automatiques. Le navire se trouve actuellement à quai au sein de la base militaire de Dakar. Le ministre de la Pêche du Sénégal, Ali Haïdar, veut saisir la cargaison et infliger une amende de 610 000 euros aux pêcheurs.

"Aucun mouvement perceptible du côté des autorités"

De son côté, la Russie, par la voix du responsable de la communication de l'Agence nationale de pêche russe, Alexandre Savelev, proteste. Savelev argue que l'intervention s'est déroulée sans explication, que le navire pêchait dans la zone économique exclusive de Guinée-Bissau et qu'il avait pour cela une licence, explique le quotidien Izvestia.

D'après ce dernier, le capitaine aurait besoin de soins médicaux mais il n'est pas autorisé à sortir du navire. Les marins français auraient donné aux marins arraisonnés 30 000 litres d'eau potable, et les ouvriers du port auraient promis de débarrasser le navire de ses ordures, mais, du côté des autorités, "aucun mouvement n'est perceptible". Le 7 janvier, le ministre des Affaires étrangères du Sénégal Manker Ndiaye a pourtant assuré que "le gouvernement sénégalais dévoilerait très prochainement sa décision concernant les raisons de l'arraisonnement du navire russe".

Pendant ce temps, la Russie a introduit un troisième acteur dans le conflit : Greenpeace. Comme le rapporte Gazeta.ru, ce pays a accusé l'association écologique, qui entretient avec Moscou des rapports tendus depuis l'affaire de l'Arctic Sunrise et l'arrestation de son équipage par les autorités russes, d'avoir fait du lobbying auprès des autorités sénégalaises pour arrêter le navire. "L'armée d'un pays souverain agit sur ordre de Greenpeace", a déclaré Alexandre Savelev. L'association dément catégoriquement toute influence dans la décision de Dakar. Greenpeace rappelle néanmoins que le navire russe a déjà été interpellé en situation illégale en 2012 dans la zone d'exclusion économique sénégalaise.

"Ils sont venus pour appauvrir les populations"


Aux quatre coins de l'Afrique, des gouvernements affichent de plus en plus leur volonté de reprendre la main sur la gestion de leurs ressources, souvent exploitées légalement ou illégalement par des compagnies étrangères. "Si les responsables de ces navires se rendent compte qu'au Sénégal ils peuvent se 'payer' des amendes de près d'un milliard de francs CFA [1 500 000 euros], ils ne vont plus s'amuser à venir pêcher au Sénégal, qui a tous les partenaires de son côté pour mettre dehors ces bateaux pirates russes'', a insisté Fatou Niang, vice-présidente du Groupement des armateurs et industriels de la pêche du Sénégal (Gaipes), dont les propos ont été rapportés par l'Agence de presse sénégalaise (APS), cités par Senenews.com.

"Ce navire qui a un équipage de 70 personnes n'est pas venu au Sénégal pour rigoler. Ils ne sont pas là pour pêcher 70 tonnes de poisson par jour. Ils sont venus pour appauvrir les populations." Le secteur de la pêche fait vivre plus de 600 000 personnes au Sénégal. Les pêcheurs en pirogue sont obligés de se rendre de plus en plus au large pour trouver du poisson.  
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Courrier international Laurence Habay et Sébastien Hervieux 9 janvier 2014
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http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2014/01/09/mauvaise-peche-au-large-de-dakar
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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 15:22

 

Ils sont déjà près de 200 à avoir signé le « Pacte pour le maintien de la petite pêche à Concarneau », lancé par des marins-pêcheurs sur Internet. Elle avance des propositions, comme la création d'une société d'économie mixte.

« Pierre Maille, président du conseil général du Finistère : agissez maintenant pour le maintien de la petite pêche à Concarneau ! ». C'est le nom d'une pétition qui vient d'être lancée sur la plateforme en ligne change.org. Elle prend la forme d'un pacte, avec plusieurs propositions. « Pour ne pas voir le port de Concarneau se vider de ses bateaux de pêche, nous souhaitons redonner à la petite pêche une place de premier choix. Cela permettra de faire revenir de nombreux bateaux et d'accroître l'activité touristique concarnoise », écrivent les initiateurs. Ces professionnels demandent plusieurs choses.

Créer une SEM

D'abord la création d'une SEM (Société d'économie mixte) dont la ville et Concarneau Cornouaille Agglomération seraient actionnaires majoritaires. « À l'image de celle du port de Keroman, à Lorient, la SEM pourra développer des plans de financement pluriannuels afin de moderniser le port de pêche pour donner un avenir aux marins-pêcheurs concarnois », imaginent les pétitionnaires. Ils veulent aussi voir une modernisation de la criée, « mal adaptée pour les acteurs de la petite pêche » selon eux.


Autre proposition : la vente directe. « La petite pêche prélève peu, elle a donc besoin d'obtenir de meilleurs prix sur une part de sa production afin de survivre. Nous souhaitons le financement de la part des instances publiques de tables de vente pour que les équipages puissent vendre en direct poissons, coquillages et crustacés », soulignent les professionnels.

La pétition demande aussi « à ce que les marins-pêcheurs soient associés aux projets de réhabilitation des bâtiments situés sur le port de pêche ». « Nous souhaitons que soient maintenus et remis en état les magasins de marée afin que les professionnels (pêcheurs, mareyeurs, poissonniers, conserveurs...) puissent y développer leur activité. La création d'activités touristiques sur ce site ne peut se faire sans les marins-pêcheurs. Nous avons aussi des idées et nous soutenons le projet d'un restaurant coopératif de produits de la mer qui bénéficierait à tous ». 6 janvier 2014 à 09h29

 

http://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/quimperle-concarneau/concarneau/port-une-petition-pour-le-maintien-de-la-petite-peche-06-01-2014-2359184.php

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 10:59

Poisson especes eaux profondes mostelle beryx lingue bleue

 

C’est à l’issue d’un vote serré (342 voix contre 326) que les eurodéputés se sont prononcés le 10 décembre contre l’interdiction du chalutage en eaux profondes, tout en prônant une réglementation accrue. Mais les opposants à ce type de pêche ne s’avouent pas vaincus. L’association Bloom conteste le scrutin en expliquant que plusieurs députés se seraient trompés dans leur vote. « L’interdiction du chalutage profond aurait dû gagner de 13 voix d’avance » assure Claire Nouvian, directrice de Bloom.


Ce que confirme le député vert français Jean-Paul Besset : « Plusieurs députés ont informé le bureau du Parlement européen qu’ils s’étaient trompés dans leur vote et qu’ils le modifiaient en faveur de l’interdiction ». Mais, déplore-t-il, « juridiquement, ce nouveau résultat n’a aucune valeur ». Il n’existe en effet pas de recours pour faire prendre en compte un nouveau résultat du vote. Bloom a cependant appelé les Etats membres, qui doivent désormais discuter de ce dossier au Conseil européen des ministres de la pêche, à tenir compte de « ce résultat réel ».


Voir le détail des votes sur le site Votewatch.eu :

 

Compromis

Malgré sa déception, l’ONG Deep Sea Conservation Coalition note que certaines mesures permettront de « limiter les dégâts sur les écosystèmes vulnérables ». La Commission devra établir une liste de ces zones « vulnérables » dans l’Atlantique Nord-Est, qui seront « fermées à tous les navires européens si elles sont en haute mer et à tous les navires en général si elles sont situées dans les eaux européennes » [1]. Après quatre ans, l’impact des techniques de pêche en eau profonde sera évalué. Certaines techniques pourront être interdites « si cette évaluation montre que ces écosystèmes ou les stocks en eau profonde ne sont pas suffisamment protégés ».


« La position qui a été adoptée au Parlement européen est juste », souligne Alain Le Sann, du collectif Pêche et Développement [2], contacté par Basta !. « Après avoir été fortement destructrice et sans encadrement, c’est désormais la pêche la plus contrôlée depuis une dizaine d’années et pratiquée sur une zone extrêmement limitée. Le chalutage en eaux profondes ne menace en rien la pêche artisanale, il est complémentaire. C’est son interdiction qui pourrait renforcer la pression sur les stocks du plateau continental avec le risque d’une compétition avec les pêcheries artisanales ». Les chaluts visés par le texte pêchent actuellement sur une zone située, en gros, entre l’Écosse et l’Islande. Les prises d’espèces profondes représentent environ 1,5 % des espèces débarquées au sein de l’Union européenne. « [Une pratique] insignifiante, donc, au niveau de ce qu’elle fournit en poissons, mais catastrophique pour l’environnement » affirme, pour sa part, Greenpeace.


Greenwashing en grandes surfaces

En attendant la décision finale du Conseil des ministres des pêches, une pétition exhorte les PDG de Système U, Auchan, Intermarché et Leclerc à « aligner leurs politiques de production sur leurs promesses en termes de protection de l’environnement et de développement durable ». Plus de 177 000 signatures ont déjà été recueillies. Deux enseignes, Casino puis Carrefour, viennent de s’engager à ne plus commercialiser trois espèces de poissons issues de la pêche profonde. « C’est une réponse aux pressions des ONG mais les enseignes continuent de faire de la pub pour la pêche industrielle du Colin d’Alaska en mettant des petits bateaux dans leur campagne d’affichage », nuance Alain Le Sann.


Ce dernier milite pour renforcer l’auto-organisation des communautés de pêcheurs. « C’est la meilleure solution pour gérer des ressources dans un environnement complexe et incertain. Si les espèces sont victimes de surpêche, elles ne sont pas menacées biologiquement », assure t-il (lire sa tribune faisant suite à notre enquête intitulée « Les poissons pourraient disparaître en 2035 »). Une durabilité des stocks vivement démentie par l’association Bloom dans une réponse étayée à l’attention des marins-pêcheurs de la Scapêche, la flotte d’Intermarché. Le débat se poursuit à Bruxelles. Prochaine étape, la réunion du Conseil des ministres des pêches des États membres. Les eurodéputés essaieront ensuite de conclure un accord qui devra être approuvé par le Parlement en seconde lecture en 2014.

par Sophie Chapelle 19 décembre 2013

 

Notes:

[1Voir le communiqué de presse du Parlement

[2Le Collectif Pêche & Développement est une association composée uniquement de bénévoles qui vise à promouvoir un développement solidaire et durable du secteur de la pêche et de l’aquaculture, notamment en favorisant les relations entre les pêcheurs du Nord et du Sud et en soutenant la participation des professionnels dans la définition et l’application des accords de pêche et de la Politique Commune de la Pêche.


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http://www.bastamag.net/Chalutage-profond-la-bataille-se

 

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